Steve, le jeune Portois qui a perdu un oeil à la suite d'une décharge de P.40 en plein visage, a-t-il été la victime accidentelle d'un tir de dispersion déclenché par un policier de la BAC (brigade anti criminalité) dans la nuit du 1er au 2 février 2014 au Port ? "Oui", répond un témoin qui s'est manifesté il y a quelques jours seulement. Cet homme affirme avoir secouru l'adolescent aprÚs qu'il ait été touché à la figure par le projectile. Il contredit ainsi les déclarations du jeune lycéen disant avoir été aidé par une femme. Ce nouveau témoin souligne également "qu'à aucun moment les policiers ne sont allés au contact du jeune". Il accrédite donc la thÚse d'un tir de dispersion. Une version défendue par le tireur et ses trois équipiers de la BAC mis en cause, mais rejetée par le procureur Philippe Muller. Pour le magistrat "le tir était volontaire et non pas accidentel". L'homme s'est rendu au commissariat du Port deux semaines aprÚs les faits pour apporter son témoignage. Mais, dit-il, la police n'a pas enregistré sa déposition. Le mercredi 19 février, les quatre fonctionnaires ont été mis en examen, notamment, pour violences volontaires avec usage d'une arme ayant entraßné une mutilation.
Le mercredi 19 fĂ©vrier dernier, quatre fonctionnaires de la BAC du Port ont Ă©tĂ© mis en examen pour "violences volontaires avec usage d'une arme ayant entraĂźnĂ© une mutilation", mais aussi pour "non assistance Ă personne en danger" et "modification de la scĂšne de crime". Depuis, lâinstruction suit son cours, mais le voile nâest toujours pas levĂ© sur certaines zones dâombre entourant les faits ayant coĂ»tĂ© un Ćil au jeune Steve, ĂągĂ© de 16 ans.
Un nouveau tĂ©moignage vient notamment jeter le trouble sur les versions avancĂ©es jusquâĂ prĂ©sent, contredisant plusieurs Ă©lĂ©ments. Un homme affirme ainsi que câest lui qui a secouru Steve alors quâil Ă©tait Ă terre, le visage en sang. L'adolescent venait juste d'ĂȘtre touchĂ© par un projectile tirĂ© par un "P40", une arme plus puissante quâun flash-ball traditionnel. Jusque-lĂ , le jeune homme a toujours affirmĂ© qu'une femme lui avait portĂ© secours.
Ce tĂ©moin raconte que Steve se trouvait Ă proximitĂ© dâun groupe de jeunes sillonnant le quartier Rico-Carpaye. Certains d'entre-eux, dit l'homme, lançaient des galets. Câest alors que lâĂ©quipage de la BAC est arrivĂ© sur les lieux et aurait tirĂ© en direction du groupe, touchant le lycĂ©en au visage. Un des policiers a dâailleurs reconnu avoir tirĂ©, mais dĂ©fendant la thĂšse dâun tir accidentel.
Selon ce nouveau tĂ©moin, le groupe de jeunes sâest dispersĂ© tout de suite aprĂšs le tir. L'homme voit une personne s'effondrer et rester au sol. C'est Steve. Lâhomme affirme s'ĂȘtre prĂ©cipitĂ© vers lui et avoir constatĂ© que l'adolescent avait le visage en sang. C'est alors qu'il a prĂ©venu les secours. Il souligne "quâĂ aucun moment les policiers ne sont allĂ©s au contact du jeune homme". Selon lui, le jeune n'a pas Ă©tĂ© maintenu au sol et n'a pas Ă©tĂ© frappĂ© alors quâil Ă©tait Ă terre. Ce tĂ©moin est tout aussi catĂ©gorique pour dire que Steve ne s'est pas relevĂ© pour aller demander l'aide d'une femme rĂ©sidant Ă proximitĂ©.
Une version contredisant celle de cinq autres tĂ©moins - un couple et trois autres personnes ne se connaisant pas entre-elles - que le procureur Philippe Muller avait jugĂ© crĂ©dibles. Elle va Ă©galement Ă lâencontre des dĂ©clarations des policiers. Selon le procureur, ceux-ci dĂ©clarent avoir maintenu le jeune homme au sol "avec les pieds", tout en niant lâavoir frappĂ©. Pourrait-il alors sâagir de deux sĂ©ries de faits diffĂ©rentes mettant en cause deux jeunes ?
La question est aussi de savoir quel crĂ©dit accorder Ă ce nouveau tĂ©moignage. Lâhomme dit sâĂȘtre prĂ©sentĂ© au commissariat du Port entre le 17 et le 22 fĂ©vrier, plus de deux semaines aprĂšs les faits. Ce laps de temps peut interpeller. Le tĂ©moin explique qu'il a "fait lâobjet de pressions" et qu'il a hĂ©sitĂ© avant de se rendre au commissariat. Une dĂ©marche finalement restĂ©e vaine. L'homme soutient en effet que sa dĂ©position nâa pas Ă©tĂ© enregistrĂ©e par les policiers.
QuestionnĂ© ce lundi aprĂšs-midi 4 mars, Nicolas Hoarau, le commissaire du Port, dit "ne pas avoir dâĂ©lĂ©ments Ă ce sujet". Il indique toutefois : "dans ces cas-lĂ , lâidentitĂ© de la personne peut ĂȘtre notĂ©e par la police afin dâĂȘtre portĂ©e Ă la connaissance du juge dâinstruction, mais Ă partir du moment oĂč une instruction est ouverte, on ne peut pas enregistrer de dĂ©position". Pour sa part le procureur Philippe Muller souligne : "câest la premiĂšre fois que jâentends parler de cela". Il note que la dĂ©claration du tĂ©moin "ne correspond pas aux tĂ©moignages trĂšs prĂ©cis" recueillis jusqu'Ă prĂ©sent par les enquĂȘteurs. "Mais je trouve extrĂȘmement Ă©tonnant que cette dĂ©claration n'ait pas Ă©tĂ© prise en compte par la police", commente-t-il
Si ce tĂ©moignage devait ĂȘtre confirmĂ©, cela apporterait un nouvel Ă©clairage Ă lâinstruction en cours. En attendant, les quatre fonctionnaires de la BAC du Port sont toujours en poste au garage et aux archives du commissariat Malartic oĂč ils ont Ă©tĂ© rĂ©affectĂ©s. Du cĂŽtĂ© du Port, la brigade anti-criminalitĂ© fonctionne a minima depuis cette affaire, seule une Ă©quipe de nuit assurant des patrouilles Ă partir de la fin dâaprĂšs-midi.
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Si la BAC n'existait pas, il fallait l'inventer, ce sont des gens super sympas avec qui on peut discuter et plaisanter, c'est normal, qu'un policier, mĂȘme si c'est ton ami, il te verbalise si t'es en infraction, c'est son mĂ©tier, et cela les gens ne comprennent pas, ĂȘtre poli lors d' une intervention aboutit, des fois Ă une conclusion parfaite, alors arrĂȘtons de dire que c'est des... respecter les policiers fais de vous un honnĂȘte citoyens.
Je dirai tout simplement, continuez Ă veiller sur notre bienĂȘtre, Messieurs et bravo pour ce que vous faites
Un témoin et pourquoi pas un envahisseur sorti tout droit de David VINCENT ?