L’amendement autorisant l'abattage des chiens errants à La Réunion supprimé

  • Publié le 17 juillet 2026 à 10:33
chien errant

(Actualisé) À peine voté, l'amendement autorisant l'abattage des chiens errants à La Réunion et dans les Outre-mer a été supprimé par les membres de la Commission mixte paritaire (CMP) du Sénat. Une décision qui confirme les dires de la sénatrice Audrey Bélim qui confiait à Imaz Press ce mercredi 15 juillet 2026 que "l'amendement ne sera pas soutenu". Ce texte prévoyait la possibilité pour les pouvoirs publics de procéder à des captures et, en dernier recours, à des opérations d'abattage (Photo : Stephan Laï-Yu/www.imazpress.com)

La suppression de cet amendement nous a été confirmé par l'association APEBA - Association pour l'Education à la Bienveillance Animale. "Cet amendement a été écarté du texte commun négocié entre députés et sénateurs", indique Cécile Squarzoni.

"Il ne fera donc pas partie de la loi finale, sauf si une étape ultérieure de la procédure le réintroduit (par exemple lors d’une nouvelle lecture, selon le déroulement de la procédure parlementaire)", précise-t-elle.

Autrement dit, "la disposition sur les chiens errants dans les DOM est pour l’instant abandonnée dans ce projet de loi, mais elle n’est pas "annulée" au sens où elle aurait été censurée ou supprimée".

- Non , les préfets, n'auront pas l'autorisation d'abattre les chiens errants -

Comme révélé par Imaz Press, cet amendement 604, adopté par le Sénat dans le cadre du projet de loi d’urgence agricole, devait permettre d'autoriser, sous conditions strictes, l'abattage de chiens errants et divagants dans les territoires ultramarins, dont La Réunion dans une période de deux mois en cas d'attaques constatées.

"À La Réunion, si à l’issue d’opérations de capture de chiens errants et divagants, il est constaté sur le territoire d’une commune la persistance d’attaques contre les animaux domestiques ou les personnes, le préfet peut, par arrêté motivé, ordonner pour une durée maximale de deux mois sur le territoire de cette commune et de celles adjacentes, des opérations de destruction de ces chiens", était-il indiqué dans l'amendement.

Pour les associations animales, dont la Fondation Brigitte Bardot, "c'est une victoire pour les animaux, pour le bon sens, et pour tous ceux qui ont refusé que la cruauté devienne une politique publique". Elle ajoute : "Tuer n'a jamais résolu la surpopulation canine".

- Les chiens errants, victimes d'une "politique publique insuffisante" -

À La Réunion, les associations - APEBA - Association pour l'Education à la Bienveillance Animale avec le collectif Azir 974 - ont déclaré : "Tuer ne résout rien et au contraire au principe de respect des animaux victimes de maltraitance animale. Cette politique est coûteuse, inefficace et ne s'attaque pas aux véritables causes".

"Les chiens errants et divagants ne sont pas les coupables. Ils sont les victimes d'une politique publique insuffisante, de l'irresponsabilité de certains propriétaires et de décennies de manque de prévention", disent-ils.

Selon les associations, il faut lutter activement contre les abandons, mettre en place des sanction efficaces et un pôle de lutte contre la maltraitance animale afin de réduire drastiquement les abandons et la maltraitance, stériliser massivement toutes les sous populations, éduquer et responsabiliser les propriétaires.

Mais également mettre en place un pilotage départemental où les acteurs privés et publics vont se concerter et se rejoindre sur des actions communes et harmonisées.

- 75 % des attaques liées à des chiens qui ont des propriétaires -

75 % des attaques sur des cheptels sont liées à des chiens divagants, qui ont donc des propriétaires.

À La Réunion, selon les derniers chiffres, plus de 73.000 chiens sont errants. 42% sont divagants. Ce qui signifie que près de la moitié ont des propriétaires. Concernant les chats, des dizaines de milliers sont estimés dans l'espace public.

Chaque année, près de 9.000 chiens et chats sont capturés par les services de fourrières animales. 12.000 animaux terminent euthanasiés ou tués sur les routes de La Réunion tous les ans.

L’errance et la divagation posent des problèmes en matière de bien-être animal (malnutrition, maladies, blessures), sécurité des biens et des personnes (attaques, morsures, sentiment d’insécurité) mais également en matière sanitaire (risque de transmission de maladies animales à l’être humain ou entre les animaux), économique (attaques de cheptels, impact touristique), ou d’atteintes à la biodiversité.

Pour rappel, le délit d’"abandon d'un animal domestique, apprivoisé ou tenu en captivité, est puni d'une peine allant jusqu'à 3 ans de prison et 45.000 euros d'amende", d’après le site du gouvernement.

"Si l’abandon est fait en connaissance de cause et avec des circonstances aggravantes, l’auteur peut encourir jusqu’à 4 ans d’emprisonnement et 60.000 euros d’amende".

Pire, si l’abandon de l’animal entraîne sa mort, alors le propriétaire s’expose à une peine de 5 ans de prison et 75.000 euros d’amende.

Lire aussi - Errance animale : un fléau pas (encore) suffisamment pris au sérieux à La Réunion

ma.m/www.imazpress.com/[email protected]

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9 Commentaires
kalou
kalou
9 minutes

Les propriétaires ne sont pas les seuls responsables. Les meutes de chiens errants se reproduisent très bien sans intervention humaine. C'est aussi un gros problème en Polynésie comme dans toutes les îles.

Denis
Denis
24 minutes

Quel beau pays, on a le droit d'aider les humains à mourir (ce qui ressemble beaucoup au droit de tuer) mais pas celui de tuer des animaux dangereux et hors de contrôle. Bravo.

Atterré
Atterré
30 minutes

Prochain épisode : un enfant tué par une meute de chiens errants, à la Réunion.

SOMANKE
SOMANKE
58 minutes

Ouf !
Les aboyeurs qui errent dans les couloirs de la république en lâchant leurs escrements et seulement eux, respirent.
Cette loi aurait pu créer un précédent fâcheux pour eux.

HULK
HULK
1 heure

Nous vivons dans la culture de l'hypocrisie et de l'impunité. Les vrais responsables, les propriétaires demeureront toujours impunis.Le vrai scandale est là.

Estelle
Estelle
19 minutes

Bravo voilà la désinvolture de nos élus qui permettent que les citoyens soient agressés par les chiens que font nos élus députés Ratenon et Gaillard pour protéger les citer tous nos élus ?

kalou
kalou
1 heure

Le bien être animal au dessus du bien être humain. La période actuelle est particulière.

Trumpet
Trumpet
58 minutes

Pas de différence entre l'humain et l'animal, finalement si:
L'humain est un prédateur cruel
Qui tue tout ce qui vit, commets
Des Génocides, rase les forêts et
Vide l'océan...
Li aim' gro loto, larzan, matériel,
Ek ramas' la pousièr...

Antipode
Antipode
1 heure

Mise à l'amende des "propriétaires" - et surtout - abolition des élevages et du commerce d'animaux ; mettre fin à la traite n'en finira pas avec tous les maux que cela occasionne mais c'est au-moins s'attaquer à la racine du mal !