Le démantèlement d’un réseau de trafic de stupéfiants entre Saint-Denis et Le Port, ayant conduit à la saisie de près d’un demi-million d’euros et à plusieurs gardes à vue, rappelle que le trafic de stupéfiants s'aggrave d'année en année à La Réunion. Saisies importantes d’argent liquide, interpellations multiples, organisation structurée : les forces de l'ordre font face à un "réseau très élevé en termes de narcobanditisme" (Photo Stephan Laï-Yu/www.imazpress.com)
Pour Laurent Chavanne, directeur territorial de la Police nationale à La Réunion, ces affaires permettent d’éclairer une réalité plus large. "Un tsunami, c’est très fort. On n’est pas sur un tsunami. En revanche, il y a une vraie menace", estime-t-il.
30 enquêteurs sont consacrés à la lutte contre le trafic de stupéfiants à La Réunion. "On est face à un réseau très élevé en termes de narcobanditisme", souligne Laurent Chavanne. "Les trafiquants vont faire un ratio entre le coût, les risques et les avantages."
Ces affaires ont désormais systématiquement un volet sur le blanchissement d'argent. "Nous avons le Groupe interministériel de recherche dont le trafic de stupéfiants est une priorité. En 2025, 24 opérations de saisies ont été réalisées, 73 personnes ont été mises en causes, et près de 5 millions d'euros ont été saisis", précise le directeur de la police.
La Réunion n’est pas une plaque tournante du narcotrafic, comme cela a pu être parfois évoqué, mais elle s’inscrit désormais dans des circuits bien identifiés. "On est face à une menace de plus en plus importante. Les trafiquants sont particulièrement intéressés car les stupéfiants sont vendus beaucoup plus chers, que ce soit au gramme ou des quantités plus importantes", explique Laurent Chavanne.
Située au carrefour de plusieurs routes maritimes et aériennes, l’île attire certains réseaux criminels. Les flux proviennent de l'Hexagone, de l’océan Indien et désormais de nouvelles zones, notamment en Asie.
L’apparition récente d’une route de cannabis en provenance de Thaïlande en est une illustration. "C’était une route qui jusque-là n’avait pas été découverte", explique Laurent Chavanne.
Cette capacité d’adaptation est au cœur du problème. "C’est une technique pour eux afin d’être plus efficaces pour introduire les produits", affirme-t-il.
- Une transformation des modes de consommation -
Cette évolution concerne aussi les usagers. Pour le Dr David Mété, responsable du service d'addictologie du CHU Nord, la situation a profondément changé ces dernières années. "Nous prenons en charge de plus en plus de patients pour des troubles liés à l’usage de la cocaïne, que ce soit par voie nasale ou fumée", rappelle-t-il.
Là où ces cas étaient auparavant rares, ils sont devenus quotidiens. "Nous avons en permanence des personnes hospitalisées pour cette problématique. Avant, c’était exceptionnel", déplore l'addictologue.
La cocaïne entraîne des formes d’addiction particulièrement sévères. Le médecin décrit des effets multiples : troubles du comportement, états dépressifs, prises de risques accrues.
Les conséquences sociales sont également marquées : "On a des personnes qui vont avoir des conséquences financières majeures avec des dettes", explique-t-il.
L’évolution est particulièrement visible à travers les volumes saisis et les prises en charge médicales. "Aujourd’hui, en une semaine, on saisit ce qu’on avait saisissait avec en un an", rappelle le Dr Mété.
Dans les services d’addictologie, la progression est tout aussi nette. "On était autour de 1% de nos patients pris en charge pour une addiction à la cocaïne, aujourd’hui on est à 3 %. Ça peut paraître faible, mais c’est énorme en réalité", souligne-t-il.
- Une inquiétude face à un phénomène global -
Pour les professionnels de santé, La Réunion n’échappe pas à une tendance internationale. "Nous sommes particulièrement inquiets", insiste le Dr Mété. "Quand on voit la situation aux Antilles avec le niveau de criminalité, on est préoccupé par le risque de troubles sociaux."
Une inquiétude qui rejoint celle des forces de l’ordre, même si la violence reste pour l’instant contenue. "Nous n’en sommes pas à ce point-là", assure Laurent Chavanne. Mais la crainte d’une évolution existe.
Face à cette situation, la réponse s’organise à plusieurs niveaux. Sur le plan sécuritaire, la stratégie s'articule autour de : démanteler les réseaux et freiner les flux. "C’est un combat permanent", affirme Laurent Chavanne.
Mais pour le Dr Mété, la réponse ne peut être uniquement répressive. "Elle est nécessaire, on est sur un niveau de trafic avec des ramifications importantes. C’est normal que l’État fasse son travail", dit-il. Cependant, il insiste, "à côté, il faut intensifier les actions de prévention".
Des initiatives sont déjà en cours, notamment avec l’Agence régionale de santé. Une mobilisation plus large devrait également être annoncée.
- Un système de santé sous tension -
Cette montée en puissance des addictions intervient dans un contexte hospitalier fragile. Le service d’addictologie fait face à des moyens limités. "Nous avons de petites capacités. On a dû restreindre certaines prises en charge, notamment en hôpital de jour", regrette le Dr David Mété.
"On estime qu’environ 20 % des personnes souffrant d’addiction sont prises en charge", précise-t-il.
Le manque de personnel médical est un frein majeur. "Les ressources sont limitées. Pas plus tard qu’il y a trois semaines, on a essayé de me supprimer des moyens médicaux", dénonce-t-il. Mais malgré ces contraintes, La Réunion reste relativement bien dotée par rapport à d’autres territoires.
"Le préfet prévoit dans les mois qui viennent une mobilisation de l’ensemble de la population", conclut le Dr David Mété.
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Trafic de stupéfiants : un réseau "élevé" de narcobanditisme s'installe à La Réunion
Pas mal votre titre tout est dans les messages véhiculés - Vous faites preuve d'imagination je trouve.
"Ils s'installent" CAP SOLEIL comme diraient certains - combien de vies gâchées par ces criminels que l'on traite comme des touristes qui s'installent.
Les autorités voient que ce qu’ils ont envie de voir….
Il n’y a pas besoin d’avoir fait LENA pour comprendre que le train de vie de certaines personnes n’est pas cohérent dans certains secteurs d’activité
vous avez parfaitement raison - Ils sont au courant et complices -
Le FISC les MAGISTRATS , les FORCES de l'ORDRE et un grand nombre de POLITIQUES -
dont certains sont tombés aux dernières élections municipales
@ Mi dit ça mi dit rien:
Entièrement de votre avis....
Il suffit de regarder le nombre de voitures de luxe, cartographie modifiée, au volant desquelles on voit des casquettes à l'envers, qui circulent sur notre réseau routier.
Sur toute l'île.
Avec quels moyens se les sont-ils payés?
Et par quel moyen de paiement?
Je ne serais pas surpris que certains des concessionnaires de l'île ne soient pas des "blanchisseurs", acceptant l'inacceptable, le liquide, juste pour faire tourner leur business.
A cela ajoutons les marginaux qui ont sauté la mer, associons les aux autres métros "nouvelle vague" en fourgon (ceux qui chient dans le lagon ou bien partout où ils se trouvent), sans oublier nos petits coqs péï, tous excités comme des guêpes, dont on devine l'agressivité, ou, tout du moins, le speed dont ils font preuve.
Et leur arrogance, leur impolitesse, faisant qu'on en arrive à entendre, y compris chez des jeunes, qu'ils commencent à ne pas supporter ces nouveaux venus...
Mais, derrière tout cela, il y a un manque de moyens patent au niveau des portes d'entrée de la Réunion, port+++ et aéroport idem.
Nous avons aussi nos mules péï......
Et les communications depuis la prison, qui permettent à ces crapules d'être à l'abri, tout en confiant à de petites mains, le sale travail quitte à finir à l'ombre.
Et, me semble-t'il, si le Préfet décidait d'aller visiter les boites de nuit, les concerts, les backstages, les festivals, accompagné des chiens et de forces de l'ordre idoines, on aurait des surprises.
Comme je ne veux oublier personne, la "jet set" péï elle aussi, dans tous les domaines, est concernée...
Le pire étant quand même la violence que ces trafics génèrent.
On se croirait aux Antilles...
L'article pourrait nous dire si ce sont des réseaux "péi" ou importés? Des gens du 9-3 par exemple, qui courent moins de risques ( pour l'instant) de recevoir ici une rafale de kalach.C'est grave pour lA RÉUNION et comme il y a un marché, il y a des fournisseurs.
Pendant la révolution ouvrière de 1917, les ouvriers bolcheviks défonçaient à coup de massues les tonneaux de vodka et d'alcools, car ils voulaient que les travailleurs mènent consciemment et jusqu'au bout la lutte pour une nouvelle société, débarrassée de l''exploitation de toutes les tares de l'ancienne société.
Eh bien , les travailleurs et tous ceux qui ont en plus qu'assez de l'actuelle société capitaliste avec tout ce qu'elle charrie : guerres, chômage, misère, prostitution, racismes en tous genres, devront dans leur futur assaut contre celle-ci démolir toutes ces usines de mort que constituent partout dans le monde les productions de stupéfiants !
Bravo DIDIER - tout sera démoli - Le grand reset
Ne vous inquietez pas c est juste tres grave, pas un tsunami, quelle rethorique.