En vigueur depuis vendredi 15 avril 2011, la réforme de la garde à vue s'est déroulée sans problÚme majeur dans l'ßle. Désormais, les justiciables ont le droit de garder le silence lors des interrogatoires et peuvent demander l'assistance d'un avocat dÚs le début de la garde à vue. Faite dans la précipitation, la mise en application de cette réforme pourrait rapidement poser des problÚmes.
Epinglée à plusieurs reprises par la cour européenne des droits de l'homme, la France a adopté une réforme de la procédure de garde à vue mise en ?uvre vendredi 15 avril dernier. De l'avis des policiers et avocats, son application s'est faite dans la précipitation. Malgré tout, selon différentes sources, trois jours aprÚs sa mise en place, aucun heurt n'est à déplorer dans l'ßle.
Pourtant, Thierry Flahaut, secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de l'UnitĂ© SGP Police FO pointe " une rĂ©volution dans le monde de la police ". Au commissariatt de Malartic oĂč il officie, 13 gardes Ă vue ont eu lieu durant le week-end, sans problĂšme.
" Des efforts ont été faits de part et d'autre et il n'y a pas eu de problÚme ", indique-t-il. Mais selon lui, " il y aura forcément des dérapages en fonction des affaires. Nous craignons des heurts avec les avocats, c'est la loi qui veut ça. Ils vont vouloir faire leur travail et nous le notre ".
Pour lui, " le taux d'Ă©lucidation des enquĂȘtes va baisser. Dans le cas d'un flagrant dĂ©lit, nous devons aller vers la manifestation de la vĂ©ritĂ© le plus vite possible. Aujourd'hui, avec une personne qui a le droit de se taire, ce sera plus dur ". De son cĂŽtĂ©, Daniel RiviĂšre, secrĂ©taire rĂ©gional de l'UNSA Police, Ă©voque une justice Ă deux vitesses oĂč " en cas de confrontation, le mis en cause aura droit Ă un avocat mais pas la victime ".
Inspirée du modÚle américain, cette réforme est pourtant imposée par les institutions européennes qui ont réguliÚrement pointé le retard de la France en la matiÚre. Mais pour Thierry Flahaut, " on oublie la victime dans tout ça. La réponse pénale risque de tarder grandement et pour se reconstruire psychologiquement, la victime en a besoin ".
Si cette bataille pour les droits des gardĂ©s Ă vue a Ă©tĂ© menĂ©e aussi par les avocats, ceux-ci se demandent toujours quelles seront les conditions de leur rĂ©munĂ©ration. " Cette rĂ©forme a Ă©tĂ© imposĂ©e par la cour europĂ©enne des droits de l'homme. La France s'y est pliĂ©e. Difficilement mais elle l'a fait. Mais tout est fait dans la prĂ©cipitation, tout le monde n'est pas forcĂ©ment prĂȘt ", indique Jean-Jacques Morel, avocat au barreau de Saint-Denis.
Au dĂ©part, cette rĂ©forme devait entrer en vigueur en juillet 2011 mais quatre arrĂȘts de la cour de Cassation ont prĂ©cipitĂ© son application Ă vendredi 15 avril, sans le dĂ©lai de prĂ©paration gĂ©nĂ©ralement prĂ©alable Ă toute nouvelle rĂ©forme.
Par ailleurs, aucun texte ne prévoit les conditions de l'intervention et de la rémunération des avocats qui se trouvent trÚs sollicités. " Il va y avoir un problÚme disponibilité, en plus du problÚme du financement. Quand nous sommes dans les gardes à vue, nous ne sommes pas au cabinet ", poursuit Jean-Jacques Morel.
En général, les week-end, entre 10 et 30 gardes à vue sont menées dans les locaux de la police. Celles menées dans les gendarmeries s'y ajoutent et sont aussi concernées par la réforme. Par ailleurs, les locaux des commissariats ne sont pour l'instant pas équipés pour accueillir les avocats qui devront y intervenir.
Selon Jean-Jacques Morel, " la rĂ©forme est bonne sur le principe mais l'avancĂ©e ne sera rĂ©elle que quand il y aura les moyens qui vont avec ". En mĂ©tropole, le bĂątonnier des Deux-SĂšvres avait dĂ©jĂ appelĂ© les avocats de permanence de sa rĂ©gion Ă ne pas appliquer les nouvelles dispositions tant que les questions financiĂšres ne seraient pas Ă©lucidĂ©es. Lundi 18 avril, le bĂątonnier de CrĂ©teil, quatriĂšme tribunal de France, a fait de mĂȘme.
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tu fais du bon travail thierry, tu ne me connais plus mais moi je me souviens de toi et avant toi de ton pÚre qui étais aussi un policier exemplaire
pourvu que d'autres de tes collĂšgues suivent la trace des Flahaut
on ne dira plus qu'à la Réunion, en France ou en Europe que les "poulets" ne jouent plus leurs rÎles
mais l'on vous respectera à cause du bon résultat, un point c'est tout
du coup moi je dis aussi vive l'europe, mais encore plus vive l'internet, le dialogue arrange bien des tracas inutiles et vite fait bien fait
bonne continuation Thierry, un demi siĂšcle t'attend ; l'avenir nous appartient