Saint-Denis : "Mwin lé l’Art" la santé mentale prend toute sa place à la Mad Pride

  • Publié le 23 septembre 2026 à 18:02
  • Actualisé le 23 septembre 2026 à 18:16
Troubles psychiques : une marche et de la bonne humeur pour combattre l’isolement et les préjugés [?]

Le samedi 3 octobre 2026, la Mad Pride revient à Saint-Denis pour une troisième édition placée sous le signe de l’art, du partage et de la liberté d’expression. De 9h à 16h, le Barachois accueillera le village Art’Psy et la grande marche pour la santé mentale. Une journée festive et engagée, co-organisée par l’association Balise Psy et la ville de Saint-Denis et de nombreux partenaires, pour faire tomber les préjugés et rappeler que la santé mentale nous concerne toutes et tous. (Photo sly/www.imazpress.com)

Des couleurs, de la musique, des œuvres, et surtout, des voix qui refusent de rester dans l’ombre. Pour la deuxième année consécutive, la ville de Saint-Denis se pare de jaune pour accueillir la troisième édition de la Mad Pride. Le jaune pour être vu.

La marche pour occuper l’espace. Née à Toronto dans les années 1990, la Mad Pride s’est depuis répandue dans de nombreux pays. À La Réunion, elle trace son chemin depuis 2024. L’an dernier, plus de 1500 personnes en 2025 se sont retrouvées dans la capitale pour faire reculer la stigmatisation des troubles psychiques.

- "Mwin lé l’Art" - 

Cette année, ces personnes se retrouveront autour de trois mots : "Mwin lé l’Art". Un slogan qui fait écho au thème choisi pour les Semaines d’Information sur la Santé Mentale (SISM) 2026 : "Pour notre santé mentale, ouvrons-nous aux arts". Parce qu’une émotion ne se raconte pas toujours avec les mots : elle peut se peindre, se danser, se
chanter, s’écrire ou encore, se mettre en mouvement.

En France, 13 millions de personnes présentent chaque année un trouble psychique, tandis que les préjugés restent encore très présents.

À La Réunion, 912 passages aux urgences pour geste auto-infligé ont été recensés en 2024, ainsi que 1.378 hospitalisations pour ce même motif, soit une hausse de 11 % par rapport à 2023. Une vigilance particulière concerne les plus jeunes : parmi les femmes, les adolescentes âgées de 11 à 17 ans présentent le taux d’hospitalisation pour geste auto-infligé le plus élevé.

Le samedi 3 octobre, la Mad Pride revient à Saint-Denis pour une troisième édition placée sous le signe de l’art, du partage et de la liberté d’expression. De 9h à 16h, le Barachois accueillera le village Art’Psy et la grande marche pour la santé mentale. Une journée festive et engagée, co-organisée par l’association Balise Psy et la ville de Saint-Denis et de nombreux partenaires, pour faire tomber les préjugés et rappeler que la santé mentale
nous concerne toutes et tous.

Derrière ces données, il y a surtout des parcours de vie, des familles, des proches et parfois une souffrance qui reste difficile à exprimer. C’est précisément ce silence que la Mad Pride et les rendez-vous organisés autour des SISM veulent contribuer à faire reculer. "Une ville ne soigne pas, avance Christèle Beaumier, élue déléguée à la Santé mentale. Mais une ville peut agir.

Elle peut prévenir, informer, ouvrir des espaces de parole, soutenir les associations, lutter contre les préjugés, créer du lien. Et surtout, elle peut contribuer à ce que personne ne reste seul face à sa souffrance."

Cette troisième édition prend donc une résonance particulière. Après avoir été déclarée Grande Cause Nationale en 2025, la santé mentale le demeure en 2026. Et à Saint-Denis, la ville fait le choix d’aller plus loin :
pour cette nouvelle mandature, la santé mentale devient une délégation à part entière et une priorité de l’action municipale.

- Retrouvez le village Art’Psy avec une trentaine de partenaires - 

À travers son Contrat Local de Santé, ses actions de prévention, le sport-santé, la culture, la prévention des addictions, l’accompagnement des personnes vulnérables et son soutien aux associations, la Ville entend prendre sa part, aux côtés de celles et ceux qui soignent, accompagnent et vivent ces réalités.

Le samedi 3 octobre, cette volonté prendra corps au Barachois. Dès 9h, le village Art’Psy réunira une trentaine de partenaires autour d’ateliers, d’expositions et de temps d’échange. À 13h15, les pas remplaceront les mots avec la grande marche pour la santé mentale : un temps pour être vu, faire entendre les réalités vécues et rappeler qu’une personne ne se résume jamais à un diagnostic. À 15h, Tine Poppy, marraine de cette édition, prendra le relais en musique avant la Fête de l’Unité Dionysienne.

La Mad Pride ne sera qu’un début. Les 6 et 8 octobre, la parole s’ouvrira aux plus jeunes à Château Morange, avec deux journées consacrées aux élèves de CM2. Puis, le 14 octobre, RÉZONANS réunira à la Cité des Arts habitant.es, professionnels, associations et artistes autour d’une même idée : la santé mentale peut aussi se raconter avec nos mots, nos corps, notre culture et notre identité réunionnaise.

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