[Vidéo] "C'est lui qui cherche à prendre le Département en otage" : Cyrille Melchior répond aux accusations d'Emmanuel Séraphin

  • Publié le 23 septembre 2026 à 11:22
  • Actualisé le 23 septembre 2026 à 11:35
Le Département répond à Saint-Paul concernant les subventions

Une semaine après qu'Emmanuel Séraphin a réclamé le versement de 5,5 millions d'euros de subventions à la commune de Saint-Paul, Cyrille Melchior contre-attaque. Ce mercredi 23 septembre 2026, le président du Département a contesté la présentation faite par le maire, affirmant qu'une partie des sommes est en cours de mandatement et que d'autres ne peuvent être versées faute de justificatifs. Il répond également aux critiques concernant les casernes de pompiers, accusant à son tour Emmanuel Séraphin de bloquer le projet de centre de secours de la Plaine Saint-Paul. (Photos Stephan Laï-Yu / www.imazpress.com)

"Ce n'est pas lui qui est pris en otage, c'est lui qui cherche à prendre le Département en otage". La réponse de Cyrille Melchior à Emmanuel Séraphin est offensive. Une semaine après la conférence de presse du maire de Saint-Paul, le président du Département a souhaité présenter sa version des faits sur les différents dossiers qui opposent les deux collectivités.

Le 17 septembre dernier, Emmanuel Séraphin affirmait que 5,5 millions d'euros de subventions restaient à verser à la commune pour des dépenses déjà engagées, certaines étant selon lui attendues depuis 2024. Il estimait alors que Saint-Paul ne pouvait pas continuer à "être la banque du Département". 

Lire aussi - [Photos-Vidéos] Emmanuel Séraphin : "le Département doit 5,5 millions d'euros de subventions à la ville de Saint-Paul

Cyrille Melchior conteste aujourd'hui l'existence d'une dette de 5,5 millions d'euros immédiatement exigible. Regardez.

- "Pour être payés, ils doivent être justifiés" -

Concernant le Pacte de solidarité territoriale 2, le président du Département indique que plus de 5,2 millions d'euros de financement ont été contractualisés avec Saint-Paul. Selon lui, environ la moitié a déjà été versée, 1,006 million d'euros est en cours de mandatement, tandis qu'environ 860.000 euros ne pourront pas être versés en l'état faute de justificatifs.

"Quand il dit que nous lui devons 5 millions, oui, il y a 5 millions de contrats actualisés, mais ces 5 millions, pour être payés, doivent être justifiés", répond Cyrille Melchior. Il affirme que certains justificatifs viennent seulement de parvenir aux services départementaux.

Le président évoque également deux projets bénéficiant de crédits européens Feader : le Chemin de la Vanille et le Chemin Zitte, représentant selon lui un coût global de 6,9 millions d'euros. Il assure que 1,003 million d'euros a déjà été payé, que 1,4 million est en cours de mandatement et que, pour environ 4 millions d'euros, la commune n'avait pas encore sollicité le versement.

Cyrille Melchior précise aussi que la demande de la ville de Saint-Paul a été déposée sur la plateforme européenne le 4 septembre dernier. "Le traitement de cette demande de crédit européens ne dépend pas de nous. Elle passe par le logiciel Europac (...) En totu cas au Département, à chaque fois que les justificatifs parviennent à nos services, nous réglons ce qui est dû à toutes les communes, et bien évidemment à Saint-Paul", il insiste.

Toujours selon Cyrille Melchior, Saint-Paul a bénéficié de plus de 10 millions d'euros d'aides départementales depuis 2020. Il rappelle qu'une enveloppe départementale de 30 millions d'euros par an est destinée à soutenir les communes de La Réunion.

- Casernes : le Département renvoie la balle à la mairie -

Autre point de désaccord entre les collectivités : l'organisation des secours à Saint-Paul. Emmanuel Séraphin s'était notamment opposé à une éventuelle suppression de la caserne du Bernica, estimant nécessaire de conserver une implantation permettant d'intervenir rapidement dans les Hauts.

Cyrille Melchior répond que l'organisation des centres de secours découle du Schéma départemental d'analyse et de couverture des risques (Sdac) 2023-2027, établi à partir d'une analyse des risques.

Celui-ci prévoit, selon lui, un centre de secours principal à L'Éperon, dont la livraison est annoncée pour la fin de l'année, un centre à La Plaine Saint-Paul, le maintien d'un centre à La Saline-les-Bains et un poste avancé pour les secteurs de Guillaume et Petite-France. Le futur équipement de L'Éperon, qui doit également accueillir un centre de formation, représente un investissement de plus de 7 millions d'euros, affirme le président.

Sur le projet de la Plaine, Cyrille Melchior accuse cette fois directement le maire de Saint-Paul de bloquer le dossier. Il affirme que les entreprises sont retenues et prêtes à démarrer mais que le Département attend toujours la signature du permis de construire par la commune. "Depuis 1.400 jours, le maire de Saint-Paul ne veut pas signer le permis de construire, donc il prend le Sdis en otage", accuse Cyrille Melchior, qui appelle Emmanuel Séraphin "à la raison" et à reprendre le dialogue "dans le sens de l'intérêt général". 

vg / www.imazpress.com / [email protected]

guest
0 Commentaires