L'éruption au Piton de la Fournaise se poursuit pour sa 40ème journée ce mardi 24 mars 2026. Toutefois, "une diminution de l’activité est observée ces dernières heures", indique l'Observatoire volcanologique. Sur les coulées des Grandes Pentes, seul le bras sud était actif sur les dernières 24 heures. Au point de contact entre la lave et l’océan, une plateforme continue de se constituer et de s’élargir (Photo : Nicolas Villeneuve)
"Le trémor éruptif (indicateur du flux de lave et de gaz) a montré une brusque diminution entre 5h et 7h (heure locale), mais est stable depuis. L’ensemble de ces observations suggère une diminution de l’activité éruptive, à confirmer dans les prochains jours", précise l'OVPF.
- Peu de projections visibles mais un dégazage toujours actif -
Le 24 mars au matin, peu de projections étaient visibles au niveau du cône éruptif mais le dégazage était toujours bien actif.
La sismicité et la déflation superficielle montrent un net ralentissement. La déflation à la base du cône et de part et d’autre de l’enclos Fouqué se poursuit.
Un seul site éruptif reste actuellement actif sur le flanc sud-sud-est du volcan à 2056 m d’altitude avec un cône qui s’est formé par accumulation des projections, visibles depuis le Piton de Bert.
Pour rappel, le Piton de la Fournaise est entré en éruption le vendredi 13 février 2026. C'est la première fois depuis 2007 que le feu liquide expulsé par le Piton de la Fournaise traverse la RN2.
- Un seul bras de coulée de lave alimenté -
Le champ de lave dessine deux bras principaux se divisant en bras secondaires. De nouvelles images satellites Sentinel-1 et PlanetScope ont permis une nouvelle cartographie détaillée des coulées au 23 mars 2026.
Sur les dernières 24 heures, seul le bras principal sud était actif. Les fronts des deux bras nord sont restés figés, situés respectivement à environ 660 mètres d’altitude pour le bras principal nord et 690 mètres pour le bras secondaire nord.

Le bras sud après s’être divisé en plusieurs bras secondaires, a traversé la RN2 le 13 mars, et a atteint l’océan le 16 mars.
Plusieurs bras secondaires se sont également formés en aval de la RN2 avant l’arrivée à l’océan de la coulée. Un de ces bras a fini par atteindre la mer quelques jours après le bras principal. Regardez.
Au point de contact entre la lave et l’océan, une plateforme continue de se constituer et de s’élargir, résultant de l’accumulation de coulée de lave et de particules fines issues de la fragmentation de la lave. Ces derniers jours, l’alimentation en lave de la plateforme était plus faible et de nombreux tunnels de lave s’y étaient développés ; la lave ne ressortant principalement qu’au point de contact avec l’océan. Des petits effondrements ont été observés en bordure de la plateforme par l’action des vagues.
Par ailleurs, le contact brutal entre la lave et l’eau peut générer des explosions localisées, projetant des matériaux en fusion et des jets de vapeur à haute température à proximité immédiate du point d’entrée en mer.
Des explosions pourraient également se produire en cas de déstabilisation de la plateforme. En effet, cette plateforme, composée d’une accumulation de coulées de lave et de fragments rocheux, reste très instable et fragile. En cas de déstabilisation brutale, des explosions d’intensité variable pourraient survenir.
- Un panache de gaz toujours bien présent lorsque la lave entre dans l'océan -
Au niveau de cette entrée à l’océan, un panache de gaz est toujours présent. Celui-ci est principalement constitué de vapeur d’eau, d’acide chlorhydrique (HCl) et de particules fines. "Lorsque la lave, à une température d’environ 1.130 °C, entre en contact avec l’eau de l’océan riche en chlorure de sodium, elle engendre la formation d’un aérosol acide sous forme de fines gouttelettes en suspension", indique l'Observatoire.
Ce "panache contient également des particules de lave pulvérisée et des fragments de verre volcanique, pouvant être transportés sur plusieurs centaines de mètres à kilomètres sous l’effet des vents".
Ce panache, parfois appelé "laze" (lava haze), peut présenter un caractère irritant et corrosif pour les voies respiratoires, la peau et les yeux. Sa dispersion dépend étroitement des conditions météorologiques locales.
Pour apprécier le spectacle de l'éruption, plusieurs règles sont à respecter.
"Le stationnement reste autorisé sur la route nationale en amont de ces points de retournement, sur un seul côté de la route nationale (côté montagne), et à l’exclusion de certaines zones habitées ou dangereuses (secteur de Bois Blanc, rampes de la Cage aux lions)", précise la préfecture.
Au-delà des points de retournement, "l’accès est autorisé uniquement aux piétons et aux cyclistes jusqu’à la zone d’exclusion, matérialisée par des barrières".
La préfecture de La Réunion a d'ailleurs annoncé un renforcement des dispositifs de sécurité autour des coulées du Piton de la Fournaise, face à l'afflux de curieux prenant des risques inconsidérés.
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