Le 13 février 2026, le Piton de la Fournaise est entré en éruption pour la deuxième fois de l'année. Entre 22 et 28 millions de mètres cubes de lave ont été émis en surface. 8,5 hectares ont été gagnés sur l’océan avec la formation d’une plateforme. Cette éruption, qui s'arrête, repart, s'arrête de nouveau avant de repartir, est plus longue que la moyenne - 58 jours -, selon l'Observatoire volcanologique. Près de trois mois après, presque jour pour jour, l'heure est premier bilan de ce spectacle instable (Photos : Richard Bouhet/Nicolas Villeneuve/Emmanuel Grondin/www.imazpress.com)
Cette activité oscillante mais plus longue que la moyenne (20 jours pour les éruptions récentes du Piton de la Fournaise), "peut s’expliquer par une pressurisation du réservoir magmatique superficiel entre le 24 février et le 15 mars, détectée par l’inflation du volcan sur cette période", indique l'OVPF.
Cette pressurisation serait liée à l’arrivée de magma en profondeur, assurant ainsi l’alimentation de l’éruption.
Lors du bilan, l'OVPF ne savait pas encore que le volcan, un brin capricieux, repartirait de plus belle.
- Une éruption plus longue de la moyenne et instable -
Le 13 février 2026, quatre fissures éruptives se sont ouvertes au Piton de la Fournaise, laissant place à la deuxième éruption de l'année. L’activité s’est focalisée sur un seul site éruptif dès le 14 février. "Celui-ci se situe sur la fissure la plus basse, ouverte sur le flanc est-sud-est à une altitude de 2.056 mètres", précise l'Observatoire. Regardez.
La concentration de l’activité sur un site unique a permis l’édification d’un cône éruptif formé par l’accumulation des projections et débordements de lave.
Les coulées de lave ont peu à peu progressé vers le flanc oriental du volcan avec une activité en tunnel de lave qui s’est développé, permettant à la lave de s’isoler de l’atmosphère et de ressortir plus en aval au niveau de multiples résurgences.
Le champ de lave mis en place en aval du cône éruptif a dessiné deux bras principaux.
Un mois après le début de l’éruption, le 13 mars à 8h02, la coulée de lave du bras sud a atteint la RN2, située à plus de 7 kilomètres du point d’éruption.
Trois jours plus tard, dans la nuit du 16 mars vers 00h20, elle lave a fini par plonger dans l'océan, après avoir parcouru environ 825 mètres en contrebas de la route.
Au point de contact entre la lave et l’océan, une plateforme s’est formée résultant de l’accumulation de coulées de lave et de particules fines issues de la fragmentation de la lave. 8,5 hectares ont été gagnés sur l'océan. Regardez.
Le 25 mars, l'éruption s'arrête avec un ralentissement de la déflation. Une baisse progressive des débits a été observée, ainsi qu’une baisse de la sismicité sommitale, marquant l’arrêt de l’éruption.
Le samedi 28 mars a été marquée par une reprise de l’inflation de l’édifice et une hausse de la sismicité profonde entre 8 et 10 km sous la partie ouest du sommet. L’arrêt de l’activité en surface le 25 mars puis sa reprise le 28 mars, traduit vraisemblablement un régime d’alimentation magmatique instable.
Autrement dit, le magma et les gaz continuent à circuler, mais le débit n’est pas suffisamment constant pour maintenir durablement l’émission en surface.
L'éruption s'est de nouveau arrêtée à 0h10 le vendredi 3 avril.
- Un trémor qui monte et qui descend au Piton de la Fournaise -
L'amplitude du trémor éruptif - indicateur de l’émission de lave et de gaz en surface – a augmenté fortement en début d’éruption avant de chuter comme cela est observé habituellement lors des premières heures d’éruption au Piton de la Fournaise.
Au début du mois de mars, le trémor a montré une augmentation progressive jusqu’au 11 mars, date à laquelle une brusque chute du trémor a été enregistrée.
"Cette chute du trémor a été associée à un ralentissement du front des coulées dans les Grandes Pentes", indique l'OVPF. Selon les volcanologues, "cette chute peut potentiellement être associée à l’ouverture du cône éruptif qui se refermait depuis la fin du mois de février".
Par la suite, le trémor éruptif a montré une augmentation jusqu’au 18 mars suivi d’une diminution et de l’observation de nombreuses séquences de "gaz piston" ou bouffées de trémor.
Ces "bouffées de trémor montrent une claire corrélation avec l’activité au niveau du site éruptif, marquée par une alternance de phases calmes associées à un trémor faible et de phases de fontaines de lave avec un dégazage actif et un niveau de trémor important", indiquent les scientifiques.
Le 25 mars, plusieurs chutes brutales du trémor éruptif ont été observées entre 5h50 et 9h45, avant l’arrêt de l’activité éruptive en surface.
L’activité éruptive a repris le 28 mars avec une augmentation très émergente du trémor à partir de 9h puis plus rapidement à partir de 15h.
- Et le spectacle n'est pas terminé au volcan -
Lors de la rédaction du bulletin de mars, l'éruption s'était arrêtée au Piton de la Fournaise. C'était sans compter sur le volcan plein de surprises.
Le 3ème épisode éruptif de l'éruption débutée le 13 février 2026 a repris le 8 avril à 13h15 avec une activité intermittente au niveau du cône éruptif. Regardez.
Ce jeudi 9 avril, un nouveau site d’émission, environ 230 mètres plus en amont du précédent s'est ouvert. Il est actuellement le plus actif avec une activité de fontaines de lave, dont les retombées sont en train de former un nouveau cône. Regardez.
Les coulées de lave restent actuellement situées en amont des grandes pentes.
- Plus de 1.000 séismes en mars 2026 au volcan -
Au mois de mars 2026, l’OVPF-IPGP a enregistré au niveau du massif du Piton de la Fournaise au total :
- 901 séismes volcano-tectoniques superficiels (de 0,2 à 1,5 km au-dessus du niveau de la mer) en majorité sous les cratères sommitaux Bory et Dolomieu ;
- 17 séismes profonds (sous le niveau de la mer) ;
- 40 séismes de type longue-période ;
- 146 éboulements ;
Concernant l’activité sismique sous le Piton de la Fournaise, elle a été marquée au mois de mars par une reprise et une augmentation des séismes volcano-tectonique sommitale à partir du 18 mars, de façon concomitante avec la déflation de l’édifice jusqu’à l’arrêt de l’éruption le 25 mars.
Lors de l’arrêt de l’éruption, une sismicité profonde a été observée entre 6 et 8 km sous le niveau de la mer accompagnée par des séismes de type longue période. Depuis la reprise de l’éruption le 28 mars, et avec le retour d’une phase de déflation de l’édifice volcanique, une nouvelle hausse de la sismicité volcano-tectonique sommitale est observée.
Par ailleurs, 146 éboulements ont été détectés au cours du mois, principalement dans le cratère Dolomieu, au niveau des remparts de l’Enclos Fouqué, du Cassé de la Rivière de l’Est, ainsi que sur le cône et les coulées récemment mises en place.
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