Fin du partenariat entre Coca-Cola et les Brasseries de Bourbon : Philippe Naillet alerte sur un "tournant industriel majeur"

  • PubliĂ© le 25 janvier 2026 Ă  11:43
  • ActualisĂ© le 25 janvier 2026 Ă  13:09
philippe naillet député

La fin contrat d’embouteillage entre les Brasseries de Bourbon et l'entreprise locale à The Coca-Cola Company avait été annoncé en juin 2025. Depuis ce début d'année, les boissons des marques Coca-Cola, Fanta, Sprite et Minute Maid sont désormais produites au Port, par Edena, appartenant au groupe mauricien IBL. Dans un courrier publié ce dimanche 25 janvier 2026, le député Philippe Naillet alerte sur un "tournant industriel majeur" et appelle à se "poser avec lucidité la question du niveau de compétitivité de nos entreprises réunionnaises". Le député encourage les entreprises réunionnaises à "conquérir de nouveaux marchés dans l’île sœur et plus largement dans notre bassin régional". Nous publions son courrier ci-dessous (Photo www.imazpress.com)

La fin du partenariat entre "The Coca-Cola Company" et "Les Brasseries de Bourbon", embouteilleur historique de la marque à La Réunion depuis 1958, pour la production et la distribution de ses boissons dans notre île, au profit du groupe mauricien Phoenix Beverages Limited (PBL), filiale du groupe IBL et propriétaire d'Edena Boissons, constitue un tournant industriel majeur qui n’est pas sans conséquences sociales et économiques pour les Réunionnaises et les Réunionnais.

Le plan de sauvegarde de l’emploi enclenché par les Brasseries de Bourbon pour pallier la perte de ce marché structurant, qui fait état d’une suppression de pas moins de 58 postes sur 250 et de la transformation de 22 autres, atteste de l’ampleur des retombées négatives de cette opération.

Mais au-delà de ces emplois directs, c’est tout un écosystème économique local qui se trouve fragilisé : sous-traitants, artisans, transporteurs, logisticiens, prestataires de maintenance, imprimeurs, professions libérales et l’ensemble des TPE/PME qui vivent, en tout ou partie, de la production locale de boissons. Chaque fois qu’une activité industrielle se délocalise hors de La Réunion, ce sont des chaînes de valeur entières qui se disloquent et une partie de la richesse produite qui cesse d’être ancrée dans notre territoire.

En tant que député de La Réunion, je veux alerter sur ce signal préoccupant : si nous acceptons que, progressivement, la production se fasse ailleurs pour des raisons de coûts, nos petites entreprises – déjà confrontées à des marges très contraintes, à un marché étroit et à des surcoûts structurels – risquent d’être les grandes perdantes de cette évolution.

Cette situation doit nous conduire à poser avec lucidité la question du niveau de compétitivité de nos entreprises réunionnaises et des moyens à mettre en œuvre pour les rendre plus fortes face à une concurrence désormais régionale et internationale. Plutôt que d’entrer dans une course au moins-disant social, qui serait perdue d’avance et contraire à notre modèle, nous devons engager résolument :

- une montée en gamme de notre appareil productif, par l’industrialisation, la mécanisation et l’automatisation des tâches répétitives ;
- un investissement massif dans la formation, le renforcement des compétences et la qualification des travailleurs réunionnais, pour attirer et développer des activités hautement spécialisées et innovantes ;
- un accompagnement renforcé de nos TPE/PME afin de leur permettre de se moderniser, d’innover, de se digitaliser et de conquérir de nouveaux marchés dans la zone océan Indien.
 
C’est à ces conditions que nous pourrons accueillir et maintenir sur notre sol des usines et entreprises à forte valeur ajoutée, capables de supporter le différentiel de coûts salariaux tout en restant compétitives.

Cela passe par une véritable stratégie régionale concertée visant à soutenir les entreprises qui choisissent d’investir et d’innover à La Réunion.

En effet, le groupe IBL, déjà embouteilleur de la marque à Maurice, marque une nouvelle stratégie régionale offensive qui appelle des réponses mesurées et adaptées, mais surtout volontaristes. Elle oblige nos entreprises réunionnaises à conquérir de nouveaux marchés dans l’île sœur et plus largement dans notre bassin régional ; à nouer des partenariats basés sur la réciprocité, la complémentarité et la durabilité ; à développer des projets innovants dans des domaines de pointe afin d’être les fers de lance du monde économique de notre bassin régional. Plus que jamais, nos entreprises doivent prendre leur part dans le théâtre d’un monde économique qui ne laisse aucune place aux frilosités ni à la résignation.

Nous avons le potentiel nécessaire pour faire face à ces défis et nous avons pleinement confiance dans les femmes et les hommes de notre île qui sont engagés dans une démarche de faire rayonner l’économie réunionnaise par-delà nos frontières. Mais ce potentiel ne se concrétisera que si la puissance publique, les grandes entreprises et l’ensemble des acteurs économiques décident de faire front commun pour sécuriser et développer l’appareil productif local.

Nous devons soutenir nos entreprises pour qu’elles soient suffisamment fortes à l’intérieur pour mieux s’attaquer au marché extérieur. À défaut, les décisions de délocalisation se multiplieront, minant progressivement le moral de nos chefs d’entreprise et mettant en danger la pérennité de nombreuses structures sur notre territoire.

Lire aussi - Coca-Cola : le groupe mauricien IBL récupère la distribution des produits, la Région s'inquiète pour les emplois locaux

www.imazpress.com / [email protected]

 

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2 Commentaires
Selly le plus mauvais maire de st Benoît
Selly le plus mauvais maire de st Benoît
1 heure

Naillet est un bon député. Il fait du bon boulot.

Missouk
Missouk
1 heure

Coca-Cola, Fanta, Sprite et Minute Maid... Ca fait rêver! Que du sucre et encore du sucre! Perso, je bois de l'eau et parfois un "ti rhum lokal" et ça me va très bien !