La Réunion pas épargnée

Les géants de la malbouffe "gavent les enfants à coup de marketing", dénonce une ONG

  • Publié le 15 septembre 2023 à 02:58
  • Actualisé le 15 septembre 2023 à 09:30

A La Réunion, près d'une personne sur deux est en surpoids ou obèse. Au niveau national, un enfant sur six entre 6 et 17 ans est en surpoids ou obèse et le restera vraisemblablement à l’âge adulte. Une situation sur laquelle l'Organisation mondiale de la santé a alerté à de nombreuses reprises. Et si les choses ont tendance à s'améliorer, les pratiques commerciales de certaines marques mauvaises pour la santé laissent à désirer, ces dernières ciblant volontairement les enfants avec leur publicité…Une pratique dénoncée par l'ONG Foodwatch dans sa dernière étude. (Photo photo RB/www.imazpress.com)

"Oasis se paie le rappeur Jul pour vanter ses boissons, Coca-Cola crée une canette avec la chanteuse Rosalia, Kinder (Ferrero) développe une app à télécharger, Pitch raconte des histoires de brioches en podcasts, les glaces Miko sont affublées de princesses, les chips Monster Munch s'incrustent dans le jeu Minecraft, et il y a aussi le partenariat entre le club de rugby le Stade français et Capri-Sun (pratique, le président est propriétaire des deux marques), celui entre Disneyland Paris et les produits Vache qui rit ou Babybel ou les concours Hollywood chewing-gum avec Big Flo & Oli sur TikTok…" liste longuement Foodwatch.

Des pratiques commerciales spécialement créé pour attirer les enfants, qui crée selon l'ONG, un "environnement obésogène". foodwatch a passé au peigne fin 228 produits ciblant les enfants avec leur marketing.

Au regard de ce que l’OMS considère comme des critères nutritionnels acceptables autorisant à faire la promotion d’aliments ou boissons auprès des enfants, le constat est désastreux : 86% des produits examinés en France ne passent pas le crash test du profil nutritionnel de l’OMS. Près de 9 produits sur 10 ne devraient pas être autorisés à faire du marketing ciblant les enfants tant ils sont hors des clous d’un point de vue nutritionnel.

"Les géants de la malbouffe n’hésitent pas à élaborer des stratégies à la limite de la manipulation afin de s’immiscer au sein des familles et de saper les efforts d’éducation alimentaire des parents impuissants face à ces techniques marketing agressives. C’est totalement immoral et irresponsable quand on voit les conséquences de la malbouffe sur la santé des plus jeunes aujourd’hui et pour leur futur" souligne d'ailleurs Audrey Morice, chargée de campagnes foodwatch France.

Lire aussi : L'obésité frappe (toujours) un Réunionnais sur deux

- La Réunion, royaume du fast-food -


Un constat qu'on peut appliquer à La Réunion, qui devient peu à peu un véritable royaume du fast-food, dont les dirigeants n'hésitent pas à placarder l'île entière de publicités.

Imaz Press alertait déjà il y a près d'un an et pourtant les enseignes de restauration rapide continuent de s'installer à grande vitesse dans notre département où le taux de diabète est l’un des plus élevé de France et concerne 80.000 personnes, soit 10% de la population réunionnaise.

Et ces campagnes de pub ont une influence indéniable sur les habitudes alimentaires des enfants. "Non, ce n’est pas la faute des parents. On a totalement perdu le contrôle" en matière de régulation, insiste foodwatch.

S'ajoute à cela le non-respect des normes de publicité. "La Réunion c’est un peu le far ouest des panneaux publicitaires", dénonçait déjà Vincent, bénévole de l'association Paysages de France à La Réunion, en décembre dernier.  Selon lui, entre 50 et 70% des panneaux publicitaires à La Réunion sont illégaux, soit plus d'un panneau sur deux.

"L’urgence est la régulation. Et la France est très en retard. De nombreux pays - Norvège, Chili, Mexique, Pérou, Espagne, Allemagne, Canada, etc. - ont déjà mis en place, ou sont sur le point de le faire, un encadrement strict de ces pratiques marketing ciblant les enfants" dénonce foodwatch.

A La Réunion, les député.es Karine Lebon, Emeline K/Bidi et Frédéric Maillot ont interpellé le préfet Jérôme Filippini afin de réfléchir à une législation pour encadrer l'installation des fast-foods dans l'île.

Depuis le début de l’été 2023, des parlementaires de tous bords politiques planchent par ailleurs sur des mesures visant à lutter contre l’obésité et auditionneront foodwatch fin septembre. "Une opportunité politique en or à saisir pour enfin encadrer le marketing et la publicité ciblant les enfants" conclut l'ONG.

www.imazpress.com / redac@ipreunion.com

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3 Commentaires
Antipode
Antipode
2 semaines

Je pensais naïvement que les enfants n'étaient pas responsables des mauvaises pratiques que les parent leurs infligent !

HULK
HULK
2 semaines

D'accord pour reconnaître qu'il y a beaucoup de fast-foods. Mais quand même, ce c'est pas un burger et un verre de coca qui rendent obèses. Ce sont toutes les salo...ries que les jeunes mangent et boivent dans les camions bars et les litres de boissons sucrées et autres friandises que les parents achètent dans les grandes surfaces. Vous allez interdire les grandes surfaces? C'est un buzz politique pour élus en mal de publicité. Ils feraient mieux de s'occuper de mieux gérer leurs collectivités.

Ded
Ded
2 semaines

N'oublions pas que ce sont les parents qui cèdent devant ces désirs de leurs gosses et qu'ils paient .
Il suffit de voir qui remplit les caddies au super marché , de ces cochonneries dont tout le monde sait maintenant ( à moins d'être sourd, muet ,aveugle) qu'elles sont dangereuses pour la santé. Ce sont souvent des parents , jeunes et eux même en surpoids!