Au lendemain d’une réunion tendue en préfecture, sans avancée concrète ni promesse, tous les regards se tournent, ce mercredi 22 avril 2026, vers les compagnies pétrolières. Attendues à la Direction de l'Économie, de l'Emploi, du Travail et des Solidarités (Deets), elles sont désormais les seules à pouvoir proposer une solution immédiate pour toute la population face à la hausse des prix du carburant. (Photo Richard Bouhet / www.imazpress.com)
Mardi après-midi, devant les grilles de la préfecture de Saint-Denis, l'atmosphère était lourde et l’attente était longue. À l’intérieur, autour de la table : le préfet, Patrice Latron accompagné des services de l'État, des élus (notamment la présidente de Région, Huguette Bello, le président de la CCIR, Pierrick Robert, le sénateur Stéphane Fouassin, ou encore les députés Frédérick Maillot, Karine Lebon et Jean-Hugues Ratenon), des représentants des professionnels de la route et les pétroliers. À l’extérieur, une question suspendue dans l’air : les compagnies pétrolières feront-elles un effort ?
Après plus de deux heures de réunion, le constat est sans appel : aucune décision concrète n’a été prise. Et surtout, aucun mot des pétroliers, silencieux en quittant les lieux, refusant toute déclaration aux journalistes restés faire le pied de grue dans le jardin de la Liberté.
- Une "lueur d’espoir"… mais aucune promesse -
À la sortie, Huguette Bello est optimiste. "Il y a peut-être une petite lueur d’espoir puisque les pétroliers ont accepté de rencontrer la Deets demain matin", glisse-t-elle, tout en rappelant l’essentiel : "Les Réunionnais ne comprendraient pas qu’avec les marges qui sont les leurs, les pétroliers ne fassent pas un geste. Ils ont le devoir de faire un geste de solidarité".
Un appel clair, alors que collectivités et institutions ont déjà mis la main à la poche ces derniers jours. Désormais, pour l’exécutif régional, "tout le monde a fait un geste", et il revient aux compagnies de faire leur part.
- Des solutions immédiates attendues -
Même fermeté du côté du monde économique. Pierrick Robert ne cache plus son impatience : "Ce ne sont pas des propositions mais des solutions qui doivent être apportées aux Réunionnais", insiste-t-il. Il rappelle que la crise ne touche pas seulement les transporteurs : "les 70 % de petites entreprises n’ont aucune mesure d’accompagnement".
Face à l’urgence, il estime que c’est aux pétroliers "de retourner cette situation et de trouver des solutions immédiates". Avant de prévenir, presque comme un avertissement : "Si rien n’est fait, alors chacun prendra ses responsabilités".
- Un effort possible sur les stocks disponibles -
Du côté des professionnels de la route, présents lors de la réunion d'hier, l’espoir repose sur les discussions techniques prévues ce mercredi avec la Deets. Vianney Settama, porte-parole de l'intersyndicale des professionnels de la route évoque une piste concrète : "déterminer s’il est possible d’apporter une solution sur les stocks disponibles achetés à des tarifs nettement plus bas, avant l'augmentation des prix".
À la sortie de la préfecture ce mardi après-midi, il affirmait que "les pétroliers ont compris l’urgence sociale et économique" et "peuvent apporter une solution pour toute la population".
- Pas de pénurie, mais une crise bien réelle -
Dans ce climat tendu, une rumeur de pénurie a brièvement circulé. Rapidement démentie. "Il n’a nullement été question d’une pénurie à La Réunion", a assuré Vianney Settama, une information confirmée par Pierrick Robert. Si certains pays sont concernés par des difficultés d'approvisionnement, ce n'est, aucunement, le cas de notre île.
Reste que les difficultés, elles, sont bien réelles. Depuis la hausse brutale du 1er avril, liée au conflit au Moyen-Orient, le carburant pèse lourd sur le quotidien des ménages et la survie de nombreuses entreprises.
- Une rencontre décisive -
Ce mercredi 22 avril pourrait donc marquer un tournant. Ou prolonger, voire intensifier la crise. Car désormais, une évidence s’impose : la balle est dans le camp des pétroliers. Ce sont eux qui détiennent les leviers immédiats pour agir sur les prix, notamment via leurs marges ou leurs stocks. Et face à une population qui attend des réponses concrètes, leur silence ne pourra pas durer indéfiniment.
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Faut une "aide aussi grand rouleur" applicable à la réunion. Voilà une action à mettre au plus vite, le gouvernement a déjà maché le travail.. VITE