Réuni le mercredi 10 juin 2026 pour sa 3e séance annuelle sous la présidence de Jacques Lowinsky, le conseil communautaire de la CINOR a examiné 36 affaires. Un tiers d’entre elles portaient sur l’eau, dans un contexte d’incertitude lié à la sécheresse annoncée. Au-delà de cet enjeu, trois dossiers ont particulièrement marqué la séance : l’arrêt des comptes 2025, l’adoption d’une stratégie globale de sécurisation de l’eau potable et le renforcement de la politique d’amélioration de l’habitat.
Un compte administratif 2025 solide et excédentaire
Le conseil a voté le compte administratif 2025 du budget principal, qui arrête définitivement les comptes de l’exercice. Malgré un environnement économique contraint, la collectivité affiche des résultats sains et un niveau d’investissement maintenu.
Sur l’ensemble des sections, les recettes réalisées s’élèvent à 241,1 millions d’euros (97,2 % des prévisions) pour 222,6 millions d’euros de dépenses (89,4 %).
La section de fonctionnement dégage un résultat excédentaire de 16,8 millions d’euros (199,4 M€ de recettes pour 182,6 M€ de dépenses). La section d’investissement ressort, après reprise des résultats antérieurs, sur un excédent de clôture de 1,7 million d’euros.
Au total, l’exercice 2025 se solde par un excédent global de clôture de 18,5 millions d’euros (hors restes à réaliser), soit 17,3 millions d’euros une fois intégrés les restes à réaliser. Ces marges, saluées comme le fruit d’une gestion rigoureuse, doivent permettre à la collectivité de financer ses politiques publiques prioritaires – transports urbains, environnement et développement économique – et de répondre avec réactivité aux besoins de court terme du territoire.
Une stratégie globale de sécurisation de l’eau potable
Le conseil a validé une stratégie globale de mise en conformité et de sécurisation des systèmes de production et de distribution d’eau potable sur les trois communes du territoire : Saint-Denis, Sainte-Marie et Sainte-Suzanne.
Cette délibération répond aux mises en demeure adressées depuis plusieurs années par l’Agence Régionale de Santé (ARS), en raison de non-conformités sanitaires ou de vulnérabilités structurelles. Elle constitue un engagement formel de la CINOR vis-à-vis de l’État et fixe le cadre de programmation des investissements à venir.
• À Saint-Denis, la sécurisation des ressources du secteur de Sainte-Clotilde (forage et puits ZEC, puits du Chaudron), exposées aux fortes turbidités et à des pollutions émergentes de type PFAS, repose notamment sur la mise en service d’une usine de potabilisation prévue pour décembre 2028. Coût estimé : 20,3 millions d’euros HT.
• À Sainte-Marie, le programme cible les secteurs de Montée Sano et de l’Espérance les Hauts, avec la construction d’une nouvelle usine de production d’eau potable (mise enservice en juillet 2028) et la création d’une chaîne de refoulement depuis la Confiance pour sécuriser l’alimentation en période de sécheresse (septembre 2027). Coût estimé : 2,7 millions d’euros HT.
• À Sainte-Suzanne, la sécurisation du quartier de Bras Pistolet, alimenté par le captage Valéry, passe par une interconnexion avec le réservoir de l’Espérance puis par une filière de potabilisation adaptée, pour une mise en œuvre échelonnée jusqu’en 2030. Coût estimé : 5,2 millions d’euros HT.
L’ensemble de ces opérations, intégrées au programme pluriannuel d’investissement du budget annexe de l’eau potable, représente un effort estimatif global de l’ordre de 28 millions d’euros HT.
Une politique de l’habitat renforcée en faveur des familles modestes
Plusieurs délibérations ont conforté l’engagement de la CINOR en matière d’amélioration de l’habitat, dans le cadre de son Programme Local de l’Habitat (PLH) et de son Plan Intercommunal de Lutte contre l’Habitat Indigne (PILHI).
Le conseil a approuvé un cofinancement, en partenariat avec le CCAS de Sainte-Suzanne, des travaux d’amélioration de l’habitat au bénéfice de 5 familles. La CINOR apportera une aide complémentaire pouvant atteindre 3 000 euros par projet, pour une enveloppe prévisionnelle de 15 000 euros. Le CCAS assurera l’accompagnement social et technique des ménages au plus près du terrain.
Les élus ont également validé une nouvelle convention partenariale avec le Département de La Réunion et la SPL Avenir Réunion (SPLAR). Elle prolonge l’expérimentation lancée fin 2024 pour le traitement de l’habitat indigne et permettra de cofinancer 15 dossiers supplémentaires, à hauteur de 3 000 euros par projet, soit 45 000 euros engagés en 2026. Sur les 50 projets initialement visés, 35 ont déjà été engagés à Saint-Denis, Sainte-Marie et Sainte-Suzanne.
Ces décisions s’accompagnent de la présentation du bilan 2025 du 3e PLH – aujourd’hui prorogé jusqu’en 2027, le 4e PLH étant en cours d’élaboration – et du bilan annuel de mise en œuvre du PILHI, qui témoignent de la mobilisation de la collectivité contre la vacance des logements, pour l’accession sociale et pour la sortie d’indignité des familles les plus vulnérables.
Un territoire tourné vers la proximité et la transition écologique
Au-delà de ces trois dossiers majeurs, la séance a confirmé l’engagement de la CINOR dans l’adaptation du territoire au changement climatique et dans l’amélioration du quotidien des habitants : gestion de l’eau et des déchets, mobilités (avec le lancement récent de la ligne BAOBAB Express et l’avancement du projet de téléphérique de La Montagne), équipements de proximité et co-construction du futur projet de mandature à l’horizon 2032-2033.
