Saint-Pierre : les avocats n’assisteront plus aux procédures de comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité dès lundi

  • Publié le 17 avril 2026 à 18:21
  • Actualisé le 17 avril 2026 à 19:26
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Le barreau de Saint-Pierre s'oppose au projet de loi S.U.R.E (Sanction Utile, Rapide et Effective) les avocats du sud maintiennent leur mouvement de grève pour ce lundi 20 avril. "Derrière ce projet de loi, ce sont les droits de chacun qui reculent, qu’il soit victime, mis en cause ou simplement confronté à la justice" lancent-ils. Le bâtonnier Frédéric Hoarau affirme que dès ce lundi, ses confrères "n’assisteront plus aux procédures de comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC), qui ne peuvent se tenir sans leur présence". Dans le nord, une décision sera prise lundi quant à une mobilisation. (Photo : Richard Bouhet/www.imazpress.com)

Cette semaine, le Sénat à validé le projet de loi S.U.R.E, une satisfaction pour Gérald Darmanin. 

"Cette nouvelle "procédure de jugement des crimes reconnus" (PJCR) - une forme de "plaider-coupable" pour les infractions les plus graves - "sera un outil supplémentaire qui permettra d'accélérer le traitement des affaires criminelles", s'est réjoui le ministre de la Justice Gérald Darmanin sur X.

À La Réunion, la mobilisation continue.

Le bâtonnier de Saint-Pierre, Frédéric Hoarau, explique la mobilisation à venir ce lundi 20 avril 2026 : les avocats du barreau du sud "n’assisteront plus aux procédures de comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC), qui ne peuvent se tenir sans leur présence. "

- Des conséquences immédiates pour les victimes -

Frédéric Hoarau explique : "Pour les victimes, les conséquences sont immédiates : leur temps de parole serait drastiquement réduit, leur capacité à exprimer leurs souffrances limitée, et une pression pourrait s’exercer pour accepter une procédure rapide, parfois inadaptée à leur situation. Le risque est clair : une indemnisation qui ne correspond pas à la réalité du préjudice."

"Mais au-delà des victimes, c’est l’ensemble des justiciables qui est concerné. Moins de temps, moins de débat, moins de contrôle : autant de garanties fondamentales qui s’érodent. Or ces garanties ne sont pas des privilèges, elles protègent chacun d’entre nous."

Le bâtonnier lance : "Il ne faut pas attendre d’y être confronté pour le comprendre".

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- Le "plaider-coupable" conduira à "une justice expéditive" -

Une cinquantaine de barreaux avait voté une grève dont le principe a été adopté par la Conférence des bâtonniers, qui représente les 45.000 avocats non parisiens, a indiqué à l'AFP son président, Christophe Bayle.

Chaque barreau décide des modalités de l'action, grève totale ou sur certains secteurs d'activité seulement, a-t-il ajouté précisant que les assemblées générales restaient en cours dans de nombreux endroits.

Le "plaider-coupable" conduira à "une justice expéditive", redoute le barreau de Bobigny dans son communiqué, tandis que dans une tribune à l'hebdomadaire La Tribune Dimanche, le bâtonnier et la vice-bâtonnière de Paris, Louis Degos et Carine Denoit-Benteux, ont dénoncé l'avènement d'une "justice à deux vitesses": "Ceux qui en ont les moyens refuseront et obtiendront un vrai procès. Les autres accepteront."

-"Ma porte est ouverte pour continuer les discussions" déclare Gérald Darmanin -

Ce plaider-coupable, "une notion étrangère à la tradition juridique française", fait courir comme "premier danger" celui "des faux aveux", selon Mes Degos et Denoit-Benteux: "Fonder un système de justice criminelle sur la reconnaissance de culpabilité, c'est prendre le risque de condamner des innocents sans débat."

Mais les victimes sont aussi bafouées, selon les deux avocats: "Leur consentement n'est pas libre lorsqu'il est sollicité sous la contrainte du temps."

"Ce projet de loi est avant tout pensé pour les victimes, il ne retire de droit à personne" et "offre une nouvelle voie pour juger les infractions criminelles et permettra une issue plus rapide sans pour autant juger moins bien", a réagi auprès de l'AFP le porte-parole du ministère de la Justice, Sacha Straub-Kahn.

"Ma porte est ouverte pour continuer les discussions. C'est une procédure qui a lieu dans tous les pays qui nous entourent, soutenue par les magistrats. Faire grève, je le respecte et c'est leur droit, mais c'est dommage pour les victimes et le service public de la justice", a déclaré Gérald Darmanin à l'AFP.

Le mouvement a commencé le 3 avril 2026, et continue donc, d'autres mobilisations sont prévues.

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www.imazpress.com avec l'AFP / [email protected]

 
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