Leptospirose : à La Réunion, une nouvelle souche de la maladie est capable de résister à l'hiver

  • Publié le 31 juillet 2026 à 07:31
leptospirose

À La Réunion, une nouvelle souche de la leptospirose capable de résister à l'hiver austral a été identifiée par le Centre national de recherche scientifique (CNRS). "Il n'est pas exclu que cette souche soit capable de se transmettre plus facilement en raison du changement climatique" explique à Imaz Press le Docteur Patrick Mavingui, chercheur au CNRS. Entre le 1er janvier et le 16 juillet 2026, 217 cas autochtones de cette maladie infectieuse ont été déclarés à l'Agence régionale de santé (Photo d'illustration : www.imazpress.com)

Les cas de leptospirose se multiplient à La Réunion depuis quelques années. 217 cas de cette maladie infectieuse ont été déclarés à l'Agence régionale de santé (ARS) depuis le début de l'année. Les années précédentes, il y avait "entre 80 et 100 cas par an", dit le Docteur Patrick Mavingui, chercheur au CNRS (Centre national de recherche scientifique).

- Une nouvelle souche de leptospirose s'impose à La Réunion -

Pour Patrick Mavingui - qui mène des investigations en collaboration avec le CHU et l'ARS - cela peut s'expliquer par l'arrivée à La Réunion, "d'une souche différente de celle des années précédentes qui semble prendre le dessus".

"Il n'est pas exclu que cette souche soit capable de se maintenir plus dans l'environnement et/ou de se transmettre plus facilement, avec une facilitation due aux changements climatiques", dit-il.

S'il ne met pas forcément cela en lien avec l'augmentation du nombre de rats, "nous cherchons à savoir si le pourcentage de rats infectés par la bactérie a augmenté et donc rendant les conditions de transmission épizootiques plus propices".

Parmi les cas répertoriés par les autorités sanitaires, 120 ont été hospitalisés (65%), et un décès a été recensé. Un second décès potentiellement lié à la maladie est en cours d’investigation.

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- Des rats attirés par les déchets qui s'accumulent -

Dans le sud de l'île, la grève chez Derichebourg-OI, ravive l'inquiétude de voir les déchets s'amonceler sur le trottoir, véritables buffets pour les rats.

Les odeurs de restes de repas, de graisses et de déchets organiques les attirent irrésistiblement.

"Cette situation génère des désagréments croissants pour les habitants, suscite de légitimes préoccupations sanitaires et environnementales", a indiqué dans un courrier à l'attention du président de l'entreprise, David Lorion, président de la Civis.

Raison pour laquelle, la Civis a décidé de faire appel à un prestataire extérieur - au frais de Derichebourg - pour nettoyer les rues de Saint-Pierre et de Petite-Île et éviter que les rats ne s'installent et avec eux, la crainte de voir augmenter les cas de leptospirose.

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- La baisse des contrats PEC menace l'entretien des espaces verts -

Si les déchets attirent les rongeurs, les espaces verts non entretenus leur permettent aussi de proliférer.

Pour Julien Dalleau, gérant d'une entreprise d'espaces verts au Tampon, "la faute des proliférations ne vient pas forcément des citoyens qui entretiennent leur cour mais plutôt aux communes qui n'appliquent pas le protocole", laissant des terrains ou des espaces verts en friche.

"Si l'on relâche le maintien des espaces verts, on augmente bien évidemment le risque infectieux. C’est un débat qui est d’ailleurs ressorti via la baisse attendue des contrats PEC", dit le Docteur Patrick Mavingui.

Pour rappel, le mardi 5 mai 2026 à la préfecture, la baisse drastique des contrats Parcours emploi compétences (PEC) pour 2026, à hauteur de 4.000 contrats contre 10.000 en 2025 a été annoncée aux maires par le préfet, avec une prise en charge de l'État qui passe de 50 % du SMIC horaire brut sur 10 mois à 40 % sur 6 mois seulement.

Imaz Press avait révélé l'information alors que la réunion entre les maires et le préfet était encore en cours.

La préfecture, de son côté, tient à rappeler que "le nombre de contrats Parcours Emploi Compétence enregistre une baisse au plan national". "Pour autant, La Réunion, au regard de ses caractéristiques, conserve une part significative de l’enveloppe nationale, avec 25 % des crédits de l’enveloppe nationale allouée au territoire", insiste-t-elle.

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- La prévention pour endiguer la prolifération - 

Pour le Docteur Patrick Mavingui, "endiguer la prolifération passe par le contrôle des conditions sanitaires de l’environnement. Mais surtout aussi faire de la prévention envers les personnes et métiers à risque comme les agriculteurs dans les champs, les activités de loisirs dans des zones (rivières) fréquentées plus par des rongeurs, développer de la recherche sur les vaccins".

"Le système de surveillance a évolué avec la mise en place d’une analyse PCR permettant une meilleure détection des cas", précise l'Agence régionale de santé.

La leptospirose est une maladie grave : si elle n’est pas traitée à temps, elle peut mener à une hospitalisation, voire un décès.

La bactérie entre dans l’organisme par la peau, en cas de coupures ou de plaies (même petites) ou par les muqueuses (œil, bouche, nez).

En cas de symptômes (fièvre élevée d’apparition brutale (souvent > 39 °C), grande fatigue, douleurs musculaires, articulaires, abdominales, nausées, vomissements, forts maux de tête) :

• Consulter rapidement son médecin car la prise en charge thérapeutique précoce et adaptée (antibiotiques prescrits sur avis médical) permet de limiter l’évolution vers une forme grave.
• L’informer des activités à risques pratiquées dans les 3 semaines précédant le début des signes. Le médecin pourra prescrire une analyse biologique en laboratoire permettant de confirmer ou d’infirmer le diagnostic.

- Comment se protéger de la leptospirose ? -

Appliquer des mesures de protection individuelle :

- Porter des gants, bottes ou chaussures fermées, lunettes... pour jardiner, ramasser des déchets, déplacer des encombrants ou réaliser l’élevage "la kour"
- Ne pas marcher pieds nus, ou en savates, pour les activités en environnement humide ou boueux au domicile ou en extérieur (sol boueux, dans les flaques, eaux stagnantes, ravines)
- Protéger ses plaies du contact avec l’eau (pansements étanches), les laver à l’eau potable et les désinfecter le plus tôt possible après l’exposition

Pour les agriculteurs et les éleveurs, une vigilance sur le port des équipements de protection individuelle est requise. Un lavage régulier des mains est recommandé.

• Garder un environnement propre :
- Entretenir régulièrement sa cour (absence d’encombrants ou de déchets propices à la prolifération des rongeurs...)
- Éliminer toutes les sources d’alimentation pour les rongeurs, y compris les restes d’alimentation des animaux de compagnie
- En cas d’élevage de volaille à domicile, s’assurer que les aliments destinés à ces animaux ne sont pas accessibles aux rongeurs.

• Respecter les interdictions de baignade dans les lieux signalés à risque. En cas d’eau trouble, il est recommandé de reporter les activités de loisirs en eau douce. Ces mesures de prévention doivent être appliquées tout particulièrement après les périodes de fortes pluies car le risque de contact avec des milieux humides contaminés est alors plus important.

• Se faire vacciner

Le vaccin contre la leptospirose est réservé à certaines catégories professionnelles à risque ou les personnes pratiquant régulièrement des activités récréatives à risque, après une évaluation par un médecin. Cette vaccination vient en complément des mesures de prévention.

Cette lutte ne peut être efficace que si elle est mise en œuvre de manière collective et coordonnée, par les particuliers, les institutions et les collectivités. C’est l’affaire de tous.

ma.m/www.imazpress.com/[email protected]

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