De septembre à décembre, La Réunion est particulièrement exposée au risque d'incendies en espaces naturels. Dans un contexte de baisse de sécheresse - et après les feux qui ont touché l'Hexagone - le préfet de La Réunion, Patrice Latron, et la présidente du conseil d’administration du Sdis974, Sophie Arzal ont présenté le dispositif déployé ainsi que les moyens mobilisés pour la saison, tel que le déploiement du Dash 8 à compter du mois d'octobre. Dans 9 cas sur 10, les incendies sont d’origine humaine. (Photo : Stephan Laï-Yu/www.imazpress.com)
"Il y a une vraie prise de conscience collective", assure le préfet. Regardez.
- Un dispositif renforcé pour anticiper et lutter contre les feux en espaces naturels -
Le SDIS de La Réunion (Service Départemental d'Incendie et de Secours de La Réunion), "avec le soutien financier du Département et de l'État, a réussi à acquérir un certain nombre de moyen", nous informe Bertrand Vidot, directeur départemental et chef de corps du SDIS 974.
Cette opération nationale, dénommée "pactes capacitaire feux de forêts", permet aux services d'incendie et de secours de bénéficier d'un cofinancement de l'État et des collectivités territoriales pour acquérir des capacités opérationnelles supplémentaires.
À La Réunion, ce pacte capacitaire a permis de financer :
- 6 camions citernes feux de forêt super d'une capacité de 13.000 litres
- 6 camions citernes feux de forêt d'une capacité de 4.000 litres
- 1 véhicule poste de commandement
- 12 véhicules légers tout-terrain
Soit un financement de 3,6 millions d'euros de l'État sur un investissement de 6 millions d'euros, pour ces véhicules livrés en 2025 et 2026. Écoutez.
- Le changement environnemental peut favoriser l'émergence des feux -
À La Réunion, le changement environnemental peut favoriser l'émergence et la survenue de davantage de feux. De septembre à décembre, La Réunion est particulièrement exposée au risque de feux en espaces naturels.
Des risques qui tiennent surtout à une sécheresse bien plus présente en 2026, avec un déficit pluviométrique de 45 % par rapport à l'année précédente.
Il n'est pas exclu de devoir faire face à des périodes de conditions très sèche de l'ordre de 7 à 10 jours consécutifs, notamment sous l'effet du vent.
Ce manque de ressources hydriques laisse la forêt dans une situation plus vulnérable. "Le végétal est desséché. Et, en cas d'incendie, la distillation de l'essence végétale que contiennent les arbres se produit plus rapidement", confiait à Imaz Press, le lieutenant-colonel Henri-Claude Pothin du Sdis.
- Les incendies marquants qui ont touché La Réunion -
On se souvient des épisodes de 1988 où 3.500 hectares du massif forestier des Hauts de l'Ouest ont été parcourus par les flammes.
Entre 2010 et 2011, Patrice Nirlo, le "pompier pyromane", avait ravagé près de 3.500 hectares de forêt en allumant plusieurs départs de feu au Maïdo. Un désastre écologique dans un site appartenant au Parc national de La Réunion qui avait donné lieu à une lourde condamnation pour son auteur.
Plus récemment, ce sont les incendies du Maïdo en 2020 qui ont marqué les esprits. Un homme qui campait dans la nature avait alors brûlé son papier toilette. Plus de 200 hectares étaient partis en fumée.
Des exemples qui montrent que l'île n'est pas à l'abri de feux massifs comme ceux qui affectent actuellement l'Hexagone.
- "9 feux sur 10 sont d'origine humaine" -
Bertrand Vidot rapporte que "9 feux sur 10 ont d’origine humaine : un barbecue mal maîtrisé, un feu de déchets verts ou encore un simple mégot peuvent suffire à provoquer un incendie et entraîner, en quelques minutes, des conséquences néfastes pour les milieux naturels et les populations. Écoutez.
Le mercredi 2 septembre 2026, deux feux de végétations ont pris dans un champ de canne à Saint-André et à Saint-Paul. À chaque fois des détritus ont été retrouvés à proximité. Dans l'est, 5.000 mètres carrés de terrain avaient brûlé.
Des recommandations sont à suivre pour éviter les départs de feux :
• débroussailler autour de son domicile,
• ne pas mettre le feu à ses déchets verts,
• ne pas jeter de mégot de cigarette en pleine nature,
• ne pas faire de barbecue à proximité de la végétation,
• utiliser les aires de pique-nique aménagées à cet effet
• et veiller à bien éteindre le barbecue.
Pour rappel, selon l'article R-163-2 du code forestier, "allumer un feu à moins de 200m d'un espace boisé est passible d'une amende de 135 euros.
"Tout incendie volontaire ou involontaire est passible de lourdes amendes et peines de prison."
Témoin d'un début d'incendie ? Il est recommandé de donner l'alerte en appelant le 112, le 18 ou le 114 (personnes malentendantes).
ma.m et cs/www.imazpress.com/[email protected]











