Si l'Etat ne met pas la main à la poche, La Réunion n'ira pas aux Jeux des Îles

  • Publié le 15 septembre 2026 à 06:08
jeux des iles

La Réunion pourrait ne pas participer aux prochains Jeux des îles qui vont se tenir aux Comores du 10 au 19 août 2027. Outre les doutes qui existent sur l'hébergement, c'est surtout un manque de financement qui pourrait remettre en question la participation de la délégation de La Réunion (Photo d'illustration Richard Bouhet/www.iprenion.com)

La venue de La Réunion aux prochains Jeux des îles ne se présente pas sous les meilleurs auspices. La délégation locale risque de rencontrer plusieurs obstacles sur son chemin selon Johan Guillou, président du Comité Régional Olympique et Sportif (CROS) de La Réunion. Une réflexion qu'il avait déjà engagée depuis l'année dernière sans toutefois indiquer de décision formelle de se retirer de la compétition.

Il s'interroge notamment sur le niveau de préparation des Comores qui vont accueillir cet évènement sportif en août prochain. Dans le cadre de ces Jeux des Iles de l'Océan Indien (JIOI), l'archipel comorien a entrepris de grands chantiers. Tant pour les équipements sportifs qu'au niveau de l'hébergement des athlètes.

Sur le premier point, Johan Guillou, venu visiter les infrastructures en avril dernier, ne semble pas inquiet. "Le stade qui doit accueillir la cérémonie d'ouverture sera prêt. On a aussi constaté de grosses avancées pour la piscine et le grand gymnase. Ils organisent le travail en roulement non-stop pour que tout soit opérationnel."

- Un budget trop limité pour couvrir les frais de la délégation de La Réunion -

Toutefois, le dirigeant se montre moins confiant sur l'avancée des travaux pour les hébergements. Un village des Jeux doit encore sortir de terre pour loger l'ensemble des délégations. "Nous sommes à dix mois des Jeux et seules les fondations ont été construites. Il reste encore 200 villas à réaliser." Des villas vers lesquelles il faudra aussi faire installer les réseaux d'eau et d'électricité.

Autre point d'achoppement sur lequel il s'interroge, celui des installations sanitaires. "Nous avons visité un hôpital en avril, il est flambant neuf. Mais pour l'instant, il n'y avait pas de matériel médical ou de soignants. On nous a dit qu'en décembre, ça devrait être réglé." Un sujet est loin d'être anodin pour la délégation qui anticipe des risques de blessure ou de maladies sur place.

Mais, au-delà même des problématiques qui concernent l'organisation comorienne, la principale crainte de Johan Guillou réside dans le financement de sa propre délégation. "Nous avons chiffré le budget pour notre déplacement à 1,3 million d'euros. Et pour l'instant, le compte n'y est pas." Ce budget comprend les billets d'avion pour les 500 athlètes réunionnais, pour un montant de 650.000 euros. Mais également l'équipement des sportifs, les médicaments et le matériel. Sur ce point Johan Guillou se montre très précis et annonce qu'il ne fera pas de "tri" entre ses athlètes en fonction des contraintes budgétaires. "Pour moi, les choses sont claires. Soit on y va tous, soit on n'y va pas du tout."

- Un appui financier inexistant de l'Etat pour les déplacement des athlètes de La Réunion -

Pour l'heure, le Cros peut compter sur l'appui financier de la Région et du Département. Mais pas sur celui de l'Etat. "Les deux collectivités ont joué le jeu et se sont engagées. Même si elles ont réduit leur subvention. Mais pour l'instant nous n'avons pas de retour de la part de l'Etat du côté de Paris."

Si Johan Guillou doit rencontrer des représentants du ministère des sports en octobre, il se montre encore très réservé sur la future participation des sportifs de La Réunion aux JIOI. "Si on n'a pas l'argent, on ne pourra pas y aller. Et c'est certain que les dotations ont diminué par rapport à 2023. Si on n'arrive pas à convaincre l'Etat de nous aider, ça va remettre en question notre participation."

D'une manière plus large, le président du CROS s'interroge aussi sur la pérennité des Jeux des Iles dans un avenir proche. "Si on continue sur cette pente économique, il nous sera difficile de trouver des financements pour se déplacer ou pour construire des infrastructures. En France, on a plus de sous alors est-ce qu'on peut se permettre de financer ce type d'évènement sportif ?"

- Une volonté de réinventer les Jeux des îles -

Une question qui se pose aussi aux autres nations qui participent aux JIOI. Déjà en 2023, Madagascar avait peiné à concrétiser ses Jeux. Une manifestation sportive qui n'avait d'ailleurs pas été exempte de couacs, de polémiques et même de drames avec le mouvement de foule fatal lors de la cérémonie d'ouverture. Une bousculade qui avait fait treize morts et une centaine de blessés à Tananarive. Posant par la même des questions sur la capacité d'un pays en développement à gérer un évènement d'une telle ampleur.

Pour rappel, une autre polémique avait déjà marqué les esprits lors des Jeux en 2015, lorsque la délégation comorienne avait quitté La Réunion, territoire hôte, juste après la cérémonie d'ouverture. En cause, le défilé des athlètes mahorais derrière le drapeau français. Alors que, selon la charte et le règlement intérieur, ces derniers doivent défiler sous pavillon neutre.

Très inquiet pour la participation de La Réunion, Johan Guillou veut toutefois se montrer pragmatique. Et imagine la possibilité de mener des grands rendez-vous sportifs de manière moins coûteuse et plus réalisable. "Il faut inventer une autre manière de faire les Jeux des Iles. Ou, alors, il faut créer de jeux de l'outre-mer qui seraient plus faciles à organiser."

Des propositions qui, pour l'instant, sont posées sur la table mais qui pourraient prochainement initier des changements concrets dans le mouvement sportif de La Réunion. Et, peut-être, faire rentrer cette formule actuelle des JIOI dans les pages d'histoire.

fb/www.ipreunion.com / [email protected]

guest
2 Commentaires
Tijac
Tijac
1 heure

Ah oui tien cest une bonne ça les retraités..... lol
La France diminue partout les subventions et les aides. Bon nombre d'associations ont mis la clé sous la porte. Arrêtons de faire le beau ....

Gilles
Gilles
1 heure

Demandez aux retraités de payer vos voyages !