La première Liste rouge internationale pour mieux connaître et préserver la flore des Mascareignes

  • Publié le 9 septembre 2026 à 18:36
  • Actualisé le 9 septembre 2026 à 19:42
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Du 7 au 12 septembre 2026, à Saint-Gilles-les-Bains, 21 experts et naturalistes de La Réunion, Maurice et Rodrigues se réunissent pour évaluer, selon la méthodologie de l'UICN, le risque d'extinction de 147 espèces végétales endémiques des Mascareignes : une première Liste rouge transfrontalière pour préserver la flore de l'archipel. (Photo : Stephan Laï-Yu/www.imazpress.com)

Pendant une semaine, 21 experts, botanistes et naturalistes professionnels et bénévoles de La Réunion, de Maurice et de Rodrigues se réunissent à La Réunion dans le cadre du Comité régional d’évaluation et de validation de la Liste rouge des espèces végétales endémiques des Mascareignes.

L’objectif est ambitieux : évaluer et valider le statut de conservation de 147 espèces végétales, selon la méthodologie internationale de la Liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).

Cette démarche constitue une étape majeure du projet de coopération régionale INTERREG RED MASC, porté par le Conservatoire Botanique National de Mascarin (CBNM) et cofinancé par l’Union européenne et la Région Réunion.

- Une première pour la flore de l’outre-mer français -

Cette évaluation constitue une première pour la France de l’outre-mer, avec une Liste rouge UICN transfrontalière commune consacrée spécifiquement à la flore, coélaborée par des acteurs de deux pays distincts : la France et Maurice.

Au-delà de l’évaluation scientifique, cette démarche permet de renforcer les liens entre les acteurs de la conservation des trois îles et de construire une connaissance commune.

- Pour une même espèce, des situations parfois très différentes selon les îles -

L’intérêt d’une approche à l’échelle des Mascareignes est également illustré par les contrastes observés entre les îles.

Environ 40 % des espèces endémiques des Mascareignes ne sont pas considérées comme menacées à La Réunion, alors qu’elles sont menacées ou éteintes à Maurice et Rodrigues. C’est notamment le cas d’espèces emblématiques telles que le Tan rouge ou l’Ambaville.

Cette démarche repose sur une coopération régionale unique entre le Conservatoire Botanique National Mascarin et la Mauritian Wildlife Foundation, ainsi que sur l’ensemble des acteurs de la conservation de la flore de Rodrigues et Maurice : institutions gouvernementales, ONG, entreprises privées, experts professionnels et bénévoles.

- Une semaine pour confronter les connaissances -

Les 147 espèces ont fait l’objet d’un important travail préparatoire dans le cadre de RED MASC. Les données disponibles ont été rassemblées auprès des institutions, associations, gestionnaires d’espaces naturels, chercheurs, experts et naturalistes des trois îles.

Elles concernent notamment la répartition des espèces, leurs effectifs, l’évolution de leurs populations, leurs habitats, les menaces auxquelles elles sont confrontées et les actions de conservation mises en œuvre.

Sur cette base, une pré-évaluation a été réalisée pour chaque espèce.

RED MASC en quelques chiffres :

- 147 espèces végétales endémiques des Mascareignes évaluées
- 21 experts et naturalistes professionnels et bénévoles réunis à La Réunion
- 3 îles mobilisées : La Réunion, Maurice et Rodrigues
- 1 semaine de travail collectif pour confronter les connaissances et rechercher un consensus scientifique
- 1 objectif : faire reconnaître mondialement une flore unique et vulnérable

- À propos du projet INTERREG RED MASC -

Le projet RED MASC – Liste rouge de la flore endémique des Mascareignes est un projet de coopération régionale porté par le Conservatoire Botanique National de Mascarin (CBNM) avec les acteurs de la conservation de la biodiversité de La Réunion, Maurice et Rodrigues.

Il est cofinancé par l’Union européenne et la Région Réunion dans le cadre du programme INTERREG.

Le projet vise à améliorer les connaissances sur la flore endémique des Mascareignes, à évaluer son statut de conservation selon la méthodologie de l’UICN et à renforcer les coopérations régionales en faveur de sa conservation.

Le Comité régional actuel constitue une étape essentielle : pendant les ateliers, les experts examinent collectivement les pré-évaluations, confrontent leurs connaissances, complètent ou corrigent les informations disponibles et statuent sur le niveau de menace correspondant aux critères de l’UICN.

L’objectif est d’aboutir à des évaluations actualisées, scientifiquement argumentées et consensuelles.

- Faire reconnaître mondialement une flore unique -

Les Mascareignes abritent une flore d’une exceptionnelle originalité, issue de plusieurs millions d’années d’évolution insulaire.

De nombreuses espèces végétales sont strictement endémiques de l’archipel ou de l’une de ses îles et n’existent donc nulle part ailleurs dans le monde.

Cette singularité s’accompagne toutefois d’une forte vulnérabilité : réduction et fragmentation des habitats, espèces exotiques envahissantes, incendies, changement climatique ou encore populations très réduites sont autant de facteurs susceptibles d’accroître le risque d’extinction.

L’un des objectifs fondamentaux de RED MASC est donc de faire reconnaître mondialement la diversité, la singularité et la vulnérabilité de la flore des Mascareignes.

Une fois validées, les évaluations régionales seront préparées selon le format standard de l’UICN puis soumises au processus de validation de l’UICN Monde, en vue de leur intégration à terme dans la Liste rouge mondiale des espèces menacées.

Cette étape internationale interviendra au-delà de la durée du projet RED MASC, les procédures d’examen et de validation pouvant nécessiter plusieurs mois, voire années.

- Mieux connaître pour mieux protéger -

La Liste rouge n’est pas uniquement un outil permettant de classer les espèces selon leur niveau de menace. Elle constitue également un outil d’aide à la décision pour la conservation.

Les résultats permettront :

- d’identifier les espèces prioritaires ;
- de mieux cibler les actions de conservation ;
- de renforcer la prise en compte de la flore dans les politiques publiques ;
- de disposer d’un état de référence pour suivre l’évolution du risque d’extinction dans le futur.

Le projet RED MASC contribue ainsi à resserrer les liens entre les acteurs de La Réunion, Maurice et Rodrigues et à développer de nouvelles coopérations régionales autour de la préservation de la flore et des milieux naturels.

La conservation de la flore des Mascareignes ne peut être pensée uniquement île par île : les connaissances, les compétences et les expériences doivent circuler à l’échelle de l’archipel.

- Les résultats présentés à Maurice en fin d’année -

À l’issue de ce Comité régional, les résultats de cette première évaluation régionale seront consolidés et feront l’objet d’une présentation aux partenaires des Mascareignes à Maurice en fin d’année 2026.

Cette restitution constituera une nouvelle étape de la coopération engagée depuis 2025 entre les acteurs de la conservation de la flore de La Réunion, Maurice et Rodrigues.

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