Violences sexuelles sur enfants : Monsieur le ministre de la Justice, vous accablez les magistrats et vous gommez votre responsabilité... trop facile

  • Publié le 11 juin 2026 à 08:12
Visite ministérielle : Gérald Darmanin à la Cour d'appel pour échanger avec les magistrats et agents du ministère de la Justice

Depuis la mort de Lyhanna, 11 ans, tuée par un homme visé à plusieurs reprises par des procédures pour viols et agressions sur mineures, mais jamais poursuivi, l'émoi et la colère sont immenses dans le pays. Vous, Monsieur Gérald Darmanin, ministre de la Justice, vous accablez les magistrats en vous gardant bien de toute remise en cause personnelle. Un peu trop facile non ? (Photo : Stephan Laï-Yu / www.imazpress.com)

Monsieur le Ministre, on vous pointe du doigt, vous répliquez "que l'omerta existe dans beaucoup de sociétés". Karine Lebon, députée réunionnaise vous interpelle, votre seul argument est de fustiger l'opposition et des décisions prises en 2013.

"Lorsque je vais venir devant vous et demander l'imprescriptibilité des crimes, vous direz non vous l'avez déjà dit, lorsque je vous demanderais que le Garde des Sceaux puisse donner des instructions individuelles vous me direz non, puisque je vous rappelle que c'est vos groupes politiques qui ont voté cette loi en 2013", avez-vous lancé à l'attention des groupes qui vous sont opposés.

Monsieur le Ministre, nous sommes en 2026…

- Monsieur Damanin, les chiffres démontrent au mieux votre erreur, au pire votre mensonge assumé -

Monsieur le Ministre, la question des moyens humains et matériels alloués à la Justice est cruciale, elle est essentielle. Vous tentez pourtant de la gommer.

Monsieur le Ministre, vous aurez beau affirmer, comme le Président de la République, que ce manque de moyens n'a pas contribué à la mort de la petite Lyhanna, les faits et les chiffres démontrent au mieux votre erreur, au pire votre mensonge assumé.

Chaque année, l'État injecte 77 euros dans la Justice française… Vous le savez et cela ne vous choque pas ?

En France, il y a seulement 3,3 procureurs pour 100.000 habitants a rappelé le président de la Confédération nationale des procureurs de la République, Frédéric Chevallier... Vous le savez et cela ne vous choque pas ?

En 2022, un rapport d'inspection détaillait déjà les conditions dans lesquelles s'effectuent les enquêtes pour violences sexuelles sur mineurs révèle Médiapart il y a deux jours. Ce rapport n'a bizarrement jamais rendu public. Vous le savez et ça ne vous choque pas ?

Monsieur le Ministre, aux Françaises et Français, comment expliquez-vous qu'il aura fallu la mort d'une enfant de 11 ans pour que neuf mois de procédure mettant en cause l'auteur présumé soit pris au sérieux ?

Monsieur le Ministre, comment expliquez-vous que Jérome Barella n'a jamais été entendu avant le décès de la petite fille. Comment expliquez-vous que le principe de précaution n'a pas été appliqué alors que l'homme était déjà visé par trois procédures judiciaires avant la disparition de Lyhanna, notamment pour viol sur mineur ?

Monsieur le Ministre, comment expliquez-vous aux familles qui vous interpellent qu'un animateur de périscolaire récidiviste a été condamné en 2026 à un an de prison ferme et deux ans sous bracelet électronique pour des faits remontant à 2024 ?

Monsieur le Ministre, comment expliquez-vous qu'un baby-sitter, condamné puis libéré en 2020 et fiché pour des agressions sexuelles sur mineurs, continuait à garder des enfants, dont 18 sont susceptibles d'avoir été agressés sexuellement en deux ans.

Devant un tel fiasco et autant d'affaires – 70.000 en France, 1.325 à La Réunion – à réexaminer, 160.000 enfants sont victimes chaque année de violences sexuelles, 995 à La Réunion en 2024, vous excluez toute idée de démission. Mais vous convoquez les procureurs de la France entière pour les "engueuler" en leur faisant porter le poids d'une situation dégradée que vous avez largement contribué à développer. 

Que des procureurs aient une part de responsabilité dans la situation actuelle, cela sera établi ou non par les enquêtes internes. Mais la responsabilité du dirigeant de l'institution judiciaire est d'ores et déjà certaine, et ce dirigeant, c'est Vous, Monsieur le Ministre. 

Monsieur Gérald Darmanin, vous voulez sanctionner les fautifs, commencez par vous appliquer cette sanction à vous-même. Vous savez en quoi elle consiste... 

La rédaction d'Imaz Press

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