Errance animale : le Sénat veut autoriser l'abattage des chiens à La Réunion

  • Publié le 16 juillet 2026 à 07:04
  • Actualisé le 16 juillet 2026 à 07:05
errance animal

Face à la prolifération des chiens errants et aux enjeux de sécurité publique dans les Outre-mer, un amendement a été adopté au Sénat le 2 juillet 2026, dans une indifférence presque totale. Celui-ci encadre la possibilité pour les pouvoirs publics de procéder à des captures et, en dernier recours, à des opérations d'abattage à La Réunion. Toutefois, la sénatrice Audrey Bélim - intégrée par erreur comme signataire à cet amendement - assure qu'en commission mixte paritaire cette semaine, "l'amendement ne sera pas soutenu" (Photo : Stephan Laï-Yu/www.imazpress.com)

Adopté par le Sénat dans le cadre du projet de loi d’urgence agricole, cet amendement 604 autorise, sous conditions strictes, l'abattage de chiens errants et divagants dans les territoires ultramarins, dont La Réunion dans une période de deux mois en cas d'attaques constatées.

Indiquée comme signataire de la pétition, la sénatrice de La Réunion a précisé à Imaz Press que "cet amendement de Catherine Conconne, repris par le groupe SER, je ne l'ai ni cosigné, ni défendu, je n'étais même pas présente". Elle ajoute : "une correction a été demandée au Sénat afin de retirer mon nom de cet amendement que je trouve immonde".

Deux pétitions sont en ligne, l'une pour dire "NON à la mise à mort des chiens errants dans les DOM français" et l'autre "contre la loi votée au Sénat autorisant les chasseurs des territoires d’outre-mer à tuer les chiens errants". Elles récoltent plus de 20.000 signatures.

- Des abattages des chiens errants autorisés par les préfets -

Ces opérations ne pourront être décidées par le préfet qu’en dernier recours, en cas d’échec des captures et de persistance des attaques.

"À La Réunion, si à l’issue d’opérations de capture de chiens errants et divagants, il est constaté sur le territoire d’une commune la persistance d’attaques contre les animaux domestiques ou les personnes, le préfet peut, par arrêté motivé, ordonner pour une durée maximale de deux mois sur le territoire de cette commune et de celles adjacentes, des opérations de destruction de ces chiens", est-il indiqué dans l'amendement.

Elles pourraient être menées par les agents de la force publique, les lieutenants de louveterie, les agents assermentés de la police de la chasse, ou toute personne titulaire d’un permis de chasser réquisitionnée par le préfet.

La seule garantie prévue : une information préalable des habitants de la commune "dans un délai qui ne peut être inférieur à trois jours francs", précise le texte.

Le texte doit désormais être examiné en commission mixte paritaire (CMP) afin de parvenir à une version commune entre députés et sénateurs.

- L'errance animale, un fléau qui concerne d'abord les propriétaires d'animaux -

Pour la préfecture, "la lutte contre l’errance et la divagation est l’affaire de toutes et tous, mais elle est en premier lieu de la responsabilité des propriétaires qui doivent faire identifier leurs animaux, les stériliser et ne pas les laisser divaguer sur la voie publique".

L’errance et la divagation posent des problèmes en matière de bien-être animal (malnutrition, maladies, blessures), sécurité des biens et des personnes (attaques, morsures, sentiment d’insécurité) mais également en matière sanitaire (risque de transmission de maladies animales à l’être humain ou entre les animaux), économique (attaques de cheptels, impact touristique), ou d’atteintes à la biodiversité.

Plusieurs collectivités ont lancé des campagnes, gratuites et ouvertes à tous (particuliers et associations de protection animale) sous certaines conditions. 

Pour rappel, le délit d’"abandon d'un animal domestique, apprivoisé ou tenu en captivité, est puni d'une peine allant jusqu'à 3 ans de prison et 45.000 euros d'amende", d’après le site du gouvernement.

"Si l’abandon est fait en connaissance de cause et avec des circonstances aggravantes, l’auteur peut encourir jusqu’à 4 ans d’emprisonnement et 60.000 euros d’amende".

Pire, si l’abandon de l’animal entraîne sa mort, alors le propriétaire s’expose à une peine de 5 ans de prison et 75.000 euros d’amende.

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- Plus de 73.000 chiens errants à La Réunion -

À La Réunion, selon les derniers chiffres, plus de 73.000 chiens sont errants. 42% sont divagants. Ce qui signifie que près de la moitié ont des propriétaires. Concernant les chats, des dizaines de milliers sont estimés dans l'espace public.

Chaque année, près de 9.000 chiens et chats sont capturés par les services de fourrières animale. L'île dispose de cinq fourrières comportant 296 places pour les chiens et 99 places pour les chats.

À terme, les fourrières pourront recevoir 349 chiens et 139 chats.

12.000 animaux terminent euthanasiés ou tués sur les routes de La Réunion tous les ans.

Depuis 2017, l'État engage 4 millions d’euros dans le cadre des deux plans de lutte contre l’errance animale depuis 2017.

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