[Vidéos] Violences urbaines : la mairie de Saint-Denis porte plainte et veut responsabiliser les parents des mineurs impliqués

  • Publié le 18 septembre 2026 à 13:38
  • Actualisé le 18 septembre 2026 à 14:00
Tensions au Chaudron

(Actualisé) Après les violences urbaines qui ont touché plusieurs quartiers de Saint-Denis dans la nuit du dimanche 13 au lundi 14 septembre 2026, Ericka Bareigts, maire de Saint-Denis, a tenu une conférence de presse, ce vendredi 18 septembre 2026. Déjà constituée partie civile pour les dégradations, la mairie a également déposé une plainte contre X afin que soit examinée la responsabilité des représentants légaux des mineurs impliqués. La maire et l’élue du Chaudron, Monique Orphée, interpellent également le Département de La Réunion à "prendre sa part" dans l’accompagnement et la protection de ces jeunes. (Photos Stephan Laï-Yu / www.imazpress.com)

Poubelles et véhicules incendiés, mobilier urbain et caméras de vidéoprotection dégradés, jets de projectiles contre les forces de l’ordre… Quelques jours après les violences urbaines survenues à Saint-Denis, la municipalité veut apporter une réponse à la fois judiciaire et sociale.

Sur le volet judiciaire, la ville de Saint-Denis avait déposé plainte dès le 14 septembre dernier pour les dégradations commises. Elle s’est constituée partie civile et entend réclamer réparation d’un préjudice évalué, à ce stade, à plusieurs dizaines de milliers d’euros. "La mairie, et donc le contribuable, n’a pas à supporter le coût de ces dégradations", souligne Normane Omarjee, avocat-conseil de la municipalité. Écoutez.

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Puisque plusieurs mineurs figurent parmi les personnes interpellées, la ville de Saint-Denis a décidé d’aller plus loin en déposant mercredi une nouvelle plainte contre X. Le but : faire en sorte que la responsabilité des représentants légaux de ces enfants puisse être examinée lorsque des défaillances sont susceptibles d’être caractérisées.

La responsabilité pénale des faits reprochés reste individuelle, rappelle l’avocat. En revanche, la municipalité veut utiliser les possibilités offertes par la loi pour rechercher, lorsque les conditions sont réunies, la responsabilité, notamment financière, des parents.

"Ce que nous faisons avec l’avocat, ce n’est pas que symbolique", prévient Ericka Bareigts. "Dorénavant, nous allons systématiquement faire ce que nous pouvons dans le cadre juridique".

- "Je suis maire... je ne suis pas la maman de ces enfants" -

La maire insiste également sur l’âge de certains jeunes impliqués dans les violences. "Je suis maire, je ne suis pas la maman de ces enfants. Ces enfants ont des parents et, si malheureusement ce n'est pas le cas, des dispositifs existent", lance-t-elle.

Deux mineurs ont notamment été identifiés dans le cadre des dégradations. "Il va falloir que les parents prennent leurs responsabilités. Ça servira également de prédagogie pour les parents et les jeunes".

Quant aux caméras de vidéoprotection prises pour cible, Ericka Bareigts prévient qu’elles seront maintenues : "Les caméras servent, c’est pour ça qu’elles sont visées. On va continuer, on ne lâche rien. Je ne sais pas qui va payer, mais ce ne seront pas les Dionysiens".

Monique Orphée, élue de secteur au Chaudron, partage cette volonté de responsabilisation sans vouloir stigmatiser la jeunesse. "L’enfant doit être protégé", rappelle-t-elle. "Les parents ne peuvent pas laisser traîner des enfants dehors à des heures tardives". Elle estime que lorsque la situation familiale dépasse les capacités des parents, les institutions doivent prendre le relais.

- La mairie interpelle le Département sur la protection de l’enfance -

C’est sur ce point que les élues interpellent directement le Département de La Réunion, compétent en matière de protection de l’enfance. "Quand un enfant est dans la rue la nuit, c’est aussi de la compétence du Département : il assure la mission de protection de l’enfance", estime Monique Orphée. L’élue réclame davantage de réponses "de proximité", en allant "vers les jeunes, vers les familles".

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La mairie questionne notamment la présence sur le terrain des dispositifs départementaux : "Le Département a annoncé des médiateurs de rue. Mais où sont ils ? On ne les voit pas. Je veux que le Département prenne aussi toute sa part dans ce qui s’est passé".

Ericka Bareigts s’interroge également sur l'accompagnement et le suivi des mineurs concernés : "Ces enfants font-ils l'objet d'informations préoccupantes ?" Selon elle, lorsque des informations préoccupantes sont transmises, "des procédures et un suivi doivent être lancés pour protéger l’enfant".

La ville de Saint-Denis rappelle que plusieurs dispositifs sont mis en place en faveur de la jeunesse, dont son plan Ambition jeunesse, le CLSPD jeunes et des actions de proximité. Regardez.

Par ailleurs, Ericka Bareigts déplore la diminution de certains moyens d’insertion et d’accompagnement à l'instar des PEC, des associations de proximité ou encore des missions locales. "J’attire l’attention de ceux qui donnent des leçons : qu’ils se mettent au travail pour accompagner la jeunesse", lance la première édile.

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- "Il faut arrêter de stigmatiser les gens du quartier" -

La municipalité insiste aussi sur un point : les violences ne doivent pas être attribuées à l’ensemble de la jeunesse du Chaudron. Selon les informations dont dispose la mairie, les personnes identifiées ou interpellées viendraient notamment de quartiers de l’est de l'île, de La Bretagne ou encore du Moufia. Parmi celles interrogées, aucun jeune du Chaudron n’aurait, à ce stade, été identifié.

Serena, une jeune habitante du quartier, témoigne elle aussi des transformations qu’elle a vues ces dernières années. Elle cite notamment l’îlot des Flamboyants, où les habitants viennent désormais pique-niquer et profiter des aménagements. "À cause de ce genre d'événement, la nuit, on ne peut pas profiter de notre quartier. Tout ça, ce n’est pas normal", elle regrette.

Pour Monique Orphée, il faut donc éviter que quelques nuits de tensions effacent le travail réalisé et la vie quotidienne de milliers d’habitants : "Il faut arrêter de stigmatiser les gens du quartier. Il y a de bonnes choses qui se passent dans ce quartier et on n’en parle pas autant".

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"On ne brûle pas ce qu’on aime et les gens du Chaudron aiment leur quartier", assure Ericka Bareigts qui refuse que les événements du week-end réduisent, une nouvelle fois, le quartier à une image de violences, alors que la municipalité y mène depuis plusieurs années un important programme de rénovation urbaine.

Jardin de l’îlot des Flamboyants, centre social, future bibliothèque, téléphérique urbain ou encore projets co-construits avec les habitants : "Le Chaudron, ce sont des hommes, des femmes, des sportifs, des familles, des enfants qui réussissent... Ils sont fiers et nous aussi. On ne laissera pas faire. Pas un brin", martèle la maire.

vg / www.imazpress.com / [email protected]

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