Hausse des franchises médicales : l'État veut faire des économies, les malades chroniques vont payer

  • Publié le 13 octobre 2026 à 03:00
  • Actualisé le 13 octobre 2026 à 04:45
médecin

Marqué par la volonté du gouvernement de faire des économies massives, le budget 2027 est en discussion devant l'Assemblée depuis le 1er octobre 2026. Sans attendre le vote des députés, l'Etat a déjà pris un certain nombre de mesures visant à réduire les dépenses. Les personnes atteintes de maladie chroniques en font les frais. Les franchises médicales augmentent forçant les malades à payer plus. À La Réunion, cette hausse concerne des dizaines de milliers de patients. (Photo photo RB/www.imazpress.com)

Le plafond annuel des franchises et participations forfaitaires passe de 100 euros à 140 euros. Ces participations forfaitaires constituent un reste à charge non compensé par les mutuelles et dont doivent même s’acquitter les personnes en affection longue durée (ALD).

En juillet, l'Etat avait tenté d’imposer le doublement de cette limite avant de lâcher un peu de lest fin août.

Le gouvernement a renoncé au doublement des plafonds "dans l'immédiat", toutefois, la hausse est bien là. L'objectif est clair, il s'agit de faire des économies "quoi qu'il en coûte"

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- Le "reste à vivre" autour de la maladie a un coût -

Pour Edwige Le Gac, présidente de l'association des diabétiques juniors de La Réunion (AJT974), "cette réforme peut être l’occasion de mettre en lumière une réalité moins visible : le coût du "reste à vivre" autour de la maladie".

Elle explique : "pour un jeune enfant diabétique, par exemple, le capteur peut être remboursé, mais son utilisation peut nécessiter un téléphone compatible, qui n’est pas nécessairement pris en charge. Certains enfants développent également des irritations ou des allergies liées aux adhésifs des dispositifs. Les familles doivent alors acheter des crèmes, des produits de protection cutanée ou des adhésifs spécifiques pour permettre à l’enfant de continuer à utiliser son matériel dans de bonnes conditions".

Pris individuellement, ces frais peuvent sembler modestes, mais lorsqu’ils s’accumulent au fil des mois et des années, ils peuvent représenter une charge importante pour les familles.

Cela d'autant qu'ils s’ajoutent aux dépassements d’honoraires, à certains frais de transport ou à des déplacements liés aux consultations spécialisées, notamment lorsque l’enfant présente plusieurs pathologies.

"C’est cette réalité qu’il me semble important de ne pas oublier. Prendre en charge une maladie à 100 % ne signifie pas nécessairement que tout ce qui est nécessaire pour vivre correctement avec la maladie est pris en charge", souligne Edwige Le Gac,

L’enjeu est donc "de pouvoir continuer à rassurer les familles sur leurs traitements essentiels, tout en faisant entendre ces dépenses du quotidien qui peuvent créer des inégalités entre les enfants selon les ressources de leur famille", commente-t-elle.

- Un risque de renoncement des soins pour les patients les plus précaires à La Réunion -

Valérie Fernez, représentante locale de France Assos Santé s'indigne : "cette mesure est un arbitrage financier au détriment de la santé".

"La consommation de soin continu du patient en ALD (Affection longue durée) explose déjà les plafonds", explique Valérie Fernez.

Elle craint qu'"augmenter le reste à charge, même minime puisse-t-il paraître, entraîne deux risques majeurs : un surcoût pour les patients aux revenus fragiles et le risque de renoncement aux soins".

"Chaque acte étant soumis à franchises, les patients risquent de ne pas aller chercher leurs médicaments, ne plus faire leurs contrôles biologiques ou radiologiques", s'inquiète-t-elle.

D'autant que renoncer à des soins "augmente le risque de complication et donc par conséquence d'hospitalisations en urgence, ce qui coûterai plus cher que le montant économisé par les franchises".

- Les montants prélevés ne changent pas -

Toutefois, cette hausse ne signifie pas que le coût retenu pour chaque soin augmente. Les montants appliqués individuellement restent identiques. La franchise est toujours fixée à 1 euro par boite de médicaments et par acte paramédical, et à 4 euros par transport sanitaire.

Les plafonds journaliers restent également de 4 euros pour les actes paramédicaux et de 8 euros pour les transports.

Même principe pour la participation forfaitaire, 2 euros sont toujours retenus pour une consultation ou un acte réalisé par un médecin, ainsi que pour un examen radiologique ou encore un analyse de biologie.

Seule la limite annuelle augmente de 50 à 70 euros.

Tous les assurés ne paieront donc pas forcément 140 euros. Cette hausse concerne essentiellement les malades pr qui  les dépenses de santé atteindront les nouveaux plafonds durant l’année.

- 182.674 assurés bénéficiaires d’une ALD à La Réunion -

À La Réunion, cette hausse concerne 182.674 assurés bénéficiaires d’une ALD.

Comme l'explique la Caisse générale de sécurité sociale de La Réunion (CGSS), "toute personne assurée sociale (ou ayant droit) peut bénéficier d’une prise en charge au titre d’une affection de longue durée (ALD) lorsqu’elle souffre d’une maladie grave, chronique ou nécessitant des soins prolongés et particulièrement coûteux, répondant aux critères définis par la réglementation".

Les personnes atteintes de pathologies cardiaques, rénales, de diabète, des personnes frappées par des maladies chroniques sont donc concernées.

Dans le département, 87.400 personnes sont prises en charge pour le diabète. Avec 13% des réunionnais concernés, La Réunion figure parmi les territoires les plus touchés en France. 

L'obésité est une autre maladie chronique nécessitant un suivi. À La Réunion, elle concerne près d’un adulte sur cinq et d’un adolescent sur dix dans l'île.

Pour ces personnes malades c'est donc une double peine, la malaldie et la hausse de leurs dépenses de santé, qui leur est désormais appliquée. 

ma.m/www.imazpress.com/[email protected]

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