Face à la baisse des contrats Parcours Emploi Compétences (PEC), qui affecte l'ensemble des communes de l'île, la ville de Saint-Denis expose ce jeudi 30 juillet sa réorganisation pour la prochaine rentrée. Les nouveaux moyens mobilisés pour garantir l'accueil des élèves ont été détaillés à l'occasion d'une conférence de presse. Ericka Bareigts a annoncé 9 millions d'euros pour embaucher 350 agents en août. (Photo Richard Bouhet/www.imazpress.com)
"Ce n'est pas une diminution mais une suppression des contrats PEC", insiste Ericka Bareigts, maire de Saint-Denis. Elle en veut pour preuve la chute drastique du nombre de contrats aidés actés pour La Réunion. Le gouvernement a ainsi acté en mai que ces contrats passeraient de 10.000 à 4.000 en 2026. Les 24 communes vont, elles, se partager au total 800 PEC.
Dans le chef-lieu, les comptes sont déjà faits. Et ils ne sont pas reluisants puisque désormais, seuls 58 agents municipaux pourront être embauchés sous ce statut spécifique. "Nous avions retenu 320 candidats. Mais plusieurs d'entre eux n'étaient pas éligibles à cause des restrictions imposées par le gouvernement." Restrictions qui incluent notamment le fait d'avoir été au chômage durant au moins deux ans avant de pouvoir bénéficier d'un contrat aidé.
Pour ne pas léser les élèves dionysiens, la municipalité a pris une décision forte. Celle de maitenir sa priorité à l'éduation. Ce sont ainsi 350 professionnels qui vont être embauchés dans les semaines qui viennent grâce à un investissement global de 9 millions d'euros. Un vrai changement par rapport au plan prévu initialement par Saint-Denis puisque 6 millions d'euros avaient été budgété pour recruter 520 PEC.
"C'est un effort considérable mais ça va pouvoir tenir pour cette rentrée" commente Ericka Bareigts. Ce sont par exemple les missions de surveillance, de cantine, de nettoyage et d'entretien qui vont pouvoir être assurés grâce à cet engagement de Saint-Denis.
Mais rien n'indique que lors de la rentrée de 2027, cet effort financier pourra être poursuivi par les collectivités pour maintenir l'ensemble de ces postes. "On rebondira un an. Mais on sent que l'année prochaine, il va y avoir beaucoup de sujets sociaux sur la table. La machine infernale du désengagement de l'Etat risque de de continuer."
Un désengagement qui affecte directement la vie de nombreuses familles réunionnaises dans la mesure où les contrats aidés jouent un rôle d'amortisseur social. Pour des demandeurs d'emploi, tenus longtemps éloignés du monde professionnels, ces PEC ont parfois permis de favoriser une insertion. "Nous avons régulièrement embauché des PEC de manière pérenne à la mairie de Saint-Denis. D'une manière globale, la situation de l'emploi s'est amélioré à La Réunion puisque nous sommes passés de 30% de chômage en 2012 à 16% actuellement. Pour agir, nous n'avons pas attendu que Paris prenne des décisions et nous donne des leçons."
