Mars 1986 : il y a 40 ans, la lave sortait de l'enclos, traversait la route, brûlait huit maisons, se jetait dans l'océan et agrandissait La Réunion

  • Publié le 19 mars 2026 à 14:30
  • Actualisé le 19 mars 2026 à 14:34
Volcan

Le 19 mars 1986, il y a de cela tout juste 40 ans, le Piton de la Fournaise entrait en éruption. La lave sortira ensuite de l'enclos et emportera huit maisons sur son passage. Le 19 mars 1946, il y a tout juste 80 ans, les quatre vieilles colonies, La Réunion, la Martinique, la Guadeloupe et la Guyane, devenaient officiellement département français, grâce à l’action des Réunionnais, Raymond Vergès et Léon de Lépervanche et du Martiniquais Aimé Césaire. C'est par une éruption qui a commencé le 13 février et qui est sortie de l'enclos le 13 mars que l'Histoire a décidé de célébrer ces deux anniversaires (Photo Richard Bouhet/www.imazpress.com)

Le 20 mars 1986, un jour après le début de l'éruption, une nouvelle fissure de 700 mètres de long s'ouvre en dehors de l’enclos Fouqué. La lave se sépare immédiatement en deux coulées.

Le premier bras emprunte la ravine des Citrons Galets. Il coupe la route nationale 2 (RN2) et s'immobilise à 200 mètres de la mer.

Le second bras fonce vers la Ravine Takamaka du côté de Saint-Philippe. Elle coupe la RN2 sur 150 mètres vers 17h et se jette dans l'océan Indien, juste au sud de la pointe du Tremblet, relate fournaise.info.

- Des maisons et des écoles détruites, des animaux abattus -

C'est en force que la coulée se fraye un passage vers l'océan. Entre le 20 mars et le 23 mars 1986, huit maisons, sept écoles, des commerces et plusieurs exploitations agricoles sont détruites par le feu liquide. 1.500 personnes résidant dans la zone sont impactées. 

"Les gendarmes devront abattre au fusil des animaux pris au piège des coulée de lave et sans issue de survie possible", se remémore une journaliste, alors en poste à Témoignages, le journal du parti communiste réunionnais, aujourd'hui disponible uniquement en ligne.

Et parce que le volcan fait parfois prendre tous les risques à ses admirateurs, "l'un de mes collègues journaliste s'était précipité sur le site où les maisons étaient en train de brûler le 23 mars, sans prendre le temps de se chausser correctement. Il était allé sur les lieux en savate deux doigts. Brûlé, il avait dû être évacué et hospitalisé, la plante des pieds profondément abîmée".

Des risques pris par les admirateurs, toujours d'actualité en 2026, puisque sur les sentiers – officiellement interdits d'accès dans le secteur de la RN2 – se pressent des personnes en maillotde bain, en savate, des enfants en bas-âge et même des personnes en béquilles.

- En 1986, la Pointe de la Table s'agrandit de plusieurs hectares -

Le 23 mars 1986, les volcanologues français Maurice et Katia Krafft - à l'initiative de la création de l'Observatoire volcanologique du Piton de la Fournaise (OVPF) - alors présents sur l'île, remarquent une fissure au niveau de la RN2, indiquant la propagation du magma à quelques mètres sous terre.

La lave traverse ensuite la route et se jette et se jette dans l'océan. La rencontre du feu liquide et de l'océan agrandit La Réunion au niveau de Saint-Philippe en ajoutant plusieurs hectares à la Pointe de la Table, plateforme de sable noir crée par la coulée de lave de 1776.

Dans la nuit au 29 mars au 30 mars le sommet du Dolomieu s'effondre. Un cratère-puits de 150 mètres de diamètre et de 80 mètres de profondeur se crée. 

En cette période d'élections municipales, il est à noter que Wilfrid Bertile, aujourd'hui conseiller régional, à l'époque maire de Saint-Philippe, aura vécu la peur de perdre sa commune - du moins en partie -, au sens propre du terme. Plusieurs mois plus tard, il écrira un ouvrage sur cette éruption qui a marqué l'histoire de La Réunion.

L'éruption prendra fin le 5 avril. Il s'agissait de la deuxième éruption hors enclos du XXe siècle après celle de mars 1977 qui avait miraculeusement l'église de Piton Sainte-Rose.

Lire aussi - Piton de la Fournaise : la lave a traversé la route à sept reprises depuis 1977

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1 Commentaires
Belle époque
Belle époque
1 heure

Une belle époque : Melchior n'était pas au département. Et ça fonctionnait.