(Actualisé) Ce mardi 27 janvier 2026, à l'appel de la FDSEA et des Jeunes agriculteurs (JA), les professionnels du monde agricole ont appelé à la mobilisation. Trop d'importations, la filière canne en difficulté, des trésoreries dans le rouge... À la sortie de la préfecture, la délégation estime avoir été entendue. "Des engagements ont été pris, nous avons été écouté, mais rien n'est gagné", déclare le président de la Chambre d'agriculture. Le rassemblement a commencé à 8h30 devant la préfecture. (Photos : rb/www.imazpress.com)
À la sortie de la préfecture, la délégation, composée d'une dizaine de personnes, a détaillé devant les agriculteurs, les avancées qui ont pu être faites.
Le président de la Chambre verte le dit "il y a un ras-le-bol des agriculteurs", après "nous avons eu des discussions avec des engagements de l'État à mieux accompagner", mais il le sait, "on ne va pas tout résoudre aujourd'hui". Écoutez.
"Concernant les aides en attente, le préfet a annoncé que les aides de la canne vont être payées rapidement", explique Olivier Fontaine. "Sur les reliquats, logiquement, cela devrait arriver rapidement dans les exploitations."
Enfin, "sur le fonds de secours suite au cyclone Garance, plus de 1.000 agriculteurs vont être éligibles à partir de 25% de taux de pertes". Écoutez.
Voici les 30 propositions présentées au Préfet de La Réunion et aux partenaires du monde agricole
- Le préfet s'engage à trouver des solutions -
Le préfet s'est engagé à faire un courrier pour "trouver des solutions sur les herbicides qui sont en train de disparaitre et à trouver des solutions alternatives pour le côté tropical de nos productions agricoles", poursuit le président de la Chambre.
Le préfet de La Réunion, Patrice Latron qui "a redit sa volonté de dialogue avec le monde agricole réunionnais, acteur majeur de l’économie locale" indique la préfecture dans un communiqué publié lundi en milieu de journée.
Le préfet a "également indiqué sa volonté de maintenir une relation de proximité avec la profession"et "a rappelé le soutien important de l’État à la filière agricole. Après le passage du cyclone Garance, l’État a été présent aux côtés des agriculteurs pour assurer le maintien des activités et la reconstruction" dit encore le communiqué de la préfecture.
De son côté, Huguette Bello a déclaré : "nous avons besoin de parler ensemble et de faire des réunions sur la souveraineté alimentaire. La Région qui se dit prête à expérimenter des hangars frigorifiques pour les fruits et légumes de La Réunion dans les quatre zones de l'île. Écoutez.
L'élu à la Région aux affaires agricoles et agriculteur, Jean-Bernard Maratchia, est venu porter son soutien. Il craint pour "les petits agiculteurs de La Réunion". Il précise que la Région "prendra la compétence agricole en janvier 2028". Écoutez.
Face aux inquiétudes exprimées par le monde agricole réunionnais, le Département réaffirme sa pleine mobilisation, son écoute permanente et son engagement constant pour accompagner les agricultrices et agriculteurs dans les défis qu’ils traversent.
- Trésorerie dans le rouge... les agriculteurs devant la préfecture -
"Aujourd'hui c'est le cri de colère des agriculteurs", lance Olivier Fontaine, président de la Chambre d'agriculture de La Réunion. Écoutez.
"Toutes les normes et contraintes que l'État met en place – principalement la réduction de 5% de la production de volaille – pour des raisons diverses", pèsent sur les éleveurs, dit Jasmine Lebon, éleveuse à Saint-Paul. "On ne peut avoir avec cela, installer de jeunes éleveurs, rénover nos bâtiments", dit-elle. Écoutez.
"Nous demandons à ce que les spécificités de La Réunion et des autres DROM soient pris en compte", interpelle Stéphane Sarnon, président de la FDSEA.
Les agriculteurs veulent montrer qu'à La Réunion on sait produire. "La filière va mal, pourtant, notre rôle est de nourrir la population, sauf qu'aujourd'hui, on a du mal à se nourrir soi-même", lance Stéphane Sarnon.
La CGPER dénonce un appel à la mobilisation "inadapté au contexte ultramarin. Cette transposition mécanique de mots d’ordre nationaux nie les spécificités réunionnaises et relève davantage de l’affichage que d’une réponse efficace aux difficultés des exploitations locales".
"Les agriculteurs réunionnais n’ont pas besoin de mobilisations symboliques ni de discours approximatifs. Ils ont besoin de mesures spécifiques, immédiatement applicables et financées, leur permettant de produire localement, de vivre dignement de leur travail et de garantir la souveraineté alimentaire de La Réunion."
- L'importation, le chef de bataille des agriculteurs réunionnais -
La problématique des importations est l'un des points soulevés par les agriculteurs de La Réunion.
"Il faut que l'État trouve une solution pour davantage utiliser nos produits de saison afin que nous puissions les écouler et seulement après importer ce qui manque", explique Danylo Taïlamé, élu à la Chambre d'agriculture et président de l'association des producteurs et fermiers du Grand Sud. "À la Chambre, il existe des techniciens qui connaissent les périodes de production des fruits et légumes."
"Beaucoup de producteurs ont dû jeter des pommes de terre car ils n'arrivaient pas à les écouler face à l'importation qui est moins chère", alerte-t-il. Idem pour les agrumes, les oignons, "vendus moins cher, car dans les pays où ils sont produits comme l'Inde ou Madagascar, ils utilisent des produits interdits ici et le coût de la main-d'œuvre est moins élevé".
"Si on nous donne les moyens, on arrive à produire localement. On est passés de 800 à 1.200 tonnes d’oignons péi", insiste Olivier Fontaine, président de la Chambre d'agriculture.
Le président de la Chambre a demandé "un renforcement des contrôles aux frontières des produits qui rentrent à La Réunion". Écoutez.
- La canne à sucre en perte de vitesse -
Un rapport de la Cour des comptes européenne ce lundi 26 janvier 2026 observe une incapacité à enrayer le déclin de la filière sucre. La viabilité financière de la filière et sa compétitivité restaient préoccupantes, le soutien apporté par l’UE étant supérieur aux recettes tirées des ventes de sucre, précise cet audit.
La canne a connu des années difficiles. L'année 2025 n'y a pas dérogé avec une campagne sucrière entachée par des grèves, des aléas climatiques et un tonnage en baisse.
Après Garance, la filière canne à sucre a enregistré des pertes estimées à 80 millions d'euros, avec une chute de 40% du tonnage sur le bassin du Gol et 60% sur Bois Rouge.
De plus, "il y a une concurrence des autres pays", déplore Danylo Taïlamé.
Olivier Fontaine se montre ferme : "Malgré les difficultés, arrêter de produire la canne, ce n’est plus un débat. Au contraire, elle a encore de l’avenir".
À La Réunion, la canne représente 54 % de la surface agricole utile, plus de 15.000 emplois directs et indirects, 8 % de la production d’électricité locale via la bagasse, et constitue la première filière exportatrice de l’île.
Le secteur concerne plus de 2.000 planteurs et 15.000 emplois.
Pour la filière canne-sucre, l’Union européenne apporte une aide de 69 millions d’euros par an aux territoires ultramarins français, complétée par 143 millions d’euros versés par l’Etat français.
Lire aussi - Trois mois après Garance, les planteurs alertent sur une filière qui joue sa survie
- Des difficultés sociales et administratives pour les agriculteurs -
Aux contraintes de productions et climatiques, s'ajoutent des difficultés sociales et administratives pour les agriculteurs.
"Il y a trop de normes, trop de paperasses et aujourd'hui beaucoup d'agriculteurs sont dans le rouge", se désolé Danylo Taïlamé.
Olivier Fontaine alerte sur les dossiers européens, notamment le POSEI, dont il redoute la remise en cause : "Nous demandons un fonds dédié spécifique aux Outre-mer, à hauteur des besoins".
Même inquiétude sur le FEADER et la PAC (politique agricole commune), jugés trop instable. "Nous avons besoin de ces aides-là sinon nous ne pourrons plus continuer l'agriculture à La Réunion", interpelle la FDSEA.
Les agriculteurs de La Réunion profiteront de leur déplacement au Salon de l'agriculture à Paris du 21 février au 1er mars 2026, pour interpeller et soutenir les exposants péi.
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Mme BELLO qui soutient les agriculteurs réunionnais. Cela nous change de l'ancien président de region qui aimait bat carré avec nout l'argent et qui sera candidat a la mairie de st Paul.
"on a du mal à se nourrir soi-même", lance Stéphane Sarnon."
très drôle
Cgper syndicat de gauche mais le dirigeant roule a droite.
Syndicat qui s'embourgeoise ?
Prochaine élection pour choisir dirigeants, il faudra bien voter.