Volcan : les fontaines de lave toujours actives, l'alimentation en lave de la plateforme ralentit

  • Publié le 22 mars 2026 à 02:58
  • Actualisé le 22 mars 2026 à 10:36
volcan mars 2026

L'éruption au Piton de la Fournaise se poursuit ce dimanche 22 mars 2026 pour son 38ème jour de spectacle. Un seul site éruptif reste actuellement actif sur le flanc sud-sud-est du volcan à 2056 m d’altitude avec un cône qui s’est formé par accumulation des projections. Les fontaines de lave sur le site éruptif sont toujours très actives avec des projections à une dizaine de mètres de hauteur au-dessus du cône, visibles depuis le Piton de Bert (Photos : Richard Bouhet et Emmanuel Grondin/www.imazpress.com)

"Le champ de lave émis depuis le site éruptif dessine deux bras principaux se divisant en bras secondaires. Sur les dernières 24 heures, seul le bras principal sud était actif", note l'OVPF. "Les fronts des deux bras nord sont restés figés, situés respectivement à environ 660 mètres d’altitude pour le bras principal nord et 690 mètres pour le bras secondaire nord."

Plusieurs bras secondaires se sont également formés en aval de la RN2 avant l’arrivée à l’océan de la coulée.

L’activité sismique est toujours en hausse, avec plus de 225 séismes volcano-tectoniques détectés sur la journée du 21 mars. Ces séismes sont localisés au-dessus du réservoir superficiel (situé aux alentours de 1,5 et 2 km de profondeur sous le sommet) et en majorité sous la bordure sud-est du cratère Dolomieu.

"Au point de contact entre la lave et l’océan, une plateforme continue de se constituer et de s’élargir, résultant de l’accumulation de coulée de lave et de particules fines issues de la fragmentation de la lave. Sur les dernières 24h l’alimentation en lave de la plateforme était plus faible et de nombreux tunnels de lave s’y étaient développés", rapporte l'observatoire.

Au niveau de cette entrée à l’océan, un panache de gaz est toujours présent. "Celui-ci est principalement constitué de vapeur d’eau, d’acide chlorhydrique (HCl) et de particules fines. Lorsque la lave, à une température d’environ 1130 °C, entre en contact avec l’eau de l’océan riche en chlorure de sodium, elle engendre la formation d’un aérosol acide sous forme de fines gouttelettes en suspension", détaille l'OVPF.

Ce panache "contient également des particules de lave pulvérisée et des fragments de verre volcanique, pouvant être transportés sur plusieurs centaines de mètres à kilomètres sous l’effet des vents".

Ce panache, parfois appelé "laze" (lava haze), peut présenter un caractère irritant et corrosif pour les voies respiratoires, la peau et les yeux. Sa dispersion dépend étroitement des conditions météorologiques locales.

Par ailleurs, "le contact brutal entre la lave et l’eau peut générer des explosions localisées, projetant des matériaux en fusion et des jets de vapeur à haute température à proximité immédiate du point d’entrée en mer".

"Des explosions pourraient également se produire en cas de déstabilisation de la plateforme. En effet, cette plateforme, composée d’une accumulation de coulées de lave et de fragments rocheux, reste très instable et fragile. En cas de déstabilisation brutale, des explosions d’intensité variable pourraient survenir", prévient l'OVPF.

- Pic de pollution au dioxyde de soufre - 

Un "dépassement ponctuel du seuil d’information et de recommandation" pour le dioxyde de soufre (SO2), a été enregistré ce vendredi 20 mars, à 11h, au niveau de la station de surveillance de Bourg Murat, indique l'ARS. Les concentrations sont désormais revenues à des niveaux conformes. Deux épisodes similaires avaient déjà été observés les 11 et 16 mars.

"Ces informations mettent en évidence une incidence possible, peu prévisible et fluctuante, sur la qualité de l’air autour du volcan pendant toute la période d’éruption", note l'ARS.

"L’éruption génère en effet l’émission des gaz irritants (dont le SO2) et de particules susceptibles d’affecter la santé, en particulier chez les personnes vulnérables (pathologies respiratoires ou cardiaques, personnes âgées, femmes enceintes, jeunes enfants). Les coulées de lave peuvent également provoquer des fumées de végétation, ainsi que des émanations acides (laze) lors du contact avec l’eau de mer", rappelle-t-elle.

Lire aussi - Piton de la Fournaise : un pic de pollution au dioxyde de soufre enregistré dans la journée, la vigilance renforcée à Bourg Murat

- Plus de contrôles et de signalétiques à l'approche de l'éruption -

La préfecture de La Réunion a annoncé jeudi dans un communiqué un renforcement des dispositifs de sécurité autour des coulées du Piton de la Fournaise, face à l'afflux de curieux prenant des risques inconsidérés.

La préfecture rappelle qu'il est formellement interdit de quitter la route nationale pour approcher la coulée en d’autres points du Grand-Brûlé, en amont ou en aval de la route nationale. Il a ordonné un contrôle strict du stationnement sur la RN2.

La signalétique d'information sur les risques sera renforcée et des points d'information installés aux entrées nord et sud du secteur concerné.

"Votre vie est bien plus précieuse qu'une belle photo ou vidéo", a lancé la préfecture, dénonçant "des prises de risques excessives de la part de certains visiteurs" malgré les mises en garde répétées.

Lire aussi - Éruption au volcan : mobilisation des sapeurs-pompiers et rappel des règles essentielles de sécurité

- Du gaz toxique dans le ciel de l'est de La Réunion -

Le Piton de la Fournaise dégage "des gaz invisibles mais nocifs" qui "peuvent conduire jusqu'à la mort" et la rencontre de la lave avec l'océan provoque "une réaction chimique qui libère de l"acide chlorhydrique sous forme de gaz (...) susceptible d’endommager durablement les poumons", insiste la préfecture.

Ce panache, parfois appelé "laze" (lava haze), peut présenter un caractère irritant et corrosif pour les voies respiratoires, la peau et les yeux. Sa dispersion dépend étroitement des conditions météorologiques locales. "Par ailleurs, le contact brutal entre la lave et l’eau peut générer des explosions localisées, projetant des matériaux en fusion et des jets de vapeur à haute température à proximité immédiate du point d’entrée en mer", note l'Observatoire volcanologique du Piton de la Fournaise

Des explosions pourraient également se produire en cas de déstabilisation de la plateforme. "En effet, cette plateforme, composée d’une accumulation de coulées de lave et de fragments rocheux, reste très instable et fragile. En cas de déstabilisation brutale, des explosions d’intensité variable pourraient survenir."

Pour rappel, le Piton de la Fournaise est entré en éruption le vendredi 13 février 2026C'est la première fois depuis 2007 que le feu liquide expulsé par le Piton de la Fournaise traverse la RN2. 

Lire aussi - Volcan : le contact brutal entre la lave et l’eau peut provoquer des explosions localisées

- Comment voir l'éruption ? -

- Sur la commune de Sainte-Rose, la route est fermée au niveau du PR78, où un point de retournement provisoire est mis en place.

- Sur la commune de Saint-Philippe, la fermeture complète s’étend du PR78 au PR82.

"Le stationnement reste autorisé sur la route nationale en amont de ces points de retournement, sur un seul côté de la route nationale (côté montagne), et à l’exclusion de certaines zones habitées ou dangereuses (secteur de Bois Blanc, rampes de la Cage aux lions)", précise la préfecture.

Au-delà des points de retournement, "l’accès est autorisé uniquement aux piétons et aux cyclistes jusqu’à la zone d’exclusion, matérialisée par des barrières".

Il est demandé aux usagers de respecter scrupuleusement la signalisation qui sera mise en place sur le terrain afin de conserver des conditions de circulation les plus optimales possibles.

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1 Commentaires
Stop au danger dynastie familial raciste
Stop au danger dynastie familial raciste
1 heure

Beau spectacle.
Prudence