C'est avec 90 postes en moins que la prochaine rentrée scolaire va se dérouler à La Réunion. 25 postes seraient supprimés dans le premier degré et 65 dans le second degré, selon le ministère de l'Éducation nationale. Le ministère justifie ces suppressions par la "chute démographique vertigineuse". Une annonce qui inquiète les syndicats enseignants. Dans l'île, 15.456 enseignants font partie de l'Académie (Photo : rb/www.imazpress.com)
Le ministère n’a pas donné plus de précisions dans son communiqué, mais le document transmis aux syndicats, consulté par l’AFP, détaille l’ampleur des suppressions d’emplois annoncées : 2.229 dans le premier degré public (écoles maternelles et élémentaires) et 1.803 dans le second degré public (collèges et lycées).
C’est plus que prévu dans le PLF, qui tablait sur 1.891 suppressions de postes d’enseignants dans le premier degré public et 1.365 dans le second degré (sur un total d’environ 4.000 suppressions, public et privé confondus).
- 90 postes supprimés à La Réunion -
À La Réunion, dans le premier degré - qui emploie 7.023 professeurs.es - 25 postes seraient supprimés selon le ministère de l'Éducation nationale.
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Le second degré pâtirait lui d'une perte de 65 postes à La Réunion de 2026, alors qu'il emploie 8.433 enseignants.es.
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- Le ministre de l'Éducation évoque la "chute démographique" -
Interrogé lors des questions au gouvernement à l’Assemblée, le ministre de l’Éducation Édouard Geffray a évoqué à nouveau la "chute démographique vertigineuse" pour justifier la suppression de "4.000 postes". Mais "il n’y a pas de suppressions cachées", a-t-il assuré, évoquant en revanche des postes "mis en réserve" mais qui seront finalement "affectés aux académies" pour justifier les différences avec le PLF.
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Alors que les classes de collèges 🇫🇷 sont les + chargées d'Europe, Edouard Geffray confirme la suppression de 4000 postes d'enseignants mais nie des “suppressions cachées” supplémentaire plaidant le quiproquo avec une “mise en réserve” de 438 postes pour “attendre de voir”. pic.twitter.com/waFgvr493P
Selon les dernières prévisions du ministère de l'Éducation nationale, les effectifs du primaire et du secondaire sont en chute libre : plus de 150.000 élèves manqueront à l'appel en 2026 par rapport aux chiffres de 2025.
Ces éléments "ont été soumis à ce comité à titre prévisionnel" et "sous réserve de l’adoption définitive de la loi" de finances, a indiqué le ministère dans un communiqué.
- Les syndicats enseignants inquiets des suppressions de postes pour la rentrée -
"C'est vraiment une erreur et un manque de considération pour une instruction efficace", lance Guillaume Lefèvre, président du Snalc Réunion.
"Profiter de la baisse démographique pour améliorer la qualité de l'accompagnement des élèves est une chance et le ministère fait l'inverse", peste-t-il. "Justifier une baisse des moyens car moins d'élèves, va à l'encontre de l'ambition et de la réussite des élèves."
Selon Guillaume Lefèvre, "diminuer les effectifs par classe permet justement un enseignement plus adapté pour mieux accompagner les situations diverses des élèves". "Cela permettrait aussi aux élèves en difficulté de pouvoir redoubler s'ils ne sont pas prêts à passer à une classe supérieure et ainsi lutter contre le décrochage scolaire", dit-il.
"Il n’y a rien qui va", a réagi auprès de l’AFP Elisabeth Allain-Moreno, secrétaire générale du SE Unsa. "Ce qui est complètement occulté, c’est qu’aujourd’hui, le budget devrait aussi pouvoir permettre de réparer ce que la politique éducative a engendré comme dégâts depuis 2017."
Cette présentation a "confirmé l’austérité budgétaire assumée", a renchéri la CGT Educ’action dans un communiqué. Pour elle, "le ministère maintient sa sinistre politique comptable" face à la baisse démographique.
Selon le document du ministère, l’académie de Lille perd ainsi 265 postes en Equivalents temps plein (ETP) dans le premier degré, celle de Versailles 170, Nancy-Metz 160, la Normandie 153, Nantes 151, Créteil 140 et Bordeaux 115.
Dans le second degré, "c’est un peu la douche froide", a constaté également Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, avec 190 suppressions d’emplois à Lille, 153 à Rennes, 150 en Normandie et 140 à Bordeaux. "On savait que la rentrée ne se préparait pas sous de très bons auspices. C’est confirmé."
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