Volcan : l'Ă©ruption se poursuit au Piton de la Fournaise

  • PubliĂ© le 31 mars 2026 Ă  02:58
volcan mars 2026

Après un arrêt observé entre le 25 et le 28 mars, l'éruption débutée le 13 février a repris ce samedi et se poursuit ce mardi 31 mars 2026. Le site éruptif se situe toujours sur le flanc sud-sud-est du volcan à 2.056 m d’altitude. "Au niveau du cône éruptif, le niveau de lave au niveau du cône est élevé avec des remous actifs et débordements de lave récurrents associés à la remontée de bulles de gaz", note l'observatoire volcanologique du Piton de la Fournaise. L’activité en tunnels de lave se poursuit, et la lave a de nouveau traversé la route (Photo : Richard Bouhet/www.imazpress.com)

Ce lundi 30 mars 2026, une première plongée a été organisée au niveau du tombant de la plateforme en formation depuis le 16 mars au Piton de la Fournaise.

L'équipe a pu observer des "pillow-lavas (laves en coussin) mis en place lors de la 1ere phase d'activité". "Ces laves en coussins se forment par le refroidissement rapide de la lave au contact de l’eau, ce qui solidifie sa croûte extérieure tout en permettant à la lave intérieure de continuer à s’écouler et à se fracturer, lui donnant une forme arrondie et gonflée ressemblant à un coussin", détaille l'OVPF. 

Aucune effusion de lave active sous l'eau n'a été observée.

"Si l'activité en tunnel de lave a repris sous la plateforme avec quelques discrets épanchements de lave observés ce matin, celle-ci, tout comme le panache de gaz, reste faible à l'heure actuelle", note l'observatoire.

- La nouvelle coulée de lave a coupé la RN2  -

L’activité en tunnels de lave se poursuit en aval du cône avec de nombreuses résurgences visibles au niveau du champ de lave mis en place entre le 13 février et le 25 mars 2026. Ce dimanche après-midi, une résurgence s’est produite juste en amont de la RN2, déjà coupée par la lave le 13 mars, alimentant une coulée de quelques centaines de mètres et se superposant aux coulées déjà mises en place précédemment dans ce secteur.

Il peut s’agir "soit de laves nouvelles ou de laves résiduelles qui étaient toujours dans ces tunnels et qui se font pousser par les nouvelles laves qui arrivent derrière", explique Aline Peltier, directrice de l'Observatoire.

Quand l'éruption s'est arrêtée mercredi, "il était fort probable que de la lave qui était dans les tunnels ait continué à s’écouler car elle était encore suffisamment chaude, ou alors très protégée du refroidissement car bien au chaud dans les tunnels qui ont des propriétés isolantes, ou bien encore elles étaient en mouvement simplement par gravité dans la pente", poursuit Nicolas Villeneuve. 

- Une reprise d'éruption après trois jours d'arrêt -

Cette reprise de l'éruption survient alors que ce mercredi 25 mars 2026, l'éruption débutée le 13 février au Piton de la Fournaise prenait fin après 41 jours de spectacle.

Le 13 mars, un mois jour pour jour après le début de l'éruption, et pour la première fois depuis 2007 la lave a traversé la RN2. À 12h35 un troisième bras de coulée a atteint la route. "Ce sont désormais trois bras de coulées qui ont traversé la route nationale deux sur une largeur de 260 m environ", précise l'OVPF.

La lave a fini par plonger dans l'océan dans la nuit du dimanche 15 mars au lundi 16 mars 2026, vers 00h20. La rencontre du feu liquide et de l'eau a eu lieu alors que le front de coulée est resté figé à 150 mètres de l'océan pendant plusieurs heures. 

Le 25 mars, le trémor volcanique, indicateur de l’activité en surface, a chuté à deux reprises avant de revenir à un niveau proche du bruit de fond, puis de disparaître progressivement en fin d’après-midi, marquant l’arrêt de l’éruption.

Après cette reprise, les travaux de la RN2 qui devaient débuter prochainement risquent fort de devoir attendre.

- La préfecture rappelle les dangers de l'éruption -

Avec la reprise de l’activité et la réalimentation des tunnels de lave,"une réalimentation de la plate-forme est possible, ainsi qu’une intensification du panache de gaz au point d’entrée à l’océan", indique l'OVPF.

En effet, même s’il est actuellement de faible intensité, un panache de gaz est toujours présent au niveau de l’entrée de la lave à l’océan et son intensité dépend de la quantité de lave arrivant à l’océan. "Celui-ci est principalement constitué de vapeur d’eau, d’acide chlorhydrique (HCl) et de particules fines. Lorsque la lave, à une température d’environ 1130 °C, entre en contact avec l’eau de l’océan riche en chlorure de sodium, elle engendre la formation d’un aérosol acide sous forme de fines gouttelettes en suspension", indique l'Observatoire.

"Ce panache contient également des particules de lave pulvérisée et des fragments de verre volcanique, pouvant être transportés sur plusieurs centaines de mètres à kilomètres sous l’effet des vents", dit encore l'OVPF.

Ce panache, parfois appelé "laze" (lava haze), peut présenter un caractère irritant et corrosif pour les voies respiratoires, la peau et les yeux. Sa dispersion dépend étroitement des conditions météorologiques locales. Par ailleurs, le contact brutal entre la lave et l’eau peut générer des explosions localisées, projetant des matériaux en fusion et des jets de vapeur à haute température à proximité immédiate du point d’entrée en mer.

Des explosions pourraient également se produire en cas de déstabilisation de la plateforme. En effet, cette plateforme, composée d’une accumulation de coulées de lave et de fragments rocheux, reste très instable et fragile. En cas de déstabilisation brutale, des explosions d’intensité variable pourraient survenir.

De plus sous la plateforme encore fragile peuvent se cacher des tunnels de lave, pouvant atteindre plusieurs dizaines de mètres. En cas d’effondrement, les conséquences peuvent être particulièrement graves : brûlures, chutes ou encore risques d’asphyxie. Les autorités rappellent ainsi que les zones récemment touchées par l’éruption ne doivent pas être considérées comme des espaces de promenade. "Ce n’est pas un terrain de jeu, ni une randonnée classique", insiste la préfecture.

Les autorités sanitaires mettent également en garde la population contre les émissions de dioxyde de soufre et les projections de cheveux de Pelé. 

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