Surpopulation carcĂ©rale : Darmanin veut interdire les matelas au sol dans les prisons

  • PubliĂ© le 13 janvier 2026 Ă  09:55
prisons Domenjod

Gérald Darmanin ne veut plus de matelas au sol pour pallier l'absence de place dans les prisons françaises. Le ministre de la Justice dit vouloir vaincre la surpopulation carcérale - plaie du système pénitentiaire français -, notamment en construisant des prisons mais en écartant toute régulation du nombre de détenus. Il entend "inscrire dans le projet de loi" qu’il compte rapidement présenter au Parlement "une trajectoire nationale de maîtrise de la population carcérale", écrit-il dans une lettre aux syndicats de son ministère dont l’AFP a obtenu copie (Photo rb/www.imazpress.com)

À La Réunion, les établissements dépassent largement leurs capacités d'accueil de détenus. Le centre pénitentiaire de Domenjod, à Saint-Denis, abrite 950 détenus pour 575 places, soit une densité de 232%.

Le quartier femme du centre pénitentiaire de Saint-Denis compte 67 détenues pour 28 places, soit 5 ou 6 détenues par cellule. "Les femmes passent la journée assise sur leur lit. Elles y dorment, elles y mangent et lorsqu'elles doivent aller aux toilettes ou prendre une douche elles doivent enjamber leurs co-détenues. L'hygiène est catastrophique" témoignait une surveillante précédemment.

À la maison d’arrêt de Saint-Pierre, 203 personnes sont incarcérées pour 110 places (131 %).

Une surpopulation carcérale qui "bat tous les records", s'inquiète l'Ufap Unsa Justice.

Lire aussi : Outre-mer : les prisons à bout de souffle, le système carcéral au bord de la rupture

- Objectif : zéro matelas au sol -

Pour pallier ce manque de places, le ministre de la Justice Gérald Darmanin a assuré de sa volonté de vaincre la surpopulation carcérale, plaie du système pénitentiaire français, notamment en construisant des prisons mais en écartant toute régulation du nombre de détenus.

Le premier objectif de Gérald Darmanin est de proscrire "la présence de matelas au sol" des cellules dans un délai de 18 mois après la promulgation de la loi. "À terme", il s’agirait de fixer "un seuil maximum propre" d’occupation des prisons qui pourrait "s’articuler autour de taux successifs de 150 % en 2030 puis 130 % en 2032", avec un accent particulier pour les maisons d’arrêt.

Toutefois, il n’est pas question de mettre en place un dispositif de régulation de la population carcérale tel que l’ont mis en place plusieurs pays européens comme l’Allemagne, auquel Gérald Darmanin est hostile. Ce dispositif prévoit, par décision administrative automatique, de limiter les entrées ou de faciliter les sorties pour éviter une surpopulation.

"Les sorties de prison ne peuvent plus être dictées par des raisons étrangères à la décision judiciaire, ni résulter de mécanismes subis, automatiques ou purement gestionnaires", écrit le garde des Sceaux.

- À La Réunion, une prison en préfabriqué au Port pour 2027 -

Lors de sa venue, le patron des prisons françaises a confirmé la création d'une prison en préfabriqué de 50 places.

Le communiqué du ministère de la Justice précise que ces établissements, "livrables en 18 mois contre 7 ans pour des établissements classiques et pour un coût divisé par deux (200.000 euros la place contre 400.000 euros pour des prisons classiques), garantissent les mêmes standards de solidité (construction en béton armé) et de fonctionnement à l’usage que les constructions classiques".

En revanche, aucune annonce n’a été faite concernant la réhabilitation de la prison de Saint-Pierre, pourtant jugée vétuste par la contrôleure générale des prisons, ni sur la création d’une unité psychiatrique tant attendue. "Nous allons engager la discussion avec le ministère de la Santé", s'était limité à indiquer Sébastien Cauwel.

Des places en plus certes, mais toujours des effectifs en moins. 45 surveillants manquent à l'appel à La Réunion. 

En déplacement officiel sur l’île, l’administrateur national des prisons Sébastien Cauwel a annoncé la création de 36 postes dédiés à la sécurité pénitentiaire dans les trois établissements réunionnais d’ici deux ans. Vingt-cinq postes seront ouverts dès 2026 et onze autres suivront dans les deux ans. Ces agents seront spécialisés dans la sécurisation des établissements, les extractions médicales et la surveillance périmétrique.

La répartition est déjà connue : 17 postes à Saint-Denis (Domenjod), 16 au Port et 7 à Saint-Pierre.

Une enveloppe de deux millions d’euros accompagnera ces mesures afin d’améliorer les conditions de travail des surveillants et de renforcer la sécurité des établissements. 

www.imazpress.com avec AFP/[email protected]

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4 Commentaires
aaa
aaa
3 heures

met a zot en couple, dors Ă  2 dans le lit :-))

JOJO
JOJO
4 heures

Le rédacteur de l’article, pourrait- il nous expliquer son calcul des pourcentages des densités des populations carcérales réunionnaises ?
Merci !!

Citoyenne
Citoyenne
5 heures

Et les matelas au sol pcq on a des logements trop petits, on s'en préoccupe. On s en fout des prisons. Les mecs ont m..., c est leur problème..on va pas nn plus pleurer sur leur sort.

Petit
Petit
21 heures

Déclaration d'intention.
Propagande électorale.

Surtout pas lui comme president. Il est pire que Sarko.