[Photos] Faire vivre le patrimoine de La Réunion, telle est la mission que s'est fixée Christophe Durand

  • Publié le 26 septembre 2026 à 03:00
Christophe Durand du Vieux Domaine

Artiste, entrepreneur culturel, formateur et aujourd'hui guide touristique et culturel du Vieux Domaine à Saint-Pierre, Christophe Durand a multiplié les expériences entre création, transmission et méditation. Un parcours atypique qui l'a conduit à mettre son énergie au service d'un objectif : faire du patrimoine réunionnais une expérience vivante, accessible et porteuse de sens pour le public. Christophe Durand nous raconte son parcours. (Photos : Stephan Laï-Yu / www.imazpress.com)

Aujourd’hui, c’est au Vieux Domaine, à Saint-Pierre, que Christophe Durand poursuit son travail autour de la culture et de la transmission. Né en métropole et arrivé à La Réunion en 1986, il grandit à Saint-Benoît avant de se tourner très tôt vers le spectacle vivant. Un parcours qui l’a mené de la danse aux projets culturels internationaux, avant de le conduire jusqu’à ce site patrimonial qu’il cherche désormais à faire vivre autrement.

- De la scène au patrimoine -

Adolescent, alors qu’il vit à Saint-Joseph, Christophe Durand intègre une formation de danseur auprès du chorégraphe africain Athanase Adjassa. Une première expérience qui l’amène progressivement à faire du spectacle et de la culture son univers. En 2004, il crée l’association Woba Kélé avec laquelle il développe différents projets artistiques à La Réunion.

Son travail s’inscrit rapidement dans une volonté de faire connaître la culture réunionnaise tout en la faisant dialoguer avec d’autres territoires. En 2009, il monte « Lang'Amayé », un spectacle dont le nom signifie en créole « les langues qui s’entremêlent ». 

"L'idée de ce projet, c'était de pouvoir mettre en avant la culture réunionnaise à travers la langue, le culinaire, mais aussi la musique traditionnelle et de pouvoir échanger avec d'autres artistes où on ne se comprendrait pas forcément au niveau du langage", explique-t-il.

Le spectacle lui permet de travailler avec des artistes de la zone océan Indien et d’Afrique de l’Est, notamment grâce à des collaborations avec les Alliances françaises et l’ambassade de France au Botswana.

Pour Christophe Durand, l’enjeu est alors de créer des passerelles entre les territoires. 

- Du spectacle à la communication du Vieux Domaine -

Après plusieurs années consacrées au spectacle et aux projets culturels, la crise sanitaire vient interrompre les voyages et les représentations. Christophe Durand découvre alors une annonce pour un poste de guide au Vieux Domaine. Il postule, passe un entretien et intègre finalement le site, où il travaille depuis environ deux ans et demi.

Cette nouvelle étape lui permet de mettre à profit une compétence développée au fil de ses années dans le milieu artistique : la communication. "Forcément avec mon cursus, j'ai été beaucoup plongé dans le community management, puisque quand on est artiste et qu'on n'a personne qui s'occupe de la communication, il va falloir le faire soi-même. Et c'est ce que je fais depuis plus de 20 ans", raconte-t-il.

Au Vieux Domaine, cette expérience devient un véritable outil pour rendre le site plus visible. Il s’attache notamment à développer sa présence sur les réseaux sociaux, avec des publications régulières destinées à montrer les différents visages du lieu.

« Il faut qu’il y ait une captation, il faut que ça soit inspirant, que ça donne envie aux gens », souligne-t-il.
Cette stratégie semble trouver son public. Selon Christophe Durand, la page Facebook du Vieux Domaine gagne chaque mois environ 1 000 nouveaux abonnés.

Cette communication ne consiste pas seulement à promouvoir le site. Elle participe aussi à construire une image et une identité autour du lieu. « À travers la page Facebook du Vieux Domaine, on représente le Vieux Domaine mais on se représente nous aussi », précise-t-il.

Derrière cette volonté de développer l’image du lieu se cache une ambition plus large : faire du Vieux Domaine un espace culturel identifiable, vivant et accessible, où le patrimoine ne serait pas simplement conservé, mais raconté.

- Du Vieux Domaine au Botswana, le goût de la rencontre - 

Cette volonté de créer des passerelles entre les cultures, Christophe Durand l’a également expérimentée à plusieurs milliers de kilomètres de La Réunion. Son travail autour de Lang'Amayé l’a conduit au Botswana, où il participe à plusieurs projets artistiques et rejoint une troupe traditionnelle. "On a fait un spectacle pour le président du Botswana, j'étais le seul blanc de la troupe, j'ai apporté le kayamb", s'amuse-t-il. 

Une expérience qui s’inscrit dans une tournée plus large de plusieurs mois entre l’Angleterre, l’Inde, l’Afrique du Sud et le Botswana, dans le cadre des commémorations du Commonwealth. "Ça pour moi, c'était quelque chose d'unique", se souvient-il.

Au-delà du voyage, cette expérience illustre le fil rouge de son parcours : aller à la rencontre de l’autre, faire circuler les cultures et créer du lien.

- "Une machine à remonter dans le temps" -

C’est désormais au Vieux Domaine que cette philosophie prend une nouvelle forme. Pour Christophe Durand, faire découvrir le patrimoine ne doit pas seulement passer par une visite traditionnelle.

Il imagine plutôt une expérience capable de faire appel à l’émotion et à l’imaginaire. Une approche directement inspirée de son expérience dans le spectacle vivant. "Mon idée, c’est une visite théâtralisée, pas une visite académique", affirme-t-il.

L’objectif est de faire entrer le visiteur dans l’histoire du lieu, plutôt que de simplement la lui raconter. "Je les amène dans une machine à remonter dans le temps", poursuit-il.

Au-delà des connaissances que les visiteurs peuvent acquérir, c’est surtout ce qu’ils ressentent en quittant le Vieux Domaine qui compte. "L’idée, c’est que quand les gens ressortent de cette visite, qu’il y ait de la lumière dans leurs yeux", confie-t-il.

Faire découvrir le Vieux Domaine, c’est donc pour Christophe Durand bien plus que présenter une ancienne plantation ou retracer une partie de l’histoire de La Réunion. C’est faire revivre un patrimoine, créer une rencontre avec le passé et donner au visiteur l’envie de poursuivre l’histoire une fois la visite terminée.

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