Nouvelle fiscallité sur les alcools : concertation entre le Département et les producteurs de rhum

  • Publié le 25 février 2026 à 10:23
  • Actualisé le 25 février 2026 à 11:30
conseil départemental

"Dans la continuité des échanges engagés le 18 février 2026 avec les représentants de la filière des rhumiers et les producteurs d’alcools forts locaux, le Conseil départemental a reçu le 23 février, à leur demande, Philippe-Alexandre Rebboah, Président du Syndicat de l’Importation et du Commerce de La Réunion (SICR), organisation patronale présente sur le territoire depuis plus de 70 ans, ainsi qu'Adorine Toumoun, secrétaire générale" indique le conseil départemental ce mercredi 25 février. "Cette rencontre s’inscrit dans la démarche de concertation large et responsable engagée par la Collectivité autour de la fiscalité des alcools" poursuit la collectivité départementale (Photo : sly/www.imazpress.com)

Les représentants du SICR ont rappelé que les alcools figurent parmi les principaux postes d’importation de La Réunion, aux côtés de l’automobile et des produits alimentaires, contribuant de manière significative aux recettes liées à l’octroi de mer.

"Ils ont également souligné l’impact de la hausse de l’octroi de mer régional intervenue en décembre 2024 sur les spiritueux et les champagnes, tout en exprimant leurs interrogations quant au lien direct entre fiscalité sur les produits importés et phénomène d’alcoolisme sur le territoire" détaille le conseil départemental dans un communiqué publié à l'issue de la rencontre.

Le SICR a par ailleurs mis en avant "son engagement dans une démarche de responsabilité sociétale, rappelant avoir été à l’initiative de la Charte alcools adoptée en 2024 sous l’égide du Préfet, et à laquelle les producteurs locaux s’étaient ensuite associés" dit encore le Département.

Cette charte a notamment permis d’encadrer la publicité à proximité des établissements scolaires et des équipements sportifs. Arrivée à échéance en janvier 2026, elle pourrait constituer une base de travail pour une réflexion renouvelée.

Lire aussi - Fiscalité sur le rhum : l'amendement Fouassin validé, le Département appelle à une concertation "constructive"

- Identifier les causes de l’hyper-alcoolisme à La Réunion - 

Les échanges ont également porté sur l’étude engagée par l’Agence régionale de santé, dont les résultats sont attendus enjuin 2026, afin de mieux identifier les déterminants et les causes de l’hyper-alcoolisme à La Réunion. Les représentants du SICR ont exprimé  par ailleurs leur volonté de transmettre des données complémentaires au Département afin d’éclairer objectivement les analyses et décisions à venir.

"Le Conseil départemental a pris acte de ces éléments et a confirmé sa volonté d’élargir la matrice des acteurs associés à la concertation engagée. Après les producteurs locaux, il est indispensable d’intégrer les représentants de l’importation et du commerce dans la prochaine réunion de travail afin de construire une approche globale et équilibrée" note la collectivité départementale.

"L’objectif demeure constant : rechercher la juste mesure entre la préservation d’une filière économique génératrice d’emplois et de ressources pour le territoire, et la nécessité impérieuse de lutter collectivement et durablement  contre les conséquences sanitaires et sociales particulièrement préoccupantes de l’alcoolisme à La Réunion" dit encore le Département.

- Un amendement combattu -

Pour rappel, la nouvelle fiscalité est issue de l'amendement du sénateur Fouassin. Le texte aura fait couler beaucoup d'encre. Déposé par le sénateur Stéphane Fouassin, médecin de profession, cette proposition a créé une véritable levée de bouclier du côté des professionnels du secteur, mais aussi du Département, de la Région, et de plusieurs députés réunionnais.

Plusieurs députés de gauche ont d'ailleurs tenté d'introduire un nouvel amendement proposant que "le produit des majorations de l’accise sur les alcools perçues à La Réunion (soit) exclusivement affecté au financement des politiques de prévention, de prise en charge et de réduction des risques liés à la consommation d’alcool". Ce dernier a finalement été déclaré irrecevable. 

Pour la Région Réunion, cette majoration des droits d’accises (taxes indirectes sur la vente ou l'utilisation de certains produits) représenterait selon la présidente Huguette Bello : "une hausse de plus de 1.200% par rapport à la fiscalité actuellement appliquée, soit une surtaxe potentielle de près de 8 euros par bouteille d'un litre".

"En renchérissant ce que nous produisons localement tout en favorisant des produits importés, elle irait à rebours des objectifs de valorisation des filières locales, de relocalisation de la valeur et de renforcement de notre économie, et conduirait mécaniquement à un report de la consommation vers des alcools importés", pestent les organisations économiques de La Réunion.

"La filière du rhum de La Réunion est exclusivement composée de TPE et de PME, qui ne disposent pas de la capacité financière pour absorber un choc fiscal d’une telle ampleur sans mettre en péril les outils de production et les emplois associés."

- 250 décès directs et 450 indirects à cause de l'alcool chaque année à La Réunion -

Ce débat intervient alors que l'alcoolisme à La Réunion tue en moyenne 250 personnes chaque année. "On estime à 250 le nombre de décès par an liés directement à l’alcool (cause directe) et plus de 450 décès au moins en partie imputables à l’alcool", indiquait l'Agence régionale de santé (ARS) en juin dernier. 

Si le département est derrière l'Hexagone en termes de consommation quotidienne d'alcool, 10 % des buveurs consomment 69 % des quantités d’alcool bues à La Réunion. Les gros buveurs peuvent consommer jusqu'à 16 verres par jour, soit trois litres d'alcool fort. Soit une moyenne de 112 verres par semaine.

D'après une enquête d'Alcoolisation Chronique Massive à La Réunion (ACMA974), l'alcool le plus consommé reste par ailleurs le rhum et ses dérivés pour 47% des personnes.

• Pour les personnes ayant une forte dépendance à l’alcool, il est conseillé d’en parler à son médecin et d’aller consulter des professionnels spécialisés en addictologie : CSAPA (centre de soins ambulatoires en addictologie) ou services d’addictologie des établissements de santé. 

La direction d'Addictions France Réunion accueille les personnes sur son centre de prévention et de formation sur les addictions, ainsi que sur ses centres de soins en addictologie repartis sur l’ensemble de l’île. Toute personne peut se faire accompagner de manière anonyme et totalement gratuite. Renseignements à la direction d’Addictions France au : 02 62 30 22 93 ou sur le site de l’association nationale : https://addictions-france.org/

Pour faire le point sur sa consommation d’alcool, s’informer ou être aidé, RDV sur le site "Alcool-info-service".

Lire aussi - Alcool :  la consommation diminue chez les jeunes, mais "les efforts doivent continuer"

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2 Commentaires
taratata
taratata
36 minutes

Ce n'est pas la direction de AF qui accueille mais ce sont les établissements.
Par ailleurs il faut développer votre connaissance des acteurs de l'addiction. Il y a aussi le Réseau Oté!
Je vous laisse le soin de chercher les coordonnées à Saint-Paul (Grande Fontaine).

Melchior nou veut pi
Melchior nou veut pi
1 heure

St Paul merite mieux que Melchior ou Didier Robert.

Saint Paul mérite Emmanuel SERAPHIN, un excellent maire