48 heures. C’est tout ce qu’il reste aux candidats pour faire campagne. Dans cette dernière ligne droite avant le second tour qui aura lieu ce dimanche 22 mars 2026, les listes qui peuvent se maintenir sont parfois chamboulées par les fusions, ou les abandons. De leur côté, sur le terrain, les militants multiplient les appels au vote, au risque parfois d’être trop insistants : porte-à -porte, démarchage téléphonique, SMS. Un seul objectif en tête : faire élire leur candidat. Des pratiques qui ne plaisent pas toujours aux électeurs, ni à certains militants. (Photo : Richard Bouhet/imazpress.com)
Les Réunionnais le savent, entre les deux tours les candidats ont accès aux listes d’émargements. Un document dont ils se servent pour identifier les personnes qui n’ont pas voté, pour ainsi aller à leur rencontre et les inciter à se rendre aux urnes. Cette année, le porte-à -porte s'est transformé en véritable démarchage.
Une forme de propagande politique qui met la pression sur les électeurs.
- Des appels et des sms pour demander aux Ă©lecteurs de se mobiliser -Â
À Sainte-Marie oĂą CĂ©line Sitouze a rĂ©coltĂ© 33,38 % des votes, suivie par l'ancien maire Jean-Louis Lagourgue avec 25,64 % des suffrages et enfin le maire sortant, Richard Nirlo, avec 25 % des votes, les militants tentent une approche un peu diffĂ©rente du traditionnel porte-Ă -porte.Â
Le tĂ©lĂ©phone sonne. Au bout du fil une voix fĂ©minine dĂ©roule un message bien rodĂ©. Elle connaĂ®t les noms et prĂ©noms de ses interlocuteurs. Elle appelle sur leur tĂ©lĂ©phone portable et Ă ceux qui n’ont pas rĂ©pondu, la militante laisse un message vocal de 30 secondes.Â
"Dimanche prochain 22 mars, c’est le deuxième tour des municipales, c’est un événement important pour la vie de notre commune. Vous aurez le choix entre une candidate d'extrême gauche, ou notre candidat de droite, qui est en première position, monsieur Jean-Louis Lagourgue. Nous vous invitons à faire le bon choix madame et à vous exprimer pour l’avenir de notre ville, c’est un enjeu extrêmement important, on compte sur vous."
Sur les rĂ©seaux, plusieurs personnes tĂ©moignent de ces appels dans diffĂ©rentes villes, en se demandant comment ces candidats ont eu accès Ă leurs donnĂ©es personnelles.Â
Depuis octobre 2025, le règlement europĂ©en relatif Ă la transparence de la publicitĂ© politique (RPP) est venu ajouter des obligations supplĂ©mentaires en matière de prospection politique.Â
La Commission Nationale de l'Informatique et des Libertés (CNIL) explique sur son site internet que : "Lorsqu’ils adressent des messages de communication politique, les partis et candidats aux élections doivent informer les destinataires du traitement de données personnelles. Les personnes démarchées doivent pouvoir exercer leurs droits à tout moment, notamment pour s’opposer facilement à recevoir de nouveaux messages".
Pour le moment, les RĂ©unionnais ne tĂ©moignent pas avoir eu la possibilitĂ© de limiter les messages reçus.Â
- Fusion de listes : les colistiers veulent faire entendre leur voix -
À Sainte-Suzanne, ils avaient pensé que les décisions allaient être prises de façon collégiale. Mais dès le lundi 16 mars, au lendemain du premier tour, les conversations groupées des colistiers et des militants sur les réseaux ont été supprimées. Certains colistiers ont été invités à l’officialisation de la fusion entre la liste conduite par Daniel Alamélou et celle de Frédéric Maillot, et d’autres pas.
Dans un mail envoyé à la presse, Christian Picard, ancien colistier de Daniel Alamélou, dit respecter cette décision mais ne la comprend pas : "Je ne m’associe pas à la décision de Daniel Alamélou de fusionner avec une équipe dont nous avons, tout au long de la campagne, dénoncé les orientations politiques, les méthodes et l’éthique".
Il dit avoir décidé : "Par cohérence avec les valeurs que j’ai défendues et par respect envers les électeurs qui nous ont accordé leur confiance, je considère qu’il est de mon devoir de prendre mes distances avec ce choix. Je reste attaché à une pratique politique honnête, transparente et fidèle aux engagements pris devant la population".
De son côté, Vanessa Settama dénonce un manque d’empathie.  "Ce qui m'a vraiment déplu, c'est le comportement vis-à -vis des militants", explique Vanessa Settama qui était numéro 2 sur la liste menée par Daniel Alamélou lors du premier tour.
Elle ajoute : "Il y en a qui ont pleuré devant lui. Les gens qui ont démarché, ont fait des porte-à -porte sous la pluie, dans le vent, dans le soleil, ils avaient espoir. Aujourd'hui, Ils sont dégoûtés".
"Autre chose aussi que j'ai trouvée indécente, c'est qu'il nous culpabilise de son score en disant qu'on est responsables de ce score. Qu’on ne s’est pas assez mobilisés. Et lui, il n’y est pour rien, il est le seul capable à défendre le projet".
Ă€ Saint-Pierre cette fois-ci, Émeline K/Bidi, candidate, multiplie les annonces. Elle explique que Jean-GaĂ«l Anda Sita aurait : "PersistĂ© Ă demander Ă ĂŞtre tĂŞte de liste". Une affirmation rĂ©futĂ©e par Brigitte Hoarau et SĂ©verine Ferrante, colistières de ce dernier, dans un communiquĂ© commun : Â
"Nous regrettons que ces échanges soient aujourd’hui présentés de manière inexacte, laissant entendre que la fusion aurait échoué pour des raisons différentes de celles qui ont réellement été évoquées lors des discussions".
Émeline K/Bidi affirme Ă©galement que les colistiers et les Ă©lecteurs de Jean-GaĂ«l Anda Sita et de Ruth Dijoux l’ont dĂ©jĂ rejoint et demandent aux militants qui le souhaitent de venir Ă©galement, alors que Jean-GaĂ«l Anda Sita se maintient au second tour.Â
Une autre pratique peu commune lors de cette courte semaine de campagne d’entre-deux-tours, Joe BĂ©dier, candidat contre les frères VirapoullĂ©, affirme avoir le soutien d’Éric Fruteau, et lui assure, dans un communiquĂ©, qu’il le soutiendra Ă son tour s'il souhaite siĂ©ger au conseil dĂ©partemental.Â
- Le maire sortant qui ne souhaite plus participer au second tour -Â
À Saint-Leu, il est pourtant arrivé en deuxième position, avec 22,43 % des voix. Bruno Domen se plaçait même derrière Thierry Robert qui lui avait obtenu 44,04% des suffrages et devant Karim Juhoor ave. 16,54%.
Ce mardi 17 mars 2026, le maire sortant Bruno Domen a annoncé qu’il se retirait de la course aux municipales. Dès le soir du premier tour, il explique accepter le résultat des urnes qui le placent en deuxième position, en prendre acte. Dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux, il évoque une campagne longue et éprouvante : "Les attaques, notamment personnelles, ont été virulentes. Je prendrai le temps de faire le point avec mes équipes pour le second tour."
Ă€ 9h36 le lendemain, il poste Ă nouveau. Il n’y aura pas de second tour pour lui.Â
"J'ai pris la dĂ©cision de ne pas me maintenir au second tour" lance t-il après quelques mots adressĂ©s Ă ses Ă©lecteurs. Une seule phrase pour les remercier de leur confiance. Il salue ses militants prĂ©sents toutes ces annĂ©es. Ils n’auront rien de plus. Il part.Â
Derrière les 4.149 suffrages exprimĂ©s en sa faveur : des Saint-Leusiens, des militants, des employĂ©s communaux, des familles, des hommes et des femmes qui se sont mobilisĂ©s pour le faire Ă©lire. Tous, sincèrement convaincus que leur candidat allait gagner, pleinement engagĂ©s. 4.149 personnes lâchĂ©es par le maire sortant.Â
Dans son communiquĂ©, Bruno Domen assure : "Ce choix n'est ni un renoncement, ni une facilitĂ©". En tout cas, c’est loin d’être un signe de courage politique.Â
Entre un maire qui quitte le navire avant le second tour, des électeurs démarchés sur leur téléphone portable, le folklore électoral réunionnais est toujours aussi surprenant.
Ce dimanche 22 mars 2026, les RĂ©unionnais se rendront une nouvelle fois dans les bureaux de vote pour Ă©lire un maire dans les 10 villes qui n’en ont pas. Encore un peu de patience, c’est bientĂ´t la fin de cette campagne hors norme.Â
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Il est fourni 50 euros, 100 euros voire plus a certaines familles pour voter pour un candidat. Cadeau dans casquette.
Ceci est illégal.
Apres bondié y puni pas galets.