L'affaire de l'école privée Sainte-Marguerite à Saint-Benoît - où 11 plaintes pour agressions sexuelles sur mineurs de moins de 5 ans ont été déposées - "n'est pas pour nous totalement terminée", informe la procureure de la République de Saint-Denis à Imaz Press. "Des investigations complémentaires sont en cours", précise le parquet. La procédure avait été classée sans suite le vendredi 26 juin 2026. Un classement contesté par les familles (Photo : Stephan Laï-Yu/www.imazpress.com)
Ces investigations complémentaires en cours "devront être portées à la connaissance des personnes concernées", précise à Imaz Press, Véronique Denizot.
Elle poursuit, "les notifications de classement sans suite ne sont pas totalement terminées et devront être mises à jour et faire l'objet de nouvelles notifications de décisions, ouvrant la possibilité de recours, en réalité déjà plus ou moins engagés".
Véronique Denizot précise : "des avocats ont sollicité des copies de procédures".
"C'est un dossier qui n'est pas, pour nous, totalement terminé", ajoute la procureure de la République de Saint-Denis.
- Les parents de victimes contestent le classement sans suite -
Ce réexamen fait suite à la contestation de la part des parents des 11 jeunes victimes, du classement sans suite dans l'affaire de viols présumés sur mineurs de moins de 5 ans à l'école privée Sainte-Marguerite de Saint-Benoît, qu'Imaz Press vous révélait le 26 juin 2026.
Le lundi 17 août 2026, lors d'une réunion organisée par l'association EPAA (Écoute-moi, Protège-moi, Aide-moi, Aime-moi) sur la protection des enfants, la représentante du collectif des parents victimes a fait connaître, accompagnée de parents de victimes, le nom de ceux qui contestaient la décision. "En ce sens un courriel a été transmis" à la Procureure générale de La Réunion, Fabienne Atzori, indique la maman d'une des victimes.
Parmi les institutions présentes, figuraient notamment Fabienne Atzori, procureure Générale, Véronique Denizot, procureure de la République du tribunal de Saint-Denis, Élodie Landat, la procureure de la République du tribunal de Saint-Pierre, Maître Antonelli, les sénatrices Evelyne Corbière et Audrey Bélim, les députés Frédéric Maillot, Phillipe Naillet et Karine Lebon, ainsi que les représentants du Conseil Départemental, de l’association des maires de La Réunion, du Rectorat, de la CAF, plusieurs élus municipaux, des médecins ainsi que la Gendarmerie et la Police judiciaire.
Une mère de victime confie à Imaz Press : "nous avons eu l'occasion de nous exprimer sur notre affaire, en abordant la nature des faits reprochés, les incohérences dans l'enquête, les obstacles rencontrés, ainsi que les motifs de ce classement sans suite".
Les parents restent désormais dans l'attente d'un retour de la part du parquet général.
- L'agent n'a pas été réintégré à l'école privée de Saint-Benoît -
Alors que le classement sans suite avait été ordonné par le parquet de Saint-Denis, une crainte gagnait les parents de l'école privée Sainte-Marguerite de Saint-Benoît, celle du retour de l'agent visé par plusieurs plaintes pour agressions sexuelles sur mineurs, alors en arrêt longue maladie.
Selon nos informations, l'agent - employé comme jardinier - n'a pas été réintégré à l'école.
Lors de la sortie de l'affaire, il avait été indiqué à Imaz Press, que l'homme avait été suspendu à titre conservatoire. Le 20 novembre 2025, la procureure de la République de Saint-Denis, Véronique Denizot, avait annoncé sa "mise à pied".
Ce même agent avait une première fois repris son poste en février 2026. Lorsqu'il reprit son poste, la direction et l'Organisme de gestion de l'Enseignement catholique (OGEC) justifiait la décision par un mail envoyé aux parents, arguant la "présomption d'innocence en l'absence de décision judiciaire ou administrative".
Face au tollé provoqué par cette réintégration, la direction avait tenté de rassurer les parents en précisant que "l'organisation du travail de ce salarié a été strictement aménagée.
- 11 plaintes déposées pour agressions sexuelles -
L'affaire est révélée en novembre 2025. Des parents et des élèves ont signalé des comportements jugés inappropriés d'un salarié de l'OGEC.
11 plaintes sont déposées par plusieurs familles de l'établissement privé de Saint-Benoît pour agressions sexuelles présumées sur mineurs.
Ce dernier a été entendu par les services de la gendarmerie. Selon nos informations, le salarié concerné conteste les faits qui lui sont reprochés.
L'affaire ne s'arrête pas là. Le 2 mars 2026, trois familles - dont les parents se sont offusqués de la réintégration de l'agent - ont reçu un courrier recommandé de la direction, leur annonçant la radiation de leur enfant au motif d'une "rupture de confiance durable".
Le diocèse s'était alors défendu en arguant avoir fait "face à des faits d'une gravité exceptionnelle", mis comme "priorité absolue, dès le premier instant, la protection des enfants et l'accompagnement de toutes les familles concernées".
- Violences sexuelles sur mineurs : 1.052 enquêtes réexaminées à La Réunion -
À La Réunion, et à date du 22 juillet 2026, sur 1.392 affaires "en stock", selon le qualificatif du ministère de la Justice, 1.050 procédures - en cours dans les deux parquets de La Réunion et celui de Mayotte -, avaient été réexaminées, ont indiqué les autorités judiciaires.
Ces réexamens ont mené à la mise en détention provisoire de huit personnes dans la juridiction de Saint-Pierre.
En 2024, 995 enfants ont été victimes d'atteintes sexuelles, dont 382 dans un cadre intrafamilial, et 158 viols ont été recensés, en hausse de 23%, selon la gendarmerie.
En cas d'urgence, le seul numéro à composer est celui de Police Secours.
Le 119 pour les enfants en danger
Le 112, numéro d'urgence européen
Le 114 pour les personnes sourdes, malentendantes, aphasiques, dysphasiques
Vous pouvez signaler des faits de violences, directement auprès du commissariat ou de la gendarmerie la plus proche sur le www.servicepublic.fr/cmi Anonyme et gratuit, ce tchat est accessible 24h/24 et 7j/7 pour échanger avec des policiers ou des gendarmes spécialement formés aux violences sexistes et sexuelles.
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