Cap Sacré-Cœur : le procès en appel d'Olivier Hoarau renvoyé au 26 novembre 2026

  • Publié le 28 mai 2026 à 09:26
  • Actualisé le 28 mai 2026 à 09:27
Tribunal de Saint-Denis : trois jours de procès pour Olivier Hoarau dans l’affaire du Cap Sacré-Cœur [?]

Nous vous l'annoncions ce mardi 26 mai 2026, le procès en appel d'Olivier Hoarau, dans l'affaire du Cap Sacré-Cœur a été renvoyé. La Cour d'appel a fixé la date au 26 novembre 2026. En décembre 2024, le maire portois avait été condamné par le tribunal correctionnel de Saint-Denis à une peine de 15 mois de prison avec sursis, 15.000 euros d'amende et 5 ans d'inéligibilité pour des faits supposés de recel d'abus de confiance et blanchiment. Il était initialement poursuivi pour des faits supposés de corruption avant que cela ne soit requalifié en complicité d'abus de confiance. L'auteur principal de ce supposé abus de confiance n'est pas poursuivi (Photo : Richard Bouhet/www.imazpress.com)

Lors du procès devant le tribunal correctionnel - qui a eu lieu du 13 novembre au 15 novembre 2024 -, Olivier Hoarau, l'ex premier adjoint portois Fayzal Ahmed Vali, sa compagne, un cadre du groupe Casino et le directeur de cabinet du maire portois Bernard Payet, étaient poursuivis, à des degrés divers, pour des faits présumés de corruption.

Ils étaient soupçonnés d'avoir conclu un pacte corruptif au moment de l'extension du centre commercial "Cap Sacré-Coeur" à travers des associations locales du Port entre 2014 et 2019 pour un montant présumé de 400.000 euros.

Une enquête avait été déclenchée par le parquet à la suite d'un signalement de Tracfin, relevant des transactions financières sur le compte des principaux prévenus entre 2016 et 2019.

L'ex cadre du groupe Casino - à qui le marché avait été attribué -, était suspecté d'avoir versé ces pots-de-vin.

- La partie civile estime qu'il n'y pas de corruption -

"Vous avez été sollicité pour alimenter les comptes bancaires de Messieurs Hoarau et Valy (en faisant supposément transiter l'argent sur des comptes d'associations - ndlr)" avait indiqué le président du tribunal correctionnel. Le magistrat avait toutefois estimé que les éléments de l'enquête étaient insuffisants pour caractériser la corruption.

Une constatation sur laquelle se sont appuyés les avocats de la défense. Tout au long du procès, ils se sont évertués à démontrer qu'Olivier Hoarau n'avait pas eu de pouvoir d'intervention dans l'extension du Cap Sacré Coeur.

Cet avis fut partagé par la partie civile, constituée par Mercialys, propriétaire du Cap Sacré Cœur.  L'avocat avait demandé au parquet de requalifier les faits, considérant qu'il n’y a pas eu d’exécution de contrepartie en échange des fonds alloués aux associations, et qu'il n'y a donc pas de corruption.

Il avait par ailleurs annoncé qu'il engagera une procédure à l'encontre d'un dirigeant d'associations, entendu uniquement en tant que témoin lors du procès.

Interrogé à la barre, ce dirigeant avait admis s'être servi des fonds alloués à son association à des fins personnelles.

- "Jugés sur des faits pour lesquels nous n'étions pas poursuivis" -

Une situation inédite du point de vue de la défense d'Olivier Hoarau. "Sans notre accord, nous avons été jugés sur des faits pour lesquels nous n'étions pas poursuivis", avait lancé Maître Sébastien Navarro, l'un des conseils du maire.

Il avait précisé que, lors du procès, le tribunal n'a jamais demandé aux prévenus s'ils acceptaient d'être jugés sur de nouveaux faits, en l'occurrence, le recel d'abus de biens sociaux.

Une entorse à la règle judiciaire fustigée par les avocats des intéressés. Cela d'autant plus que "l'auteur principal des faits supposés - le dirigeant d'association qui a reconnu à la barre du tribunal son implication, n'est toujours pas poursuivi".

Le 15 novembre 2024, Véronique Denizot en personne, avait proposé au tribunal de prononcer des peines conséquentes à l’encontre d’Olivier Hoarau et Fayzal Ahmed-Vali, considéré comme "le banquier".

Lire aussi - Cap Sacré-Cœur : les avocats d’Olivier Hoarau plaident la relaxe, le délibéré attendu le 17 décembre

- Olivier Hoarau condamné à 15 mois de prison avec sursis -

Le tribunal correctionnel a rendu son jugement le 17 décembre 2024. Les faits reprochés avaient été requalifiés en complicité d'abus de confiance à l'encontre du maire du Port et de son ancien Premier adjoint. Les trois autres prévenus avaient été relaxés.

Immédiatement après le rendu de la décision correctionnelle, Olivier Hoarau et Fayzal Ahmed-Vali avaient fait appel.

Le parquet de Saint-Denis avait à son tour interjeté appel. Un appel qui ne concerne qu'Olivier Hoarau et Fayzal Ahmed-Vali sur le recel d'abus de biens sociaux. Les poursuites pour trafic d'influence, blanchiment et corruption ayant été abandonnées par la procureure de la République.

La Cour d'appel va devoir désormais juger les faits qui sont visés dans l'ordonnance de renvoi devant le tribunal correctionnel, à savoir corruption active, trafic d'influence et blanchiment et qui font suite à cinq d'enquêtes et d'instruction.

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