Budget 2027 : à sept mois de la présidentielle, Sébastien Lecornu demande encore "un effort" aux Français et fait grimper les tensions

  • Publié le 21 septembre 2026 à 05:12
Retour des gilets jaunes

On ne sait plus très bien ce qui se passe dans la tête de nos dirigeants. À 7 mois de la présidentielle, échéance politique majeure, Sébastien Lecornu annonce… le budget 2027 avec 54 milliards d’euros d’économie. Il demande aux Français "un effort massif". Si le Premier ministre promet qu’il n’y aura pas d’augmentation d’impôts, la gauche et la CGT s’opposent déjà à ce budget et annoncent une journée de mobilisation le 29 septembre 2026. Une nouvelle fragilité politique qui augmente les tensions dans le pays (Photo : Richard Bouhet/www.imazpress.com)

Alors que l'adoption de ce budget s'annonce incertaine, pour le moment, les premières annonces de Sébastien Lecornu semblent nourrir la grogne sociale et faire monter les tensions dans le pays, à quelques mois des élections présidentielles, à qui, profite cette nouvelle fragilité politique ?

Parmi les annonces, le gel des allocations logement. Lorsque Le ministre de la Ville et du Logement Vincent Jeanbrun annonce ce samedi 19 septembre 2026 que les aides personnalisées au logement (APL) ne seraient pas revalorisées en 2027, il dit "on demande un petit effort à tout le monde", faux ! Il demande surtout un effort colossal aux français les plus modestes. Encore une fois. 

Des économies de bouts de chandelles, sur le logement et la santé, avec par exemple 2 milliards d’euros d'économie sur la prise en charge des arrêts maladies, qui dépouilleront les Français qui en ont le plus besoin, d’une aide salutaire alors que le prix continuent de s’envoler. 

Autre idée, le gel du point d’indice de la fonction publique et le gel de certaines pensions de retraite.

Ce qui reste : le maintien de l'augmentation du budget des armées de 36 milliards d'euros, pour atteindre en 2030, un budget militaire annuel de 76,3 milliards, soit 2,5 % du PIB. Du côté des grandes entreprises, Sébastien Lecornu envisage pour le moment une diminution de leur contribution fiscale, qui passe de 7,5 milliards d'euros à 5! 

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- "Personne ne peut souhaiter hériter d’un désordre absolu et hors de contrôle" assure Sébastien Lecornu - 

Là où ce budget fera possiblement l'unanimité, c'est qu'il saura faire converger les mécontentements et unir les Français contre le gouvernement Lecornu 2. 

À son époque, François Bayrou demandait 44 milliard d’euros d’économie lorsque son gouvernement a été censuré, soulevant au passage des vagues d’indignation quand il voulait, par exemple, supprimer deux jours fériés.

Sébastien Lecornu, lui, lance tous les ministères à la chasse aux économies pour en réunir 54 milliard.

Là où il est optimiste, c'est lorsqu'il explique au Figaro compter sur une forme de responsabilisation des oppositions afin de trouver des accords pour voter son budget, car selon lui, "personne ne peut souhaiter hériter d’un désordre absolu et hors de contrôle. Cela reviendrait à gâcher la première année du prochain quinquennat, voire tout le quinquennat, avant même d’être élu ! C’est disqualifiant."

Sébastien Lecornu semble avoir conscience des risques qu'il fait courir aux pays, alors pourquoi présenter un tel budget aujourd’hui ?

De quel désordre parle-t-il ... Est-ce, de celui qui risque d'instaurer les propositions de ces ministres pour faire peser le poids des économies sur les foyers français? Sans majorité au parlement, à 7 mois des présidentielles, avec une grogne sociale qui monte et des Français de plus en plus oppressés par le coût de la vie, comment, le septième premier ministre d’Emmanuel Macron, pense-t-il pouvoir réussir à faire voter un tel budget? 

Pour lui qui se refuse à utiliser le 49.3 et risque d'être confronté à une censure : c'est un mystère. 

- "On ne fait pas une économie en fabriquant les dépenses sociales de demain" lance Audrey Bélim - 

Dans un communiqué, Audre Belim explique : "Si les comptes publics doivent être redressés,  on ne fait pas une économie en fabriquant les dépenses sociales de demain. Dans ces 54 milliards d’euros annoncés, le Gouvernement devra donc dire clairement ce qu’il compte préserver pour La Réunion car la vraie question n’est pas seulement de savoir combien l’État économisera, elle est de savoir combien ces économies coûteront aux Réunionnais".

Pour le moment, oppositions et syndicats ne comprennent pas les orientations de Matignon pour ce nouveau budget. Est-ce un choix politique, pour, quoi qu’il en coûte, laisser une trace dans l’histoire de la gestion du budget du pays ? Est-ce une tentative, risquée, d’instaurer le chaos avant les élections présidentielles en faisant monter la colère de millions de Français qui descendront alors dans les rues, pour on ne sait combien de temps ? 

Alors que la campagne de la présidentielle bat son plein, les motivations du duo Lecornu-Macron sont floues. Dans huit jours, ils vont devoir faire face aux syndicats, aux parlementaires et à l'opposition. Le gouvernement demande un effort considérable, mais il doit encore convaincre ceux qui devront le voter et, surtout, ceux qui devront le subir.

La partie s'annonce compliquée ... 

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