Depuis tôt ce jeudi 16 novembre 2023, le dépôt des bus de la SPL estival à Paniandy (Bras Panon) est bloqué par les grévistes de cette entreprise de transports en commun de l'Est. Quasiment aucun bus n'est en circulation. Le durcissement du mouvement de grève entamé il y a quelques jours, a été décidé par l’intersyndicale à la suite de la réunion des maires de la Cirest tenue ce mercredi soir. Contrairement aux revendications des grévistes, le plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) a été maintenu tel quel, impliquant des suppressions d'emplois. Une réunion est prévue à la sous-préfecture de Saint-Benoit dans l'après-midi. "Ils maintiennent le PSE, nous on durcit dont le mouvement" a commenté une syndicaliste. Patrice Selly, président de la Cirest, a par ailleurs annoncé que l'intercommunalité dégagera une enveloppe de 1,1 million d'euros pour soutenir les finances défaillantes de la SPL. L'annonce n'a pas satisfait les salariés, ils ont hué le président de la collectivité (Photos : rb/www.imazpress.com)
"On va passer à la vitesse supérieure", déclare à Imaz Press Éric Talassia, représentant syndical d'UR 974. "Ils ont décidé d'appliquer le plan de sauvegarde de l'emploi avec 17 suppressions de postes, c'est scandaleux", dit-il. Éric Talassia nous explique. "30 postes en tout vont être supprimés sauf qu'ils vont créer 13 nouveaux postes. C'est à ne rien comprendre." Ecoutez :
De plus, "66 salariés doivent baisser leurs salaires", s'offusque Éric Talassia. "S'ils refusent après un délai de 14 jours ils seront licenciés dans le cadre du PSE", ajoute le syndicaliste.
Devant le piquet de grève, Éric Talassia a annoncé dans la matinée qu'une réunion avec le sous-préfet de Saint-Benoît se tiendra dans l'après-midi. "Les représentants de l'intersyndicale se rendront à la réunion, mais il faut maintenir le piquet de grève en notre absence" précise-t-il aux grévistes présents. Ecoutez :
Même consternation partagée par Sarah Lambert de FO. "Ils maintiennent le PSE, on durcit dont le mouvement", précise-t-elle, évoquant également "la sortie sous les huées" du président de la Cirest, Patrice Selly. "Nous on refuse tout licenciement", lance Sarah Lambert. "Ce n'est pas à nous de payer les frais d'une mauvaise gestion" ajoute-t-elle. "On se met donc en grève illimitée. C'est malheureux mais les administrés vont payer la situation de la SPL."
"Cette situation n'a pas été causée par les employés mais par les responsables de la SPL. Les salariés n'ont pas à subir les erreurs des élus" s'indigne Eric Talassia. "La première alerte a été donnée en septembre 2021" rappelle-t-il.
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Face à cette non-avancée, la grève se poursuit. "En raison d'un préavis de grève illimité déposé à la SPL ESTIVAL, pour ce matin, aucun véhicule en circulation sur les lignes 1, 2 , 12, 13, 14, 17, 15A, 15B, 49, 43, 44, 35, 34, 33, 36, 30, 31, 40, 32, 65."
Mais outre ces lignes suspendues, depuis 4 heures ce matin les grévistes sont sur le site de la ZAE de Paniandy à Bras-Panon "où se trouvent tous les bus afin qu'aucun ne sorte".
De son côté, Patrice Selly - qui a annoncé 1,1 million d'euros pour la contribution financière 2024 - donne rendez-vous aux nouveaux élus du CSE le 27 novembre pour discuter du plan de sauvegarde des emplois.
- Un problème de gestion pointé du doigt -
Si la SPL Estival sombre, "c'est en raison de problèmes de gestion", note Sarah Lambert.
Par exemple, "sur les conventions, le président Selly a fait voter en faveur du transport urbain un enveloppe d'un million d'euro pour la révision des prix en raison de l'inflation. Mais peu de temps après, lors de la signature de la convention, le coût kilométrique était inférieur au contrat précédent : il est passé de 8,75 euros à 6,35 euros".
Pour rappel, la SPL Estival est dans la tourmente et a été placée en redressement judiciaire le 30 août dernier. En proie à graves difficultés financières, avec près de 3 millions d'euros d'endettement, la société de transport de l'est devra bientôt présenter un plan de restructuration.
En plus de cela, le Quotidien a révélé que 93 000 euros ont été reversé par la SPL "à l’agence Booking Réunion Island pour des campagnes de communication adossées à trois concerts de Kartel Prod, sans lien apparent avec les déplacements en bus". 400 000 euros de dépenses sans rapport avec la SPL ont aussi été relevés.
Le maire de Saint-Benoit a déjà affirmé ne rien savoir de cette affaire. Même son de cloche pour le maire de Bras-Panon, Jeannick Atchapa, alors que Ludovic Alamélou était conseiller municpal de sa commune. Il a démissionné de son mandat le 3 août dernier.
La Région, actionnaire à hauteur de 5%, a de son côté regretté la gestion de la SPL. "Force est de constater le gâchis provoqué par le choix de la Cirest d’installer un PDG rémunéré à la tête de la SPL malgré les mises en garde qui avaient été faites", a réagi Huguette Bello.
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