[Vidéo] Le tourisme génère des retombées économiques record à La Réunion en 2026

  • Publié le 7 septembre 2026 à 17:06
  • Actualisé le 7 septembre 2026 à 17:40
Aéroport Roland Garros

Le tourisme à La Réunion se porte bien. Ce lundi 7 septembre 2026, le Comité Réunionnais du Tourisme a livré les chiffres de fréquentation et de recettes du premier semestre. Avec 250,9 millions de recettes et 269.153 visiteurs, l'heure est à un optimisme raisonnable malgré des limites liées à la faible diversité des profils des touristes qui se rendent sur l'île et à un contexte international incertain. (Photo : Richard Bouhet/www.imazpress.com)

La demande touristique ne faiblit pas malgré un contexte international tendu et une augmentation du prix du kérosène avec le blocage du détroit d’Ormuz. Les avions sont pleins. Et la tendance semble positive pour le marché réunionnais.

"L'année 2026 est une année record pour La Réunion", affirme Patrick Lebreton, président du Comité Réunionnais du Tourisme (CRT). Une marque de satisfaction qui s'appuie essentiellement sur les chiffres des recettes au premier semestre de cette année. Avec 250,9 millions d'euros générés par les acteurs touristiques locaux, on assiste à une progression de 9,5 % par rapport à cette même période en 2025. Regardez

Une demande qui a pu être portée par la progression de la destination Réunion auprès des publics européens, avec une augmentation globale de 4 %, notamment en Allemagne (+13 %) et en Belgique (+10 %). Autre dynamique positive, les séjours dits d'agrément, soit ceux identifiés comme étant liés aux loisirs ou à la découverte sans que les visiteurs aient de liens particuliers avec l'île, se développent de 17 %.

- Le tourisme pèse un poids majeur dans l'économie de La Réunion -

De quoi soutenir l'économie réunionnaise dans son ensemble. Puisque le secteur touristique a représenté, en 2025, l'équivalent de 484 millions d'euros. Par ailleurs, ce sont 13 550 professionnels qui sont embauchés dans des activités qui y sont liées. "Le tourisme correspond à 3,3 % de la valeur de l'économie réunionnaise. C'est un levier de développement majeur pour le territoire", note le président du CRT.

Toutefois, il faudra veiller à ce que ce levier ne se grippe pas. Car en observant plus en détail les chiffres, ce tableau positif du début d'année 2026 reste à nuancer. Déjà, car le nombre de visiteurs est en recul par rapport à l'année dernière. Début 2026, 269 153 touristes sont venus de l'extérieur. Un nombre en recul de 1,1 % par rapport à la même période en 2025.

Par ailleurs, la dépendance au marché de l'Hexagone reste flagrante. Et pourrait constituer un renforcement d'un écosystème touristique. Ainsi, comme en 2025, 83,6 % des touristes arrivent très majoritairement de France.

- Manque de desserte aérienne vers La Réunion -

Ce manque de diversification dans les pays européens tentés par la destination Réunion est identifié dans la stratégie des décideurs locaux depuis plusieurs années. "On voudrait renforcer notre présence en Europe. En accompagnant les tours opérateurs et en conquérant des marchés européens comme l'Allemagne, la Belgique et la Suisse." À terme, l'idée serait aussi de mieux se positionner sur des marchés régionaux comme l'Afrique du Sud.

Toutefois, cette ambition volontariste se heurte à une réalité. Celle du manque de liaisons aériennes entre La Réunion et d'autres destinations en Europe. Des contacts ont été pris avec la compagnie aérienne allemande Condor pour organiser une desserte entre Francfort, La Réunion et Maurice. Les échanges avancent et semblent bien partis, selon Patrick Lebreton, mais pour l'heure aucun résultat concret n'est à signaler.

Le trop faible volume des vols vers La Réunion, comme l'illustre également l'arrêt de la liaison entre le territoire et Chennai en Inde assurée par la compagnie Indigo, est pénalisant et explique en partie le différentiel qui existe avec les 1,4 million de visiteurs qui se sont rendus à Maurice en 2025 (contre 581 000 localement).

- Une stratégie pour le tourisme à La Réunion clairement affichée -

Mais cet écart ne semble pas spécialement inquiéter les responsables réunionnais, comme le détaille Sophie Jasmin, directrice du Tourisme à la Région. "Les chiffres qui nous importent ne sont pas liés au volume de fréquentation mais à la valeur des recettes. Nous voulons développer un tourisme raisonné, responsable et acceptable pour la population. À terme, nous voudrions que la moitié des séjours soient liés à l'agrément et l'autre moitié à l'affinitaire."

Pour l'heure, ce n'est pas encore le cas. Mais les objectifs sont clairement énoncés. D'ici à 2028, La Réunion vise à accueillir, au mieux, 750 000 touristes, le tout pour 20 000 nuitées par an. Dans une hypothèse optimiste, cela amènerait un chiffre d'affaires de 630 millions d'euros.

Au vu des chiffres du début 2026, ces perspectives semblent possibles. Sauf si les tendances s'inversent à cause des effets d'une crise géopolitique majeure.

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