Trottinettes électriques : à La Réunion, le casque et le gilet réfléchissant toujours pas obligatoires malgré plusieurs accidents

  • Publié le 13 août 2026 à 03:00
trottinette  electrique

Depuis le 8 août 2026, les casques et les gilets réfléchissants sont obligatoires, de jour comme de nuit, pour les conducteurs de trottinettes à Paris. Les contrevenants s'exposent désormais à des amendes. À La Réunion, ces nouveaux moyens de transport concernent un public grandissant mais, à l'heure actuelle, aucune mesure restrictive ne semble être envisagée, malgré plusieurs accidents, dont un mortel. (Photo Stephan Laï-Yu / www.imazpress.com)

Sur les routes des villes de La Réunion ou sur les pistes cyclables, les trottinettes électriques font désormais partie du paysage. Les automobilistes doivent partager la chaussée avec ces dernières.

Mais des difficultés apparaissent régulièrement à cause du manque de visibilité de ces engins à deux roues, mais aussi de leur vulnérabilité en cas de choc avec un véhicule plus imposant. En avril dernier  à Sainte-Marie, un homme a été mortellement percuté par une voiture. Il est décédé sur place.

Il y a moins de trois semaines, un enfant de 4 ans a été hospitalisé en état d'urgence absolue après avoir été heurté par une voiture alors qu'il était sur une trottinette.

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Pour Grégory, vendeur spécialisé en trottinettes à Cadjee Mobility et utilisateur régulier lui-même, en l'absence d'un cadre national, la législation locale devrait évoluer. "Les casques et les gilets devraient être rendus obligatoires. C'est protecteur pour nous. Avec ces accessoires réfléchissants, les voitures ne pourront plus dire qu'elles ne nous ont plus vus."

Toutefois, un autre problème se pose avec les trottinettes. Celui de leur vitesse excessive. Théoriquement, ces véhicules sont censés être assimilés à de la mobilité douce et, selon la loi, leur vitesse ne doit pas dépasser 25 km/h. Dans les faits, de nombreuses trottinettes de type Dualtron, dotées de deux moteurs, peuvent allègrement dépasser les 70 km/h, voire les 80 km/h.

- Un débridage facile mais interdit -

"C'est facile de débrider ces véhicules. Tout se passe depuis l'écran de contrôle. Il existe de nombreux tutos sur internet pour le faire soi-même. Sur le papier, la puissance d'une trottinette est limitée à 250 watts. Les grosses trottinettes font du 1000 watts par roue, soit 2000 watts au total", explique Nendelshon, technicien en charge de l'entretien et de la réparation de ce type de véhicules à la boutique dionysienne Vélo et Oxygen. Ce débridage demeure toutefois illégal, car tous les modèles mis sur le marché, y compris les plus performants, se doivent de respecter les normes de vitesse qui existent en Europe.

Pour autant, les professionnels reconnaissent que de nombreux clients débloquent le plafond de vitesse de leur deux-roues. "Les gens le font souvent et c'est de la responsabilité de chacun, ça leur appartient", reconnaît ainsi Grégory.

En augmentant drastiquement la vitesse, les risques d'accident se multiplient d'autant. Des accidents qui peuvent s'avérer graves pour les utilisateurs de trottinettes électriques. "Pour les trottinettes, avoir des protections, comme des casques, des gants ou une veste, c'est vraiment utile. À 25 km/h, on va largement assez vite pour morfler. Si on tape, le corps est éjecté et ça peut faire des dégâts. On rencontre souvent des gens qui se sont blessés", pose Nendelshon.

- Des règles à faire évoluer -

Des blessures qui peuvent affecter également les piétons, parfois heurtés par ces deux-roues motorisés, souvent peu visibles et qui peuvent régulièrement dépasser le poids de 20 kilos. "Ce sont des engins de petite taille et ils n'attirent pas l'attention. Je partage totalement l'idée d'imposer des gilets réfléchissants pour leur conducteur", précise Daniel De Cotte, président de l'association Prévention Routière à La Réunion.

Le dirigeant associatif va même plus loin. Il estime que des règles plus contraignantes, calquées sur celles en vigueur à Paris, viendraient protéger davantage l'ensemble des usagers. "Il faudrait que ça devienne une mesure nationale. Un préfet a pris cette décision dans la capitale et ce serait positif que ça inspire les autres territoires et que ça fasse un effet domino."

Mais, pour l'heure, rien ne se profile en ce sens à La Réunion. Interrogée sur ce point à plusieurs reprises, la préfecture n'a pas transmis de réponse, même si la tenue régulière de contrôles ciblés semble indiquer qu'elle s'intéresse au sujet.

Pourtant, localement, les conducteurs de vélos et de trottinettes ne sont pas épargnés par les accidents mortels. Depuis janvier 2026, on compte deux cyclistes et un trottinettiste décédés. De quoi, peut-être, faire réfléchir les autorités.

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