Emmanuel Macron a salué ce lundi 2 novembre d'un début de baisse du prix du gazole à la pompe, n'oubliant pas de féliciter au passage les mesures de son gouvernement. "Des solutions concrètes qui portent leurs fruits", dit-il, "sans démagogie", assure-t-il. Il est bien seul à le croire. À La Réunion, les quelque 170.000 automobilistes roulant à l'essence ne sont pas près de lui dire "merci" (Photo : www.imazpress.com)
"Le résultat est là : plus d’une dizaine de centimes de baisse par litre de gazole", s’est réjoui Emmanuel Macron lundi, se félicitant d’un dispositif mis en place "sans toucher aux taxes".
"Une bonne nouvelle donc, qui nous encourage à poursuivre car les prix restent élevés. Et nous restons humbles et vigilants comptes tenus des incertitudes géopolitiques qui demeurent" au Moyen-Orient, a dit le chef de l’État sur le réseau X.
Les prix à la pompe commencent à baisser. Nous y arrivons et ne relâchons pas nos efforts. En octobre, nous avons d’abord décidé de libérer 10 millions de barils de nos réserves stratégiques en France pour faire baisser rapidement la pression sur les volumes et sur les prix. Nous nous sommes ensuite rendus au Moyen-Orient pour sécuriser nos approvisionnements. Nos partenaires se sont engagés, des volumes substantiels sont sécurisés. En parallèle, nous avons travaillé main dans la main avec les distributeurs. Ils jouent le jeu et nous tenons à les en remercier. Le résultat est là : plus d’une dizaine de centimes de baisse par litre de gazole. Cela sans toucher aux taxes. Sans démagogie. Des solutions concrètes qui portent leurs fruits. Cette guerre, nous ne l’avons pas voulue et ce n’est pas aux Français d’en payer le prix à chaque plein. C’est la raison pour laquelle nous poursuivons les efforts diplomatiques pour le retour de la libre circulation dans le détroit d’Ormuz. Une bonne nouvelle donc, qui nous encourage à poursuivre car les prix restent élevés. Et nous restons humbles et vigilants compte tenu des incertitudes géopolitiques qui demeurent dans la région.
— Emmanuel Macron (@EmmanuelMacron) November 2, 2026
Des prix élevés. C'est peu de le dire. À La Réunion – où 170.000 véhicules environ roulent à l'essence et où les stocks stratégiques n'ont pas été débloqués – le prix du sans-plomb s'est envolé à 2,11 euros le litre.
- Pas de quoi réjouir la population réunionnaise -
Les Réunionnais se réjouiraient d'autant plus si les prix à la pompe diminuaient ici pour le sans-plomb. Car si le ministère de l'Économie, Roland Lescure, dort bien sur ses deux oreilles, la population elle, a du mal, tant elle doit penser à ses dépenses.
Le ministre s'est par la suite excusé en déclarant "c'est une expression malheureuse que je regrette sincèrement d'avoir prononcée", mais cela prouve une nouvelle fois la déconnexion dont fait preuve le gouvernement avec les Français.
Pour rappel, à La Réunion, selon les chiffres de l'Insee, 36,4% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté. Plus de 92.000 foyers perçoivent le RSA, selon la Caisse d'allocations familiales (Caf).
Près de 500.000 personnes vivent dans un ménage touchant les minima sociaux, soit environ 2 Réunionnais sur 5, selon la Fondation pour le logement.
Quant au coût des aliments et des produits de grande consommation est 37% plus élevé que dans l'Hexagone, selon l'Insee,
Et pendant ce temps, les pétroliers dégagent des bénéfices exceptionnellement élevés grâce à la flambée des hydrocarbures dans la foulée des guerres au Moyen-Orient et en Ukraine.
- Macron se la joue "humble", sachant que la baisse ne va pas durer -
"Nous restons humbles et vigilants comptes tenus des incertitudes géopolitiques qui demeurent dans la région", a ajouté le chef de l’État.
D'autant que la baisse ne devrait pas durer. Cette ristourne à la pompe sera éphémère, prévient le gouvernement.
"Cela tiendra au minimum trois mois", a précisé Maud Bregeon sur franceinfo. Les réserves stratégiques déstockées doivent ainsi alimenter le marché jusqu'à fin janvier.
Le gouvernement avait annoncé le 12 octobre mettre à disposition des distributeurs ces stocks stratégiques qui avaient été achetés avant la guerre au Moyen-Orient et qui sont cédés à 0,28 euro le litre, contre environ 1,10 euro sur le marché à la mi-octobre, selon Matignon.
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