Quelques semaines après leur élection, les maires de La Réunion dressent un premier point d’étape pour Imaz Press, . Entre mesures immédiates pour le pouvoir d’achat, réorganisation des services et lancement de projets structurants, elles et ils se donnent "100 premiers jours" pour appréhender des priorités souvent convergentes, mais aussi des réalités locales contrastées (Photo Richard Bouhet / www.imazpress.com)
Cent jours pour donner le ton. Poser les bases d’un mandat. Dans la vie politique, les "100 premiers jours" constituent une étape symbolique, souvent scrutée, tant par la population que par l’opposition, comme un premier test. Si cette notion ne repose sur aucun fondement juridique en France - aucun texte de loi ne fixe de cap à 100 jours pour les élus locaux - elle s’est progressivement imposée comme un repère politique et médiatique, inspiré notamment des pratiques anglo-saxonnes. Ce délai marque le moment où les engagements de campagne commencent à se traduire en décisions concrètes.
Imaz Press Réunion a adressé une série de questions aux 24 maires de l'île afin de dresser un premier état des lieux de ce début de mandat. Malgré de nombreuses relances, seules 14 communes ont accepté d'y répondre.
- Plus qu'un bilan, un point d'étape -
À l’échelle municipale, cette période revêt une importance particulière. À peine élus, les maires doivent rapidement passer de la promesse à l’action, tout en s’inscrivant dans un cadre légal précis. Le Code général des collectivités territoriales encadre, en effet, leurs compétences et leurs obligations, notamment en matière de budget, de gestion des services publics ou encore de sécurité. Dès les premières semaines, l’adoption du budget primitif, acte majeur de la vie municipale, donne déjà une première indication des priorités politiques.
Mais au-delà des décisions administratives, ces 100 premiers jours sont aussi un moment clé pour installer une méthode, constituer une équipe, renouer le dialogue avec les habitants et parfois gérer des urgences locales. Entre contraintes financières, attentes fortes de la population et réalité du terrain, cette période agit comme un révélateur. Plus qu’un bilan, il s’agit donc d’un point d’étape. Un temps court, mais déterminant, où se dessinent les premières orientations d’un mandat qui devrait durer six ans.
Lire aussi - Municipales 2026 : la droite (très) fragilisée, la gauche avance (bien) ses pions
- Pouvoir d’achat : des mesures immédiates pour répondre à l’urgence -
Sur le terrain, une constante s’impose : l’urgence sociale. Pouvoir d’achat, vie chère, inflation des coûts énergétiques… autant de préoccupations qui structurent les débuts de mandat. À Saint-Denis, par exemple, la priorité est clairement affichée : "Les 100 premiers jours seront très clairement axés sur le pouvoir d’achat", avec notamment une aide alimentaire exceptionnelle pour plusieurs milliers de familles. Même tonalité à Sainte-Rose, où la municipalité évoque une "vigilance constante et aiguisée sur la question de la vie chère à La Réunion et sur la lutte contre la baisse du pouvoir d’achat", amplifiée par les tensions internationales.
Dans plusieurs communes, les premières décisions visent à soulager directement les ménages. À Saint-Pierre, la baisse de la taxe foncière, la gratuité des transports pour certains publics ou encore la première demi-heure de stationnement offerte traduisent cette volonté d’agir vite. À Saint-Benoît et Saint-Paul, la gratuité des fournitures scolaires apparaît comme un levier concret pour alléger les dépenses des familles. "Agir rapidement, avec des mesures utiles et visibles", résume la mairie de Saint-Benoît. Une ligne partagée par de nombreuses équipes municipales, conscientes de l’attente forte des habitants.
- S’organiser et structurer -
Mais avant d’agir, encore faut-il s’organiser. Dans plusieurs communes, ces premières semaines sont consacrées à la mise en place des personnels, plus particulièrement pour les nouvelles équipes, à la clarification des délégations et à la réorganisation des services.
À Bras-Panon, des rencontres entre élus et agents ont été organisées pour "clarifier les délégations et faciliter la coordination", tandis qu’à Sainte-Marie, la nouvelle majorité mise sur une organisation "plus horizontale" et lance des audits financiers, organisationnels et RH pour établir un état des lieux précis. À Sainte-Suzanne, où l'équipe est composée d'anciens et de nouveaux élus, le cap est fixé : "être le plus transparent pour la population sur la situation de la commune".
Dans les communes ayant connu une alternance, comme Le Tampon ou Saint-Leu, le mot d’ordre est similaire : diagnostiquer avant d’agir. "Remettre de l’ordre, remettre de la lisibilité", insiste la mairie de Saint-Leu, qui souhaite repartir "d’une base claire, et non d’approximations".
- Continuité pour certains, rupture pour d’autres -
Le paysage politique est toutefois contrasté. Dans les communes où les maires ont été réélu.e.s, les 100 premiers jours s’inscrivent davantage dans une logique de continuité. Au Port ou à Petite-Île, les maires évoquent une action déjà engagée, avec des projets en cours qui se poursuivent sans phase de transition. Même son de cloche à Saint-Denis où un équilibre est recherché entre continuité et écriture d'une nouvelle page pour le chef-lieu.
À l’inverse, dans les communes où de nouvelles équipes sont arrivées, ces premières semaines ressemblent davantage à une phase de reconstruction. Au Tampon, la priorité du maire est de "remettre la commune en mouvement", tandis qu’à L’Entre-Deux, la municipalité insiste sur la nécessité de "remettre à plat" les projets et la situation financière.
- Des attentes fortes sur le terrain -
Au-delà des décisions budgétaires, les habitants attendent des réponses concrètes à leur quotidien. Propreté, voirie, équipements, sécurité… Les remontées de terrain convergent.
À Saint-Paul, les premières actions ciblent la réhabilitation des routes dégradées par les récentes intempéries. À Bras-Panon, les travaux de voirie et les projets d’équipements sont déjà engagés. Partout, la proximité devient un mot-clé. "Une mairie plus proche, plus lisible, plus réactive", résume Saint-Leu.
Cette exigence de proximité passe aussi par une volonté de renouveler le dialogue avec la population. Plusieurs communes, à l'instar de Saint-Leu, Bras-Panon, Le Tampon ou encore l'Entre-deux annoncent la mise en place de dispositifs participatifs, de réunions de quartier ou encore de consultations citoyennes.
- Un contexte difficile qui pèse sur les ambitions -
Ces débuts de mandat s’inscrivent toutefois dans un contexte jugé difficile. Inflation, baisse des dotations de l’État, incertitudes économiques… Les élus évoquent unanimement des marges de manœuvre réduites.
À l’Étang-Salé, la ligne est claire : "apprendre à faire mieux avec moins". À Bras-Panon comme à Saint-Pierre, la gestion rigoureuse des finances apparaît comme une condition indispensable pour maintenir un niveau d’investissement élevé.
- Certaines communes aux abonnés absents -
Si une majorité de communes a répondu à nos sollicitations, dix d’entre elles n’ont pas donné suite, malgré plusieurs semaines de relances et d’appels. Un silence qui en dit aussi long sur la réalité de ces débuts de mandat.
Certaines équipes municipales ont reconnu être encore en phase d’installation, sans capacité immédiate à répondre aux sollicitations de la presse. D’autres ont été plus directes, affirmant que les maires et leurs équipes "avaient beaucoup de boulot et pas que ça à faire", évoquant des priorités jugées plus urgentes.
Entre urgence sociale, nécessité d’organisation et fortes attentes de la population, les maires réunionnais.es entament leur mandat avec un but commun : agir rapidement et de manière efficace, tout en construisant sur la durée, pour un mandat long de six ans.
vg / www.imazpress.com / [email protected]

A St-Leu le nouveau maire Karim Juhoor nous avait promis le petit-déjeuner gratuit et le repas à la cantine à 1 euro, pour l'instant rien n'est prevu au budget, la baisse du prix de l'eau son cheval de bataille rien, la baisse des impôts, rien...de même pour la sécheresse il nous avait promis l'ensemencement des nuages pour la pluie artificielle se déverse pour nos agriculteurs rien....Pire plusieurs travaux sont arrêts, les emplois promis rien...j'ai conservé sa profession de foi (son programme) il faut que les élus de l'opposition l'obligent à l'appliquer, au lieu de faire le pitre par conférence de presse.
Joséphine.