Un phénomène "El Niño" exceptionnel : à La Réunion, la saison des pluies s'annonce particulièrement chaude

  • Publié le 8 septembre 2026 à 03:00
Météo réunion

La Réunion doit-elle avoir peur d'El Niño ? Suivi par les équipes de Météo France Océan-Indien, il commence déjà à impacter le climat global par des températures plus douces que la normale. Dans le département, les météorologues s'accordent à dire, qu'à l'inverse, dans les semaines à venir, il fera beaucoup plus chaud. Concernant l'activité cyclonique, elle sera plus faible… mais pas forcément plus calme. Ce phénomène climatique inquiète dans le monde après avoir provoqué des tempêtes et ouragans extrêmes, alors qu'il ne devrait atteindre son pic que vers novembre (Photo : Richard Bouhet/www.imazpress.com)

"À mesure que l'on entrera dans la saison des pluies, les impacts du phénomène El Niño se concrétiseront", explique Julien Renzoni, directeur interrégional de Météo France Océan-Indien.

Mais concrètement, à quoi La Réunion doit-elle s'attendre ? Devons-nous craindre des scénarios avec d'importantes tempêtes et des océans en surchauffe dans notre bassin ?

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- Des températures plus élevées sur La Réunion -

"L'impact d'El Niño sur La Réunion se traduit d'abord sur la température et la pluviométrie", explique la direction de Météo France OI.

"Concernant le premier paramètre, "on observe systématiquement des températures plus élevées que la normale durant la saison des pluies", même si l'heure est actuellement à la fraîcheur. Des températures plus douces que la normale, elles aussi conséquences de ce phénomène.

À savoir si avec El Niño, la sécheresse qui frappe déjà La Réunion depuis plusieurs mois, pourrait perdurer… ou pas, Météo France indique que "la pluviométrie est également liée à d'autres phénomènes océaniques régionaux qui se développent conjointement avec El Niño et dont l'évolution est susceptible d'affecter le régime pluviométrique dans un sens excédentaire ou déficitaire".

Personne ne pourra donc dire si, à ce stade, la saison des pluies pourra combler les nappes et rivières ou au contraire, aggraver une situation déjà critique.

- Une activité cyclonique plus faible… mais pas forcément plus calme -

Concernant l'activité cyclonique, Météo France "s'attend à une diminution de l'activité sur le bassin (la moyenne étant de 10 systèmes par saison sur tout le bassin)".

Julien Renzoni précise : "la formation et l'intensification des systèmes cycloniques ne dépendent pas que de la température de l'océan. En situation El Niño, les conditions atmosphériques rendent défavorables la formation de systèmes dans le canal du Mozambique et de manière générale favorisent leur déplacement vers le sud plus que vers l'ouest".

"Le risque cyclonique sera donc atténué sur Madagascar et la côte du continent africain, mais il devrait rester proche de la normale sur les Mascareignes, qui est de un système sur la saison", poursuit-il.

Si peu de systèmes devraient se former, il peut suffire d'un seul pour faire des dégâts, rappelons-le. Garance en a été le bel exemple.

À ce stade, "on ne peut pas anticiper l'intensité des phénomènes qui se développeront sur le bassin", confie le directeur de Météo France.

La première estimation sur l'impact cyclonique possible pour cette saison à La Réunion sera donnée fin octobre.

- El Niño, un phénomène climatique qui réchauffe les océans -

Les épisodes El Niño, notamment les plus récents, sont associés à un réchauffement du bassin océanique qui entraîne celui de l'atmosphère. Regardez en 2023.

"Ce phénomène se superpose à celui de la tendance liée au réchauffement climatique pour produire des écarts à la normale très significatifs", indique Julien Renzoni.

À titre d'exemple, "la climatologie enseigne qu'en situation normale, à Gillot, le nombre de jours où les températures maximales dépassent les 31 degrés sur le trimestre décembre à février est d'un peu moins de 20", dit-il.

En situation El Niño "ce nombre pourrait atteindre voire dépasser les 50", prévient le directeur de Météo France OI.

L'épisode devrait "parvenir à son apogée vers la fin de l’année 2026", prévient l'Organisation météorologique mondiale (OMM), indiquant aussi "une probabilité exceptionnellement élevée" de près de 100% qu'El Niño se maintienne jusqu'en février 2027.

Ce n'est pas le premier El Niño qui affecte la région. Le dernier remonte à la saison 2023-2024. Ne nous y trompons pas… les océans, les températures… tout se réchauffe. Et il va falloir s'y habituer.

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ma.m/www.imazpress.com/[email protected]

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