BTP : la Capeb fait sa rentrĂ©e, sous tension mais pleine d'espoir pour les artisans

  • PubliĂ© le 30 janvier 2026 Ă  13:33
Chantier BTP

Contraction de l’activité, trésoreries fragiles, chute de l’emploi et de l’apprentissage… À l’occasion de sa conférence de rentrée 2026, ce vendredi 30 janvier 2026, la Capeb (Confédération de l'Artisanat et des Petites Entreprises du Bâtiment) de La Réunion dresse un constat sévère de l’année passée. Si les perspectives restent prudentes, les artisans du bâtiment entendent continuer à jouer leur rôle de pilier économique et social du territoire, avec un cap clair : rénovation, formation et défense des petites entreprises. (Photos rb/www.imazpress.com)

"Les artisans du bâtiment avancent aujourd’hui sans boussole". Le ton est donné par Cyrille Rickmounie, président de la Capeb de La Réunion. Après une année 2025 marquée par l’instabilité politique, les changements permanents de règles et la baisse de la consommation, le secteur du BTP termine sur une contraction globale de l’activité.

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"Notre secteur d'activité dépend du niveau de consommation des dotations publiques en investissement et de la capacité des ménages à emprunter dans un contexte de rigueur budgétaire, fait d'incertitudes et d'instabilité constante", déplore le président. Écoutez.

Les chiffres confirment cette tendance. Au troisième trimestre 2025, l’activité du BTP recule de 6 %, avec une chute de 16 % des mises en chantier de logements neufs sur un an. L’emploi n’est pas épargné : – 4 % d’effectifs au troisième trimestre de l'année dernière, principalement dans les TPE, avec des CDI et des contrats d’apprentissage détruits. "Les jeunes peinent à trouver des entreprises pour se former, et c’est extrêmement inquiétant pour l’avenir de nos métiers", alerte Cyrille Rickmounie.

- Trésoreries fragiles et paupérisation des artisans -

Dans un contexte de hausse des défaillances d’entreprises, la Capeb dénonce une réalité souvent invisible. "La majorité des défaillances se font en silence, dans l’indifférence générale", souligne Cyrille Rickmounie. Les trésoreries sont fragilisées, vulnérables au moindre imprévu, et la paupérisation touche de plus en plus de petits chefs d’entreprise, bien au-delà du seul secteur du bâtiment.

Si la revalorisation salariale de 1,6 % en 2025 est maintenue, avec des grilles du BTP environ 8 % au-dessus du Smis, elle ne suffit plus à attirer. "Le salaire n’est plus un élément de motivation pour les jeunes", constate le président, pointant des difficultés persistantes de recrutement.

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- Des combats et quelques victoires - 

Dans ce paysage pessimiste, la Capeb revendique néanmoins plusieurs avancées. Le maintien de la Lodeom et des aides à l’apprentissage est présenté comme "un combat et une victoire" pour la profession. La réhabilitation du parc social, qui représente 135 millions d’euros de chiffre d’affaires, reste également un levier important.

Pour 2026, les perspectives de la Capeb sont multiples. "Les finances publiques sont sous tension, l’instabilité politique pèse toujours, et nous ne pouvons pas fermer les yeux sur ce contexte difficile", insiste Cyrille Rickmounie. Mais les artisans entendent rester "une force de stabilité économique, sociale et territoriale", au cœur des besoins essentiels, c'est-à-dire le logement, la rénovation, la transition énergétique ou encore la préservation du patrimoine réunionnais.

- Rénovation, formation et innovation pour 2026 -

La Capeb appelle à une relance de la commande privée, favorisée par la baisse de l’inflation et donc un gain du pouvoir d'achat. L'organisation espère également un accompagnement renforcé des ménages par les banques. "Aujourd’hui, l’artisan du bâtiment est devenu comme un chauffeur de taxi : il attend une course", image le président. 

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Parmi les priorités 2026 : la rénovation, notamment énergétique, malgré des dispositifs publics jugés instables, la formation des artisans, en particulier en gestion contractuelle, la création d’une école de l’entrepreneuriat avec le CFA académique, l’innovation avec la seconde édition des Journées professionnelles de la construction (JPC), l’accompagnement à la facturation électronique pour éviter que certaines TPE ne restent à l’écart, sans oublier la 4ème édition de la "Truelle d’or" et la refondation de la REP pour la gestion des déchets. Écoutez.

"Nous souhaitons qu’en 2026 les défaillances s’arrêtent, que nous ne perdions pas notre savoir-faire et que l’apprentissage redémarre", conclut Cyrille Rickmounie. Un vœu plein d'espoir, à l’image d’une profession contrainte de faire mieux avec moins, mais déterminée à tenir le cap pour cette nouvelle année.

vg / www.imazpress.com / [email protected]

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