Alors qu'une campagne menée dans l'Hexagone révèle que 87 % des débits de boissons testés ne respectent pas l'interdiction de vente d'alcool aux mineurs, Addictions France veut renforcer la prévention à La Réunion. À Saint-Denis, où un projet dédié est déployé pour la première fois en Outre-mer, l'association propose désormais aux professionnels un module de sensibilisation gratuit. (Photo d'illustration www.imazpress.com)
Acheter de l'alcool alors qu'on n'a pas encore 18 ans reste encore trop facile en France. Un an après la publication de son rapport L’alcool en accès libre pour les ados, Addictions France a mené 124 achats-tests à Montpellier, Brest et aux Sables-d'Olonne. Résultat : 92 % des vendeurs n'ont demandé aucun justificatif d'identité. La vente a abouti dans 80,5 % des cas en grande distribution, 85 % dans les épiceries et 92 % dans les bars.
"Quand près de neuf débits de boissons sur dix vendent de l’alcool à des mineurs avec le même constat réalisé chaque année, nous ne sommes pas face à des erreurs isolées mais face à un dysfonctionnement systémique", estime Amine Benyamina, président d'Addictions France.
- À Saint-Denis, un adolescent avait pu acheter du rhum -
Si ces chiffres concernent l'Hexagone et ne peuvent donc pas être transposés à La Réunion, des situations similaires ont également attiré l'attention. Addictions France rappelle notamment qu'en juin dernier, lors d'un test réalisé par un média local, un stagiaire de 16 ans avait pu acheter une bouteille de rhum dans un supermarché de Saint-Denis, et ce, sans présenter de pièce d'identité. "Des jeunes interrogés dans le même reportage évoquent des amis de 13 à 15 ans qui parviennent à acheter de l'alcool", indique l''association précise toutefois que ces éléments "ne constituent pas une étude statistique".
Afin de prévenir les risques de vente d’alcool à des mineurs, la ville de Saint-Denis, la préfecture, l'ARS et les forces de l'ordre sont désormais mobilisées aux côtés de l'association.
- Un module gratuit pour apprendre les bons réflexes -
Pour accompagner les professionnels, Addictions France met à leur disposition un module de sensibilisation en ligne gratuit, destiné aussi bien aux gérants qu'aux salariés, saisonniers et bénévoles. L'objectif : rappeler les règles et systématiser la vérification de l'âge lorsqu'un client paraît mineur.

"Vérifier l'âge doit devenir un réflexe professionnel aussi banal que l'encaissement lui-même", insiste Amine Benyamina. Pour rappel, les établissements qui ne respectent pas l'interdiction s'exposent à des sanctions pénales et administratives, pouvant notamment aller jusqu'à une fermeture administrative.
Après la validation en cassation de la condamnation de Lidl en septembre 2025, l'enseigne a de nouveau été reconnue coupable de vente illicite d'alcool à un mineur par le tribunal judiciaire de Rennes le 22 septembre dernier. Elle a été condamnée à une amende de 10.000 euros ainsi qu'à l'affichage du jugement pendant deux mois, une "décision susceptible de recours", précise l'association dans son communiqué. D'autres enseignes ont aussi été sanctionnées par plusieurs autres tribunaux.
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