(Actualisé) Pour attirer des infirmiers de bloc opératoire (Ibode), le Centre hospitalier Ouest Réunion (Chor) avait mis en place un "pack attractivité" comprenant notamment la prise en charge de deux mois de loyer, jusqu'à 1.500 euros par mois. Dans un audit flash publié ce mardi 22 septembre 2026, la Chambre régionale des comptes constate que cette aide était "dépourvue de tout fondement juridique". Le Chor indique avoir depuis abandonné le dispositif. (Photo d'illustration Stephan Laï-Yu / www.imazpress.com)
Attirer des infirmiers de bloc opératoire dans l'ouest de l'île, où le marché du logement est particulièrement tendu : c'était l'objectif du "pack attractivité" mis en place par le Chor. Parmi les mesures proposées par l'établissement, figurait une participation au loyer des nouveaux Ibode.
- Jusqu'à 3.000 euros de loyer payés -
Le dispositif pouvait représenter une aide conséquente : jusqu'à 1.500 euros de loyer par mois pendant deux mois, soit 3.000 euros par agent recruté. Problème : selon la Chambre régionale des comptes (CRC), cette indemnité était "dépourvue de tout fondement juridique". Elle rappelle que, dans la fonction publique hospitalière, un établissement ne peut pas créer de lui-même une prime ou une indemnité : "le CHOR ne peut valablement, en l'absence de texte l'instituant expressément, accorder une prime ou indemnité à ses agents".
L'irrégularité avait d'ailleurs été détectée dès octobre 2024. Un premier mandat de 1.500 euros avait été suspendu puis rejeté par le comptable public pour défaut de base juridique. Un deuxième mandat du même montant a néanmoins été payé en janvier 2025 après avoir échappé au contrôle hiérarchique de la dépense, tandis qu'un troisième, toujours de 1.500 euros, a été suspendu puis finalement rejeté en avril 2025. La CRC estime que le comptable public avait "à bon droit" exercé son contrôle sur cette dépense dépourvue de fondement juridique.
- Le recours à une conciergerie n'a pas régularisé le dispositif -
Le Chor avait ensuite tenté de sécuriser son système en passant par un prestataire de conciergerie chargé notamment d'avancer directement les loyers aux bailleurs. Mais là encore, la CRC est catégorique : "la pratique consistant à utiliser une société prestataire comme support n'est pas plus régulière". Dans son rapport, la chambre relève également que le prestataire percevait une commission de 10 % du loyer avancé, à laquelle s'ajoutaient 80 euros de frais par dossier. Pour trois dossiers examinés, ces frais représentaient 1.017,40 euros, selon la Chambre.
En 2025, le Chor avait ainsi déjà réglé 3.026,88 euros TTC au titre du remboursement d'avances de loyers pour deux recrutements. Un autre mandat de 3.190,60 euros a été suspendu par le comptable public en décembre 2025 et n'avait toujours pas été payé au 28 mai 2026.
L'audit précise que le Chor a depuis mis fin au dispositif. Dans sa réponse au rapport, la direction de l'établissement de santé confirme avoir cessé "le versement indu d'indemnité de logement aux Ibo/Ibode et l'avenant au marché public de conciergerie qui réintroduisait les fragilités initiales".
- De plus en plus d'infirmier de bloc opératoire à La Réunion -
Replace cette irrégularité dans un contexte de fortes tensions sur le recrutement des Ibode, à La Réunion comme au niveau national, la CRC relève parallèlement la forte dynamique du Chor : entre 2018 et 2025, son activité chirurgicale a progressé de 68 %, passant de 4.934 à 8.323 interventions, tandis que ses effectifs d'Ibode sont passés de 17 à 32,1 équivalents temps plein. L'établissement affiche par ailleurs 99 % de ses postes médicaux et non médicaux pourvus.
La Chambre invite désormais l'hôpital à s'appuyer sur les dispositifs légaux existants pour renforcer son attractivité. Le Chor indique de son côté vouloir poursuivre sa politique de recrutement et de fidélisation, sans recourir à l'intérim, qu'il juge coûteux et susceptible de fragiliser les collectifs de travail.
Lire aussi - Tous les hôpitaux de La Réunion font face à une surcharge massive des urgences
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C'est du pipi de chat par rapport a st andré pendant 40 ans !
Pas honte
Et ben dis donc.
A cela il faudrait ajouter:
De nos jours, les jeunes générations, et cela est valable dans tous les corps de métiers, ne veulent plus travailler comme leurs ainés (dont je fais partie).
Que se passe t'il vraiment?
C'est très simple: on obtient un Contrat, et.....
Au bout de quatre mois...
On demande une "rupture co....", le terme qu'ils emploient pour dire rupture conventionnelle...
Un bon moyen d'utiliser le système, ils sont inscrits au chômage, et peuvent glander à souhait, avec un chômage...
Système sur lequel ils ne se gênent cracher dessus...
Dans le milieu concerné, les hôpitaux ou cliniques, on les surnomme:
"les infirmiers sac à dos"...
Alors que les établissements de santé sont dans l'incapacité de faire face à la montée des soins, ce qui est une triste réalité pour des raison d'errance politique, avec un manque de personnel patent.
La jeunesse ne pense plus qu'aux loisirs...
exactement vous avez tout résumé !!!
les médecins traitant ou spécialistes peinent à trouver des remplaçants pour racheter leurs cabinets... les jeunes préfèrent faire des remplacements ou des collaborations à temps partiel !!! le soleil, la mer "la vielle titine"... la coloc... la fiesta ... pourquoi s'emmerder à faire 60h par semaine !!!
Avec cet argent on aurait pu embaucher un personnel. Après on nous dit qu'il manque du personnel, si on ne fait de telle gabggie !
N’importe quoi… avec cette somme ( environ 4000€), tu ne payes pas un Temps plein Ibode à l’année !
Le silence des syndicats dont celle qui est majoritaire ! La formation est faite pour des chiens ?