Dans une lettre ouverte adressée au Premier ministre, la présidente de Région Huguette Bello et 14 autres présidents et présidentes de Région alertent sur les conséquences des coupures budgétaires de l'État. Pour les élus, ces coupures budgétaires reviennent à "sacrifier l'avenir de la France". Ils demandent l'arrêt de ces mesures et sollicitent une réunion de travail à Matignon afin de construire, avec le Gouvernement, des solutions au service des territoires et des Français (Photo d'illustration : Richard Bouhet/www.imazpress.com)
Les 14 présidents de Région soulignent les effets de ces réductions de moyens pour l'investissement régional, la formation, l'apprentissage, l'emploi, les transports, l'agriculture ou encore la transition écologique.
Ils écrivent : "Dans quel pays affaiblit-on les investissements dans les territoires alors que les sentiments de déclassement, d'indifférence et d'oubli, et donc de colère, n'ont jamais été aussi forts parmi ceux qui se vivent en périphérie de la République ? Dans quel pays décide-t-on, à l'heure où l'IA bouleverse déjà le monde du travail, de réduire massivement les moyens consacrés à la formation de sa jeunesse ? Dans quel pays choisit-on de fragiliser l'apprentissage au moment même où des centaines de milliers de jeunes cherchent leur voie et où les entreprises peinent à recruter ? Dans quel pays développé décide-t-on de réduire les aides aux agriculteurs et aux pécheurs qui assurent au quotidien que les familles puissent manger et boire à leur table sainement ?
La réponse devrait être : dans aucun".
- L'État abandonne les Français par ses décisions -
Pour les élus, ces coupures budgétaires reviennent à "sacrifier l'avenir de la France que de sacrifier les politiques régionales; celles qui soutiennent l'emploi et l'activité des Françaises et Français pour la production. Celles qui supportent notre industrie et notre souveraineté nationale. Celles qui permettent à des millions de Français de se déplacer. Celles qui garantissent à nos jeunes d'étudier dans nos lycées. Mais aussi celles qui, et les canicules actuelles nous en rappellent l'urgence, permettent l'accélération de la transition environnementale.
"Nous, présidentes et présidents de Région qui portons ces politiques, avons toujours été responsables. Pleinement conscients de la nécessité de redresser les comptes publics, et bien que n'étant pas responsables de la dérive du déficit public - les Régions ne représentant que 1 % de la dette publique nous avons toujours accepté de prendre notre part à l'effort national", disent-ils dans leur lettre.
"Cet esprit de responsabilité a hélas abouti à un matraquage budgétaire totalement disproportionné sur les politiques régionales en 2025 et 2026. 1,7 milliard d'euros ont été prélevés sur nos ressources. Les Régions supportent à elles seules un quart de l'effort demandé aux collectivités alors qu'elles ne représentent que 11 % des dépenses".
Ils ajoutent, "Votre Gouvernement s'acharne sur les Régions pour une raison que nous ignorons. Mais à travers elles, ce sont les millions de concitoyens de nos territoires qui sont mis en grande fragilité. Ces ponctions détériorent la capacité d'action des Régions et ont déjà conduit à une baisse inédite des investissements de milliard d'euros en 2025".
"Monsieur le premier ministre, Mettez fin au sacrifice de la jeunesse de France. N'hypothéquez pas l'avenir de nos travailleurs, de nos agriculteurs, de nos pécheurs, de nos entrepreneurs. Ne brisez pas la promesse républicaine de la solidarité humaine et de la cohésion des territoires. Ne laissez pas s'installer les renoncements qui mèneraient à une nouvelle étrange défaite", écrivent-ils.
- Les soutiens budgétaires divisés pour La Réunion -
Transports, développement économique, formation, emploi, agriculture, santé... "vos arbitrages budgétaires ont et auront un impact direct sur le quotidien des Français. Aujourd'hui, ta coupe est pleine", interpellent les 14 présidents de régions de France.
Ils listent les décisions impactantes : "une division par 8 des soutiens à l'apprentissage aux dépens des jeunes les plus modestes (-235 millions d'euros), une réduction drastique des crédits dédiés à la formation professionnelle et à l'emploi qui fragilisera les travailleurs en reconversion ou transition (-223 millions d'euros)".
Le mardi 5 mai 2026 à la préfecture, la baisse drastique des contrats Parcours emploi compétences (PEC) pour 2026, à hauteur de 4.000 contrats contre 10.000 en 2025 a été annoncée aux maires par le préfet, avec une prise en charge de l'État qui passe de 50 % du SMIC horaire brut sur 10 mois à 40 % sur 6 mois seulement. Dans les écoles, les PEC sont un maillon essentiel de la chaîne. ATSEM, agents d’accompagnement, personnels de soutien sont employés à travers les écoles de l'île.
Concernant la formation, le gouvernement a annoncé baisser le budget de 56%. Si la coupe budgétaire est appliquée, La Réunion perdra 2.000 places de formation.
Pour le logement, la LBU constitue le principal outil de financement du logement social dans les territoires ultramarins. Alors qu'une enveloppe de 80 millions d'euros était initialement attendue pour La Réunion, le montant finalement annoncé ne s'élève qu'à 27 millions d'euros.
À La Réunion on le rappelle, au 1er trimestre 2026, le taux de chômage au sens du Bureau international du travail (BIT) augmente pour atteindre 18 % de la population active (+2 points par rapport au 1er trimestre 2025), selon les chiffres dévoilés par l'Insee.
La Réunion s’inscrit ainsi dans la tendance à la hausse nationale.
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C’est normal puisque la région nous taxe trop dejà avec l’octroi de mer.