Neuroanguistrongylose : une maladie rare, mais potentiellement fatale, qui inquiète les autorités sanitaires

  • Publié le 6 juillet 2026 à 12:06
  • Actualisé le 6 juillet 2026 à 12:09
agence régionale de santé

La neuroangiostrongylose est une pathologie parasitaire tropicale rare, secondaire à une infection par un nématode, un ver rond (Angisotrongylus cantonensis), dont l’hôte définitif est le rat. L’homme constitue, lui, un hôte accidentel. En 2026, 5 nouveaux cas ont été signalés chez des adultes, à La Réunion. (Photo d'illustration www.imazpress.com)

À La Réunion, jusqu'à récemment, les cas autochtones d'angiostrongylose restaient rares et concernaient quasi exclusivement des enfants. Depuis 2023, la situation a évolué avec l’identification de 5 cas adultes (dont 1 décès) et de 2 cas sporadiques chez des enfants. Tous étaient autochtones et présentaient un tableau de méningite à éosinophiles.

- Des cas autochtones chez les adultes comme chez les enfants -

En 2026, 5 nouveaux cas ont été signalés chez des adultes (dernier cas au mois de juin). "Les investigations n’ont pas identifié de sources communes de contamination, ni retrouvé le lieu et le mode de contamination", précise Santé publique France dans son communiqué. L’hypothèse la plus probable serait la consommation de crudités et/ou des séjours à Maurice et aux Seychelles, sans pouvoir déterminer avec certitude le caractère autochtone ou importé pour 3 de ces cas. Les 2 autres cas ne rapportent pas de notion de voyage et peuvent être considérés comme autochtones.

"Ces données illustrent la possibilité de cas autochtones d’infection à Angiostrongylus cantonensis sur toute l’Ile de La Réunion dans la population adulte, comme chez les enfants. Des cas sont également décrits à Mayotte chaque année". 

Concernant l'infection chez l’animal, une étude (projet RatEx) est en cours à l’unité mixte de recherche (UMR) PIMIT pour décrire l’épidémiologie du parasite dans le compartiment animal sur l’île de La Réunion. "Les résultats préliminaires de cette étude montrent une prévalence chez les rats de 12,5% et une prévalence du parasite chez les mollusques de 18,5% ", indique Santé Publique France. "Les espèces testées positives dans cet échantillon sont les escargots géants africains, ou achatines (Lissachatina immaculata et Lissachatina fulica), les limaces et semi-limaces (Parmarion martensi) ainsi que d’autres escargots invasifs tels que Tanychlamys indica". Les Parmarion martensi sont observées depuis 4 ans à La Réunion et elles peuvent être associées à une augmentation des cas de neuroangiotrongylose car a priori plus excrétrices.

- Nausées, vision floue et mal de tête quasiment constants -

La période d’incubation varie entre 1 et 5 semaines. La présentation clinique la plus classique consiste en l’apparition de céphalées persistantes, parfois associées à des signes d’hypertension intracrânienne telles que nausées, vomissements, flou visuel ainsi qu’à une atteinte des paires crâniennes.

"Un méningisme ou un syndrome méningé peut également être présent dans la moitié des cas", précise le communiqué. "Des signes d’encéphalite de type coma peuvent également être observés. La fièvre n’est pas forcément présente. En absence de traitement adapté, l’issue est potentiellement fatale".

Selon Santé Publique France, la présence des symptômes suivants doit donc alerter :
• des céphalées persistantes, quasiment constantes, parfois accompagnées de vomissements traduisant une HTIC ;
• des douleurs ou paresthésies, en particulier cervicales, radiculaires des membres, ou thoraciques, fréquentes lorsqu’on les recherche ;
• l’atteinte des paires crâniennes, notamment ophtalmologiques.

Chez l’enfant de moins de 5 ans, la présentation est souvent plus sévère. La verbalisation des céphalées étant plus difficile, on retrouve plus volontiers une fièvre, des vomissements, une somnolence, une irritabilité, des signes neurologiques déficitaires, parfois des convulsions ou des troubles de la conscience.

Face à ces symptôme, même en l’absence de syndrome méningé, il est conseillé de se rendre dans un service d’urgences, afin de réaliser une ponction lombaire. Elle seule permet de confirmer le diagnostic. Une procédure disponible au CHU de La Réunion.  

- Les bons gestes pour réduire l'exposition -

Afin de limiter la contamination par des larves infestantes, il est recommandé en l’état actuel des connaissances de  :
• Laver soigneusement à l’eau courante les crudités, en particulier la base des légumes-feuilles (salade et choux,…) où des petites limaces ou escargots peuvent passer inaperçus. À noter que la cuisson détruit le parasite et élimine le risque de contamination.
• Ne pas manipuler les réservoirs potentiels du parasites (rats, escargots, limaces…) à main nues, de porter des gants lors de tout contact avec ces animaux ou leur environnement immédiat ;
• Se laver les mains après tout contact avec le sol, les plantes ou les animaux du jardin  et avant la manipulation d’aliments.

Une vigilance particulière doit être portée à l’égard des jeunes enfants, susceptibles de porter à la bouche des escargots et des limaces ramassés au sol, les exposant au risque de contamination par ingestion directe de larves infestantes.   

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