[Photos/Vidéo] Trop d'importations, trésoreries dans le rouge... les agriculteurs de La Réunion devant la préfecture

  • Publié le 27 janvier 2026 à 10:17
Manifestation des agriculteurs

Ce mardi 27 janvier 2026, à l'appel de la FDSEA et des Jeunes agriculteurs (JA), les professionnels du monde agricole sont appelés à la mobilisation. Trop d'importations, la filière canne en difficulté, des trésoreries dans le rouge... "Nous n'en pouvons plus. Il faut des réponses et des solutions concrètes à nos difficultés", a déclaré Olivier Fontaine, président de la Chambre d'agriculture, lors de ses vœux à la presse. Le rassemblement débute à 8h30 devant la préfecture (Photo d'illustration : rb/www.imazpress.com)

"Aujourd'hui c'est le cri de colère des agriculteurs", lance Olivier Fontaine, président de la Chambre d'agriculture de La Réunion. Écoutez.

"Nous demandons à ce que les spécificités de La Réunion et des autres DROM soient pris en compte", interpelle Stéphane Sarnon, président de la FDSEA.

Les agriculteurs veulent montrer qu'à La Réunion on sait produire. "La filière va mal, pourtant, notre rôle est de nourrir la population, sauf qu'aujourd'hui, on a du mal à se nourrir soi-même", lance Stéphane Sarnon.

Ils devraient être reçus par le préfet dans la matinée.

La CGPER dénonce un appel à la mobilisation "inadapté au contexte ultramarin. Cette transposition mécanique de mots d’ordre nationaux nie les spécificités réunionnaises et relève davantage de l’affichage que d’une réponse efficace aux difficultés des exploitations locales".

"Les agriculteurs réunionnais n’ont pas besoin de mobilisations symboliques ni de discours approximatifs. Ils ont besoin de mesures spécifiques, immédiatement applicables et financées, leur permettant de produire localement, de vivre dignement de leur travail et de garantir la souveraineté alimentaire de La Réunion."

- L'importation, le chef de bataille des agriculteurs réunionnais -

La problématique des importations est l'un des points soulevés par les agriculteurs de La Réunion.

"Il faut que l'État trouve une solution pour davantage utiliser nos produits de saison afin que nous puissions les écouler et seulement après importer ce qui manque", explique Danylo Taïlamé, élu à la Chambre d'agriculture et président de l'association des producteurs et fermiers du Grand Sud. "À la Chambre, il existe des techniciens qui connaissent les périodes de production des fruits et légumes."

"Beaucoup de producteurs ont dû jeter des pommes de terre car ils n'arrivaient pas à les écouler face à l'importation qui est moins chère", alerte-t-il.

Idem pour les agrumes, les oignons, "vendus moins cher, car dans les pays où ils sont produits comme l'Inde ou Madagascar, ils utilisent des produits interdits ici et le coût de la main-d'œuvre est moins élevé".

"Nous ne pouvons pas vendre nos produits péi moins chers avec des coûts de production et des charges qui augmentent", lance Stéphane Sarnon, président de la FDSEA.

"Si on nous donne les moyens, on arrive à produire localement. On est passés de 800 à 1.200 tonnes d’oignons péi", insiste Olivier Fontaine, président de la Chambre d'agriculture.

- Des bananes en surproduction -

Des parcelles dégradées après le cyclone Garance, mais remise sur pieds, désormais, la filière banane subit une surproduction.

Sauf que "dans les écoles nous voyons sur les tables, des pommes et des oranges non péi mais pas de bananes", dit Danylo Taïlamé. Ce qu'aimerait l'agriculteur, c'est "que le préfet vote un arrêté pour favoriser les fruits locaux dans les cantines".

"Cela permettrait d'écouler le stock."

- La canne à sucre en perte de vitesse -

Un rapport de la Cour des comptes européenne ce lundi 26 janvier 2026 observe une incapacité à enrayer le déclin de la filière sucre. La viabilité financière de la filière et sa compétitivité restaient préoccupantes, le soutien apporté par l’UE étant supérieur aux recettes tirées des ventes de sucre, précise cet audit.

La canne a connu des années difficiles. L'année 2025 n'y a pas dérogé avec une campagne sucrière entachée par des grèves, des aléas climatiques et un tonnage en baisse.

Après Garance, la filière canne à sucre a enregistré des pertes estimées à 80 millions d'euros, avec une chute de 40% du tonnage sur le bassin du Gol et 60% sur Bois Rouge.

De plus, "il y a une concurrence des autres pays", déplore Danylo Taïlamé.

Olivier Fontaine se montre ferme : "Malgré les difficultés, arrêter de produire la canne, ce n’est plus un débat. Au contraire, elle a encore de l’avenir".

À La Réunion, la canne représente 54 % de la surface agricole utile, plus de 15.000 emplois directs et indirects, 8 % de la production d’électricité locale via la bagasse, et constitue la première filière exportatrice de l’île.

Le secteur concerne plus de 2.000 planteurs et 15.000 emplois.

Pour la filière canne-sucre, l’Union européenne apporte une aide de 69 millions d’euros par an aux territoires ultramarins français, complétée par 143 millions d’euros versés par l’Etat français.

Lire aussi - Trois mois après Garance, les planteurs alertent sur une filière qui joue sa survie

- Des difficultés sociales et administratives pour les agriculteurs -

Aux contraintes de productions et climatiques, s'ajoutent des difficultés sociales et administratives pour les agriculteurs.

"Il y a trop de normes, trop de paperasses et aujourd'hui beaucoup d'agriculteurs sont dans le rouge", se désolé Danylo Taïlamé.

Olivier Fontaine alerte sur les dossiers européens, notamment le POSEI, dont il redoute la remise en cause : "Nous demandons un fonds dédié spécifique aux Outre-mer, à hauteur des besoins".

Même inquiétude sur le FEADER et la PAC (politique agricole commune), jugés trop instable. "Nous avons besoin de ces aides-là sinon nous ne pourrons plus continuer l'agriculture à La Réunion", interpelle la FDSEA.

Les agriculteurs de La Réunion profiteront de leur déplacement au Salon de l'agriculture à Paris du 21 février au 1er mars 2026, pour interpeller et soutenir les exposants péi.

ma.m/www/imazpress.com/[email protected]

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1 Commentaires
CGPER pas solidaire
CGPER pas solidaire
5 heures

Cgper syndicat de gauche mais le dirigeant roule a droite.
Syndicat qui s'embourgeoise ?
Prochaine élection pour choisir dirigeants, il faudra bien voter.