[Photos-Vidéos] Florilèges 2026 au Tampon : un moment attendu par toute la filière horticole

  • Publié le 10 octobre 2026 à 09:05
florileges 2026

La 42 e édition des Florilèges a ouvert ses portes ce vendredi 9 octobre 2026. Sur les stands qui sont installés dans le parc Jean de Cambiaire, des rosiers hauts de plus d'un mètre cinquante, des hibiscus fleuris, des plantes aromatiques, des orchidées et des plantes endémiques. Les Florilèges 2026 offrent une visibilité à la filière horticole qui, concurrencée par les importations et des prix jugés bien trop bas parfois pratiqués par certains commerçants, se retrouve en difficultés. (Photo : Stephan Laï-Yu/www.imazpress.com)

Pendant dix jours, le centre-ville accueillera concerts, spectacles, humour, danse, ateliers, expositions et animations pour tous les publics. Mais le cœur de la manifestation reste l'horticulture. 

À La Réunion, il est possible de cultiver des oliviers pour en obtenir des fruits. C’est ce que les clients pourront découvrir sur le stand de Sam Anna Rose dans l’allée principale des Florilèges dès aujourd’hui. 

- "Nous, on est 100 % local, on ne fait pas d’importation" lance Annabelle Leperlier, horticultrice - 

À la veille de l'ouverture au public, Annabelle Leperlier s’activait encore à la préparation de son stand, elle posait un à un les rosiers sous les deux chapiteaux blancs qui lui sont réservés. Au total elle aura un espace de 32 m² et ils seront trois tout le long des Florilèges à gérer l’agencement des fleurs et la clientèle.

Annabelle Leperlier a l’habitude des marchés et de la relation client, cela s’entend, c’est tout sourire qu’elle lance : "C’est la deuxième fois qu’on participe, ça nous fait connaître. Nous, on est 100 % local, on ne fait pas d’importation. On vient ici principalement pour nous faire connaître. Notre spécialité, ce sont les oliviers, on va ramener un olivier à fruits demain, des olives que l'on peut consommer après préparation." 

Annabelle Leperlier  le dit en souriant : "Les Florilèges, cela m'apporte de l'argent, des revenus déjà et de la visibilité".

Mais avant de voir le résultat des ventes, il faut d’abord avancer des frais, des déplacements depuis sa pépinière des Avirons, et le paiement de son emplacement. "2.176 euros le prix pour 32 m² et pour dix jours", dit-elle.

"Je suis très précise, car l’emplacement représente un vrai coût. Nous avons fait Festiplantes par exemple en septembre, nous avions payé 300 euros pour 5 jours et pour 80 m² d’espace", une différence qui se fait sentir dans les revenus engendrés lors de cet autre événement dédié à l’horticulture. Malgré tout, le couple Leperlier a hâte de rencontrer les premiers clients. 

Un peu plus loin, un stand propose des plantes endémiques, c'est la seule période de l'année où les particuliers peuvent accéder à ce vendeur-là, car le reste de l'année, comme d'autres horticulteurs, il ne vend presque exclusivement qu'aux professionnels, mais accueille également une clientèle de particuliers sur rendez-vous. Lors des Florilèges, 23 horticulteurs présentent le fruit de plusieurs mois de travail. C'est le cas de Jocelyn Céus. 

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- Des arbres endémiques "rares et recherchés", disponibles sur les Florilèges - 

Jocelyn Céus, est chef d'exploitation de la Pépinière Céus. Il est spécialisé dans la production des espèces indigènes et endémiques de la Réunion. Il importe également des jeunes plants de quelques plantes exotiques de collection non envahissante.

Comme Annabelle Leperlier, il assure que Les Florilèges lui offrent d'abord la possibilité de créer du lien avec de nouveaux clients : "C'est une vitrine surtout, ça permet de nous faire connaître et là de rencontrer vraiment un maximum de personnes sur un laps de temps réduit. On espère aussi faire aussi un maximum de ventes, et d'écouler ainsi un peu nos stocks de l'année." Regardez.

Pour lui, pas question d'embaucher pour la période, il n'en a pas les moyens et être présents 10 jours au Tampon cela se prépare : "Avoir un stand sur les Floriléges, cela a un coût quand même, parce que l'emplacement nous revient à quasiment 2.000 euros pour 3 chapiteaux, donc il faut arriver à vendre de la plante pour pouvoir rentrer dans ces frais."

Le chef d'exploitation continue : "C'est toujours un peu la crainte quand on commence, on se dit est-ce que ça va marcher, est-ce qu'on refait cette année, est-ce que ça en vaut le coup, donc on a toujours une certaine hésitation de se dire est-ce qu'on y va ou pas. Pour l'instant sur ces 4 ans-là, j'en suis assez satisfait, donc je continue et j'espère que ça va continuer comme ça les années futures".

Il ajoute : "Les ventes que nous faisons ici représentent peut-être un 10% de ce qu'on fait à l'année." 

De ce que les collègues lui racontent, Jocelyn Céus insiste : "C'est vrai que les ventes sont en nette diminution. Maintenant les gens vont prioriser le logement, la nourriture mais il y a quand même un engouement pour les végétaux qui est bien présent donc on essaye de faire maintenir cet engouement-là en proposant une certaine diversité mais ça devient compliqué. Actuellement, ce n'est plus la priorité du particulier d'acheter du végétal". 

Patricia Ah Hoi, référente de l'Union des pépiniéristes de la Réunion, UHPR. Elle explique que face aux choix de l'achat d'une plante ou non, certains consommateurs limitent désormais leur dépense : "Depuis l’après-covid, il y a eu un regain d'intérêt pour les plantes, depuis, les ventes chutent, on n'arrive pas à expliquer pourquoi. Est-ce une question de pouvoir d’achat ? Mais les Réunionnais achètent de moins en moins de plantes, pas seulement en termes d’horticulture environnementale, mais de maraîchage aussi. Le contexte n’est pas très réjouissant mais on travaille au quotidien avec des personnes qui sont passionnées."

"Ce que les gens ne voient pas souvent, c'est tout le soin apporté aux plantes et tout le temps que l'horticulteur y passe. Puis, quand il y a une maladie ou un ravageur, qui mange toutes les plantes ou feuilles, on ne voit pas le désespoir de l’horticulteur qui doit alors jeter toutes ses plans".

- "C'est une filière vieillissante, et on n'a pas assez donné aux jeunes l’envie de reprendre la filière" - 

Karen Robert, est horticultrice à La plaine des Cafres, elle est également élue à la Chambre d'agriculture, elle raconte : "Dans la filière horticole, on est comme tout le monde, soumis à l’augmentation des tarifs des intrants par exemple. C'est une filière à forte valeur ajoutée, mais qui demande un fort accompagnement car les indépendants sont un peu livrés à eux-mêmes, c'est un peu la mission qu’on s'est donnée à la Chambre d’agriculture, pour redynamiser la filière. C'est en phase de construction".

"On n'a pas assez donné aux jeunes l’envie de reprendre la filière". Parmi les difficultés que rencontrent les horticulteurs, d'une filière jugée "vieillissante" : "On est soumis aux aléas climatiques, il y a des aides mises en place mais qui n’ont pas été demandées, les horticulteurs sont peut-être découragés par le système car c'est énormément d’investissement, le projet prend du temps à voir le jour, et quand les investissements sont là, il faut attendre que les aides soient versées, que ce soit des aides régionales ou nationales".

Elle insiste : "La complexité administrative freine énormément le monde agricole. Mais il ne faut pas que les agriculteurs soient découragés, il y a des aides prévues, il faut les demander."

Sur les Florilèges, Karen Robert indique que la Chambre verte est partenaire avec la ville du Tampon : "C'est un moment attendu pour la filière horticole, c'est une véritable opportunité pour mettre en avant un travail de longue haleine du monde agricole".

Cette année, 23 horticulteurs ont demandé un emplacement à la ville du Tampon, ils les ont tous obtenus, Karen Robert indique cependant : "Il y a quand même une volonté du monde agricole de remodeler cet événement pour voir le parc Jean de Cambiaire rempli d’horticulteurs, car pour le moment ils sont mélangés avec l'artisanat.

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- Six mois d'organisation : "C’est un travail d’équipe avant tout", nous explique Gladys Pothin - 

Cette année encore, les Florilèges mobilisent 260 personnes qui travaillent dans l’organisation : entre les régisseurs, les contrôleurs, les consignes, les agents en charge du nettoyage, la maintenance logistique, la sonorisation, plusieurs services sont mobilisés, c'est toute la collectivité qui est concernée. "C’est un travail d’équipe avant tout", nous explique Gladys Pothin, responsable événementiel de la ville.

"Ça nous prend facilement 6 mois de préparation, c'est une grosse manifestation, puis on enchaîne la préparation de Miel vert. Gérer les inscriptions, et adapter aux souhaits des nouvelles mandatures avec des challenges aussi, c'est plutôt plaisant comme travail" ajoute Gladys Pothin.

À titre d'exemple, quelques changements que les visiteurs pourront voir à partir de ce vendredi 9 octobre 2026 : "On a changé la configuration du parc, centre-ville et SIR 400. Au niveau du centre-ville, il y a des espaces de fraîcheur, parc floral, mise en place de 4 espaces thèmes. Il y aura aussi plus d’ateliers pour le grand public".

"Quelqu’un qui rentre dans le parc ressort forcément avec quelque chose, et surtout il se restaure. Ils ont des prix du producteur au consommateur" lance Gladys Pothin. Voici ce qu'il est possible de trouver sur place. Regardez.

Les Florilèges occupent une place particulière dans la vie des Tamponnais : "Nous sommes réputés pour être une ville fleurie avec notamment un parc des palmiers, deux pépinières communales qui fleurissent les écoles et les espaces de la ville. On a des collègues qui font un super travail et je les remercie".

- Se diversifier pour survivre - 

L'Union des horticulteurs de La Réunion affirme que pour maintenir leur activités, les professionnels de la filière doivent désormais se diversifier : "Pour tenir, les horticulteurs envisagent de se diversifier quand c'est possible, de mettre en place des vergers par exemple, et de faire du maraîchage. D'autres vont adapter leur moyen de communication ou se mettre à la livraison. Avant, une exploitation pouvait vivre uniquement de cette filière, aujourd'hui, ce n’est plus vraiment le cas, depuis l’arrivée des orchidées, phalaenopsis, à petit prix et maintenant des Anthuriums".

Une chute des prix qui a déstabilisé la filière, il est par exemple possible, chez certains vendeurs de trouver des pots d'anthurium de 14 centimètres à moins de 4 euros, des tout petits prix qui font trembler toute une profession.  

"Les Réunionnais se sont habitués à acheter à bas prix alors que ces prix ne sont pas forcément justifiés, ça impacte aussi la filière des fleurs coupées. C’est un peu ce qu’on entend aussi sur la vanne à sucre, les agriculteurs doivent se diversifier et ne pas rester seulement sur la canne à sucre, il y a une tendance au changement et à la diversification dans le monde de l'agriculture" explique Patrichia Ah Hoi.

À lire aussi : Le Tampon : toutes les informations pratiques pour profiter des Florilèges

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1 Commentaires
Dis bana voleurs y veut revenir
Dis bana voleurs y veut revenir
2 heures

Très belle fete avec ENFIN un vrai maire.