Inégalité de traitement public-privé : en grève, les salariés des cliniques privées lancent un appel au ministère de la santé

  • Publié le 20 avril 2026 à 04:47
  • Actualisé le 20 avril 2026 à 04:49
clinique les Flamboyants

Ce lundi 20 avril 2026, plusieurs salariés des cliniques privées de La Réunion entament une grève illimitée à l'appel de l'intersyndicale. Ils demandent être traités à l'égal des salariés du secteur public de la santé et lancent un appel à l'aide au ministère de la Santé. Ministère qui, par un courrier, a reconnu cette problématique, mais sans améliorations concrètes sur le terrain. Des rassemblements auront lieu dès 7 heures devant la clinique Sainte-Clotilde, le siège social de la FHP Oi et ensuite devant l'Agence régional de santé (Photo : www.imazpress.com)

Le jeudi 16 avril, l'intersyndicale CFTC Santé Sociaux, CGTR Santé et Action Sociale, UR 974 et FO Santé Privé a obtenu un rendez-vous avec la Fédération de l'Hospitalisation Privée (FHP OI) à la clinique des Orchidées du Port.

Lors de cet échange, l'intersyndicale et la fédération ont vu que leurs revendications en termes de condition de travail étaient les mêmes. "L'idée est désormais de se retrouver à la même table pour faire remonter les demandes au ministère", explique Rudolphe Dain, référent des cliniques privées - CFTC Réunion.

Une rencontre est prévue le 7 mai "en espérant que l'ARS répondra présent à ce premier travail", dit-il.

L'Agence régionale de santé de La Réunion devrait se positionner ce lundi, lors d'une audience prévue à 15h30 avec l'intersyndicale.

Lire aussi - Les cliniques privées de La Réunion en grève ce lundi, la continuité des soins assurée

Lire aussi - Mouvement de grève des cliniques privées : l'Agence Régionale de Santé organise la continuité des soins

- Un appel à l'aide des salariés du privé au ministère de la Santé -

Dans un courrier adressé à la ministre de la Santé le 14 avril, la députée Karine Lebon a alerté Stéphanie Rist sur la situation sociale des cliniques privées à La Réunion.

"J’ai été alertée par les représentants des salariés du secteur privé de la santé sur la dégradation du climat social et sur les difficultés persistantes rencontrées par les personnels, dans un contexte déjà marqué par des conditions de travail exigeantes et par le coût élevé de la vie sur notre territoire", écrit-elle.

Le 13 novembre 2025, dans une réponse officielle faite par la ministre, Stéphanie Rist, au syndicat CFTC Santé Sociaux de La Réunion, la représentante de l'État a reconnu les écarts de rémunération persistants avec le secteur public.

Dans cette lettre, elle précisait avoir "transmis les réclamations à la direction générale de l'Agence régionale de santé (ARS) de La Réunion - compétente en la matière - afin qu'elle en assure l'examen attentif et puisse tenir infirmé des suites qui pourront être réservées".

Pourtant, plusieurs mois après cette reconnaissance écrite de l’État, "les salariés du secteur privé de la santé ne constatent toujours aucune amélioration concrète sur le terrain", s'indignent les syndicats. 

Faute de réponse de la part de l'ARS, le 3 mars, c'est devant les locaux de Saint-Denis que les salariés du privé de la santé se sont donnés rendez-vous. Ils ont obtenu un rendez-vous avec la direction. Toutefois, cet échange n’a pas permis d’apporter de réponse concrète aux revendications exprimées, en particulier sur les questions d’égalité de traitement et de rémunération.

- Une grève pour dénoncer des inégalités de traitements entre le privé et le public

Aujourd'hui, l'intersyndicale CFTC Santé Sociaux Réunion - CGTR Santé et Action Sociale - UR 974 - FO est en grève et elle réclame une égalité de traitement entre le privé et le public.

Les syndicats demandent des solutions urgentes. "C'est salaire égal, travail égal", lance Rudolphe Dain, représentant des cliniques privés au sein de la CFTC Santé Sociaux Réunion. Ils réclament également "la mise en place immédiate d’une prime de vie chère adaptée au territoire réunionnais".

Il explique : "nous avons quand même 1.200 euros d'écart, ce n'est pas négligeable".

Selon l'intersyndicale, "la situation actuelle est particulièrement préoccupante. Les salariés expriment une souffrance croissante liée à leurs conditions de travail, dans un contexte marqué par un coût de la vie élevé à La Réunion et un manque de reconnaissance de leur engagement".

"Les soignants du privé ne demandent pas de privilèges, mais l’égalité de traitement et la reconnaissance effective de leur engagement", dit-il, pour une meilleure qualité des soins.

- Des préoccupations partagées, mais un enjeu relevant du national -

La FHP Océan Indien "entend les préoccupations exprimées par les salariés des cliniques privées en matière de rémunérations, de conditions de travail et de reconnaissance professionnelle".

"Ces enjeux font l’objet d’une attention constante de la Fédération, qui les relaie régulièrement auprès des instances nationales compétentes."

Elle précise : "Les évolutions attendues relèvent toutefois en grande partie des négociations de branche et des décisions nationales de financement, qui conditionnent directement les marges de manœuvre du secteur. Ni les établissements individuellement, ni la FHP Océan Indien ne disposent à eux seuls des leviers permettant d’apporter des réponses structurelles à ces enjeux".

Il convient également de rappeler que, "sur le territoire réunionnais, les établissements privés appliquent d’ores et déjà des niveaux de rémunération supérieurs aux grilles nationales, afin de tenir compte des spécificités locales", souligne la FHP Océan Indien.

ma.m/www.imazpress.com/[email protected]

guest
0 Commentaires