Cap à l'ouest

Entre mer et forêts, le Territoire de l'Ouest face au défi d’un tourisme maîtrisé et durable

  • Publié le 6 juin 2024 à 09:54

Au cours de l'année 2023, La Réunion a accueilli 556.089 touristes extérieurs, soit une hausse de 12,2%. Parmi ces touristes, nombreux – si ce n'est pas tous - sont passés au moins une fois par l'ouest de l'île. Entre plages et montagne, le Territoire de l'ouest attire toujours de nombreux locaux comme touristes de l'extérieur. De Boucan Canot au Maïdo, des Roches Noires à Trou d'Eau, de Saint-Leu à l'Hermitage, de Mafate à Dos d'Âne… la "French Riviera" sait séduire. Acteurs du monde marin, du tourisme et collectivités mettent tout en œuvre pour attirer les foules. Mais attention toutefois à ne pas tomber dans le tourisme de masse. L'ouest mise plutôt sur un tourisme "maîtrisé et durable" (Photo rb/www.imazpresss.com)

"Il est vrai que dans l'ouest on est plutôt gâté parce que l'on a les baleines, beaucoup de monde, les hôtels se remplissent, les hébergements de locations aussi", souligne Stéphanie Jautzy, directrice de l'Office de tourisme de l'ouest.

Un constat partagé par les professionnels. Élisabeth Manceau, présidente de l'association Gloria Maris se dit très satisfaite de tout ce qui est mis en œuvre "puisque l'on a de plus en plus d'adhérents qui viennent plonger".

"On ne se plaint pas. On a les restaurants sur le port, la boulangerie, les hôtels pas loin, c'est satisfaisant."

Si le tourisme se porte bien, du côté des balades en bateau, le ressenti est un peu différent. "Cela dépend des périodes mais l'année est relativement compliquée", évoque Axel Dagneaux. "On sent la baisse du niveau de tourisme en raison des billets d'avion trop chers, plus le prix de l'hébergement et la vie en général."

"L'île est très attractive en soi et il y a beaucoup à faire à La Réunion", dit-il. 

Interrogé sur le tourisme, le maire de Saint-Paul et président du Territoire de l'ouest déclare : "il y a énormément d'efforts de fait sur l'ouest".

"Nous avons la moitié des hébergements touristiques de l'île et on a vu grâce à cela sur les dernières années, la taxe de séjour passée de 1,1 million à 2,3 millions d'euros. Ce qui permet de dynamiser l'Office de tourisme de l'ouest et mener des actions d'animation sur Saint-Gilles, Saint-Leu et demain Trois-Bassins où un hôtel va bientôt voir le jour."

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- Attirer du monde... même en périodes creuses -

Toutefois, si les week-ends et vacances sont remplis, en période creuse, le moral est moins à la fête. Raison pour laquelle "nous axons notre stratégie pour offrir avec les prestataires touristiques des moyens pour développer le tourisme en période creuse", indique Stéphanie Jautzy.

"Nous voulons inciter les gens à venir hors week-end profiter tranquillement avec des offres décalées et des prix attractifs."

Fabrice Noël est restaurateur sur Saint-Gilles. Selon lui, l'attractivité touristique est "très cyclique selon s'il y a les vacances à La Réunion ou en métropole".

Afin d'ameuter le plus de monde, il "faudrait animer de plus en plus, se tourner vers le client et faire de Saint-Gilles un pôle où venir passer du temps".

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- Des parkings oui... mais pas suffisamment -

Inciter les gens à venir oui… mais avec quelles places de parking ?

Car il est vrai que chaque week-end et à chaque période de vacances scolaires, c'est la croix et la bannière pour trouver où se garer. Et cela, pas seulement sur Saint-Gilles.

Pour Élisabeth Manzeau, le parking est un des gros points noirs de l'accueil des touristes. "Soit l'on construit des parkings en hauteur ou payant, ou alors on met en place des navettes car le parking c'est vraiment un gros point noir", dit-elle.

À cette question des parkings, que cela soit les places prises à Saint-Gilles où les parking remplis de camping-car et vans aménagés, Emmanuel Séraphin explique que : "nous sommes en train de voir avec la station balnéaire le modèle économique des parkings silos (parking aérien - ndlr)". "Cela permettra sur la durée de limiter l'étalage des parkings."

L'objectif étant de "faciliter la vie des usagers de la station".

- Une sécurité et un environnement à respecter -

Si les touristes sont bien présents, tout comme les locaux, leur chiffre risque fortement d'être multiplié par deux lorsque la saison des baleines sera vraiment lancée.

Un défi pour le Territoire de l'ouest, tant en termes de sécurité, que de respect général de l'environnement.

En termes de sécurité, "nous avons doublé notre effectif de police municipale et rajouté des assistants temporaires sur les plages", précise Emmanuel Séraphin.

Des caméras ont également été installées sur l'espace public et le port de Saint-Gilles. "Ce qui permet de prévenir un certain nombre de faits de délinquance", souligne Emmanuel Séraphin.

Qui dit tourisme, dit affluence en nombre et parfois, au grand dam de l'environnement, des déchets qui s'amoncellent sur des espaces à préserver et le littoral.

"Nous avons, avec Tamarun, une convention pour le nettoyage des plages", dit-il, prenant en exemple le lendemain du 31 décembre, où "à 9 heures, tout est propre".

Afin d'assainir les lieux, le Territoire de l'ouest prévoit l'installation de nouvelles toilettes vers le boulodrome de l'Hermitage et le mail de Rodrigues.

"Des équipements et un confort qui permettent aux touristes d'avoir une station balnéaire dynamique."

À l'horizon 2040, "ce que l'on anticipe c'est un tourisme maîtrisé avec des équipements sécurisés ainsi que de nouveaux bassins de baignade – comme vers le débarcadère de Saint-Paul – et rendre ce littoral plus écologique pour faire un tourisme durable".

- Les baleines arrivent... respectons-les -

Si le Territoire de l'ouest, les professionnels et les acteurs du tourisme en général mettent tout en œuvre pour dynamiser le tourisme, à l'approche des baleines, c'est également aux Réunionnais et aux touristes de faire preuve de respect, notamment envers les géantes des mers.

"À la période des baleines il y a beaucoup de monde sur le plan d'eau. Cela impacte positivement dans le sens où les gens viennent les voir mais là où c'est gênant c'est que si elles sont moins nombreuses, il risque d'y avoir trop de monde", lance Élisabeth Manceau.

Elle le dit, "si les professionnels et les associations sont respectueux des règles d'approche, c'est plus complexe avec les personnes qui louent les bateaux".

Un avis que partage Axel Daigneau. Concernant les baleines, "l'idée est de ne pas faire n'importe quoi. Avec la règlementation on sensibilise les acteurs professionnels qui ont pour but de sensibiliser les touristes". Et surtout "faire la guerre aux personnes non professionnelles qui font n'importe quoi".

"Il est important que les gens prennent conscience que c'est important de les préserver. Il y a une règlementation à respecter". L'Office de tourisme qui, dès la période de vacances, va mettre en place des rendez-vous cétacés pour sensibiliser les gens sur l'observation responsable que ce soit en mer ou sur le littoral", souligne Stéphanie Jautzy de l'Office de tourisme de l'ouest.

Le spectacle offert par les baleines est toujours beau, mais il convient de noter qu'il existe un arrêté préfectoral précisant les bonnes pratiques à respecter pour observer les cétacés sans les déranger.

Si certains paramètres dépendent également du comportement des cétacés, notamment la distance minimale, il faut à tout moment de faire preuve de prudence et de précaution en privilégiant une vitesse réduite voire le point-mort pour éviter toute perturbation des mammifères marins.

Les personnes ne respectant pas cela s’exposent à de fortes amendes et à la suspension ou au retrait de leur permis de conduire les navires. A termes, les mises à l'eau pourraient même être interdites, si l'on écoute les associations...

 

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ma.m/www.imazpress.com/redac@ipreunion.com

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2 Commentaires
Léon
Léon
1 mois

Le maire de Saint Paul n'est jamais venu à Boucan. Autrement il saurait que c'est dans un état plus que déplorable, poubelles malodorantes à l'entrée, toilettes indignes, escaliers brisés et dangereux...
Il est honteux d'accueillir des touristes ainsi.

Léon
Léon
1 mois

Le maire de Saint Paul n'est jamais allé à Boucan, c'est tout simplement dégueu, une honte pour la ville.