Saint-Leu : diminutions des dotations de l'État, 10 degrés dans les classes... les parents demandent à la municipalité d'agir

  • Publié le 2 juillet 2026 à 14:48
  • Actualisé le 2 juillet 2026 à 15:19
École

À la veille du début des vacances scolaires, la ville de Saint-Leu fait le point sur les grandes attentes des parents d’élèves des 20 écoles du territoire. Les inquiétudes, soulevées lors d'un exercice de démocratie participative appelé Le Grand débat, portent majoritairement sur l’accompagnement des enfants et les moyens humains attribués aux écoles élémentaires du kartyé trwa lét. Autre préoccupation des parents, les 10 petits degrés qu'il fait en ce moment dans les classes des hauts. En bord de mer et à mi-hauteur, c'est la chaleur et le manque d'espaces boisés qui préoccupent les parents (Photo : Richard Bouhet/www.imazpress.com)

La course du matin, les parents réunionnais la connaissent bien.

Ils déboulent parfois à toute allure, en retard aux abords de l’école. Il est 8 heures, certains courent, à peine réveillés, vers le portail qui se ferme. Tatie Jacqueline* est en train de mettre le cadenas quand elle entend le bruit des baskets qui rebondissent sur le bitume. "Asé kouri, ti va tonber Gabriel !" lance-t-elle en levant la tête. 

Jacqueline est titulaire de son poste, elle connaît chacun des plus de 200 enfants de son école : "Sa i manj pa rien sa mi sa, toultan mi di ali gout in pé" explique-t-elle à une maman. Elle sait avec qui ils jouent, lequel bouge le plus et qui prend le bus. Pour le reste de son équipe, qui changeait au gré des nouvelles attributions de contrats aidés depuis des années, ce n’est pas forcément le cas. 

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- Les moyens humains attribués aux écoles : la première préoccupation des parents d'élèves - 

Les postes qu’ils occupent sont pourtant essentiels au bon fonctionnement des écoles de la ville. Depuis l’annonce de la baisse drastique de ces contrats, le maire de la ville l’avait annoncé : il faudra repenser le fonctionnement des écoles, interroger les employés et faire le point sur les compétences de chacun, nous disait-il alors le 19 mai dernier, à la veille d’une manifestation contre les diminutions des quotas de contrats PEC, dans les jardins de la préfecture à Saint-Denis.

Parmi les difficultés techniques, la ville passe donc de 150 contrats PEC destinés aux écoles à une trentaine uniquement. Un changement qui force la municipalité à se réorganiser, le tout sans supprimer de services, là où, par exemple, la ville de Saint-Joseph a annoncé ne plus être en mesure d’assurer la restauration scolaire, le nettoyage et l’accueil périscolaire des écoliers de la ville.

"Nous l’avons dit au début de mandat. Nous ne ferons pas d’économie sur l’éducation" insiste Karim Juhoor, maire de Saint-Leu. 

"Nous ne sommes pas dans l'idée de supprimer des services dont bénéficient les familles et les enfants. On essaie de ne pas déshabiller l’école, c’est une priorité de la mandature" insiste Céline Sanch – DGA en charge des écoles depuis deux ans. 

Afin d'améliorer la prise en charge des petits saint-leusiens, les parents des quelque 5.000 écolières que compte la ville ont été eux aussi appelés à répondre à quelques questions sur le fonctionnement des établissements scolaires et sur les besoins de leurs enfants. Directeurs d’école, inspecteur académique, agents des écoles, tous ont partagé leur point de vue. Les moyens humains attribués aux écoles constituent la première préoccupation évoquée par une majorité de parents.

"La philosophie de ce débat c'est de renouer le dialogue. De faire en sorte de trouver des solutions en faisant appel à l’intelligence collective. " insiste le maire. Écoutez

À cela la mairie annonce souhaiter avoir des ATSEM en nombre suffisant dans les écoles maternelles : du personnel formé et des emplois pérennisés avec des contrats stables. Pour la prise en charge du temps du midi, il est annoncé un recrutement clarifié et un encadrement renforcé sur le temps de la pause méridienne. Pour y arriver, sans contrats aidés, il faudra faire preuve d’ingénierie, nous dit-on, faire intervenir des associations qui mèneraient des activités et des animations.

Une démocratie participative qui interpelle certains parents : "C’est ce qui manquait", lance Marine Betemps, parent d’élèves de l’école de la Pointe des Châteaux. "On est chacun cloisonné dans nos fonctions et on ne discute jamais, là on a eu l’occasion de le faire. En tant que parent, on attend maintenant des mesures concrètes, mais le point de départ est bon. 

- 10 degrés dans les salles en préfabriqués des classes des hauts : les enseignants ramènent un chauffage d’appoint - 

Pour Anne-Laure Pontalba, représentante des parents d’élèves et mère de deux enfants scolarisés en élémentaire dans une école de la Chaloupe dans les hauts de Saint-Leu, le sujet qui l’intéresse, c’est le froid : "Nos problématiques à la Chaloupe, nous, c’est le froid, on a des préfabriqués, le matin, les températures sont très basses, 10 degrés dans les salles. Les enseignants ramènent un chauffage d’appoint, en maternelle c’est pareil. L’après-midi, chaque enfant a sa petite couverture pour la sieste". "Nous, dans notre école, on a vraiment besoin de régler cette affaire de chauffage", dit-elle.

Le confort thermique, c’est la seconde grande préoccupation des parents d’élèves de Saint-Leu, Si dans les bas et à mi-hauteur les enfants se plaignent de la chaleur en été, dans les hauts c’est le froid. La mère de famille espère que ce genre d’échanges continuera.

De son côté la mairie assure réfléchir à des solutions à mettre en place le plus rapidement possible, mieux isoler les classes ou y faire installer un système de chauffage. 

- "En tant que parents, nous voulons du concret" - 

D’autres parents réunis ce jeudi dans la petite salle de spectacle en bord de mer de Saint-Leu sont bien plus prudents. Ils évoquent un incident durant lequel un enfant a été oublié par le service de transport scolaire, "Tout ce que vous annoncez là, la façon de le faire, c’est politique" lance un papa. "Nous, en tant que parents, nous voulons du concret. Concrètement, comment fait-on pour, par exemple, ne plus oublier un enfant à la montée dans le bus en fin de journée ?"

Un temps d’échange commence : la gestion du transport scolaire est une compétence du Territoire de l’Ouest, les process de prise en charge ont été revus, et ils seront appliqués, lui répond-on.

"Tout le monde voit la même chose, mais parfois il y a un manque de communication. Les préoccupations convergent. Même si tous les acteurs ne parlent pas avec les mêmes mots, ils disent la même chose. Là où les parents interpellent sur la formation aux premiers secours du personnel, le personnel m’a interpellé sur leur formation aux premiers secours" assure le maire de la ville.

À Saint-Leu, les services en charge de la gestion du temps scolaire se veulent rassurants pour la rentrée prochaine, le tout en évaluant les nouvelles informations obtenues lors des échanges avec les parents d'élèves, les agents de la ville et les directeurs des écoles.

La mise en place du petit-déjeuner gratuit et d’un tarif unique pour la restauration scolaire fait encore partie des projets à concrétiser. Reste désormais à trouver les financements nécessaires pour les mettre en œuvre, dans un contexte de diminution des dotations de l’État.

On nous l'assure pourtant, il est maintenant l'heure de passer à l'action et d'anticiper, de prévoir, pour les années à venir, par exemple la création de nouvelles écoles là où il y a un besoin. 

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1 Commentaires
Tambi
Tambi
1 heure

c'est une façon élégante de ne pas appliquer ses promesses. Cantine et petit déjeuner gratuites. L'aménagement des espaces scolaires, plantations d'arbres...La Baisse le prix de l'eau faire tomber la pluie par ensemencement des nuages pour lutter contre la sécheresse...maintenant il est au pieds du mur,on verra ses promesses.